1978, les prémisses de la F1 moderne

Par |2019-01-16T12:54:49+02:00mercredi 24 janvier 2018|Formule 1|

Au premier abord, 1978 ne semble pas une année particulièrement marquante. L'absence de suspens quant à l'attribution des titres mondiaux a sans doute contribué à ce sentiment. Pourtant, de nombreux enjeux propres à la F1 moderne ont pris place durant cette saison, sans oublier l'éclosion de plusieurs noms bien connus.

La dernière fleur de Lotus

On se souviendra de cette saison 1978 pour l'ultime couronnement de Lotus. Mario Andretti, présent depuis fin 1968 mais longtemps partagé entre F1 et IndyCar, a fini par triompher au bout de 10 saisons et 79 Grands Prix. Un record à l'époque. L'Américain a dominé son sujet via l'évidente supériorité de sa Lotus 79 à effet de sol, avec six victoires et un titre acquis deux courses avant la fin. Seul son coéquipier Ronnie Peterson pouvait rivaliser sur la durée mais cantonné à un rôle de N°2, le Suédois n'avait en vérité pas voix au chapitre.

C'était la dernière fois qu'une Lotus se retrouvait en telle position de force. Colin Chapman allait pousser trop loin le concept d'effet de sol avec le modèle 80, puis fâcher ses rivaux avec la superbe et controversée 88 à double châssis. Sa mort en décembre 1982 nous priva à jamais d'autres lancers de casquette. Mais entre temps, son effet de sol fut l'un des facteurs déclencheurs de la guerre FISA/FOCA. La fédération allait en effet se servir de cette innovation pour (tenter de) imposer sa loi face aux « garagistes », son impact sur la sécurité n'étant pas foncièrement positif...

-> Plus d'informations sur la guerre FISA/FOCA

Tragi-comédie à Monza

Tragi-comédie à Monza

@ F1-history.deviantart

Le Grand Prix d'Italie consacra Mario Andretti sur sa terre natale mais il fut surtout le théâtre d'un drame en plusieurs actes. La direction de course lança les pilotes sans que ceux-ci soient tous immobilisés sur la grille, certains empruntant l'ancienne ligne droite de l'anneau de vitesse après coup. La confusion résulta en un carambolage blessant grièvement Ronnie Peterson et Vittorio Brambilla. Toute intervention devint compliquée à cause du zèle des forces de l'ordre, y compris pour un dénommé Sid Watkins, le médecin de la F1 dépêché depuis peu par Bernie Ecclestone. Un team manager finit même assommé d'un coup de matraque !

Peterson succomba d'une embolie le lendemain suite à une opération probablement bâclée. Ce traumatisme poussa les pilotes à bannir Riccardo Patrese de la prochaine course. L'Italien s'était en effet fait remarquer pour son pilotage aléatoire, entre une résistance peu courtoise face à Peterson en Suède et un accrochage évitable avec Didier Pironi aux Pays-Bas. Il servit surtout de fusible, sa responsabilité dans le carambolage était tout sauf évidente. Preuve de l'interventionnisme limité de la FIA à l'époque : elle n'eut aucune influence sur cette exclusion. Cela allait vite changer.

-> Plus d'information sur ce week-end tragique et ses conséquences

Les honneurs français

Les honneurs français

@ Cor van Veen | Flickr

Un temps discrète après la mort de François Cevert et la retraite de Jean-Pierre Beltoise, la France se révéla petit à petit à la fin de la décennie. 1977 vit le succès 100% français de Jacques Laffite et Ligier en 1977, 1978 vit la première victoire de Patrick Depailler à Monaco. Un triomphe salué par tous, le Clermontois étant passé proche une demi-douzaine de fois. Son équipe Tyrrell continua à lancer les jeunes pousses tricolores après Cevert et lui-même en révélant le jeune Didier Pironi. Renault de son côté marqua ses premiers points à Watkins Glen grâce à Jean-Pierre Jabouille, en attendant mieux...

L'autre grande première française de l'année se situe du côté pneumatique. Michelin imposa sa carcasse radiale via le sans-faute de Carlos Reutemann (Ferrari) au Grand Prix du Brésil. L'Argentin renouvela cette performance à trois reprises, faisant de lui le pilote le plus victorieux de la saison après le champion Andretti. La technologie du Bibendum resta néanmoins perfectible avec des performances grandement irrégulières. Le pire exemple ? Le Grand Prix de France où Reutemann finit dernier après... six arrêts aux stands !

La Brabham « aspirateur »

La Brabham "aspirateur"

@ F1-history.deviantart

Face au nouveau tour de magie de Colin Chapman, l'autre « professeur Tournesol » de l'époque ne pouvait que répliquer. Gordon Murray choisit donc de contourner le règlement en imposant un immense ventilateur à l'arrière de sa Brabham. A titre officiel (et réglementaire), un dispositif de refroidissement pour le (peu fiable) moteur Alfa Romeo. A titre pratique, un gadget qui colla la monoplace à la piste plus encore que les Lotus, offrant une victoire facile à Niki Lauda.

La BT46B fut finalement interdite pour raison de sécurité, son ventilateur expédiait divers débris dès que la Brabham s'aventurait hors trajectoire. De plus le concept poussé dans ses retranchements aurait pu « arracher la tête du pilote » à entendre Murray. Une décision assez arbitraire de l'autorité mais acceptée par Bernie Ecclestone. Le futur grand argentier savait qu'il devait avaler cette couleuvre pour garder ses collègues de son côté au moment de prendre le pouvoir de la compétition. Un calcul judicieux.

Statistiques diverses :

Statistiques diverses

@ John Millar | Flickr

- Premier Grand Prix d'Arrows au Brésil. L'équipe était le résultat d'une scission au sein du team Shadow, du financier au dirigeant en passant par les ingénieurs. La première monoplace au nom de flèche était d'ailleurs copiée sur le modèle du team anglo-américain ! Un procès suivit, qui confirma le plagiat de la nouvelle équipe. Entre temps, Riccardo Patrese s'était battu pour la victoire dès la deuxième course du team en Afrique du Sud ! Il finit aussi deuxième en Suède pour son premier podium.

- Outre Patrick Depailler, première victoire de Gilles Villeneuve au Canada. Dernières victoires de Mario Andretti (Pays-Bas) et Ronnie Peterson (Autriche), dernier podium (France) de James Hunt.

- Outre Didier Pironi (Argentine), premier Grand Prix de René Arnoux (Belgique), Nelson Piquet (Allemagne) et Keke Rosberg (Afrique du Sud). Le Finlandais se distinguera en remportant une course hors championnat à Silverstone pour sa deuxième participation !

- Dernière année de l'équipe Surtees, seule année de l'équipe Martini, premier podium de Copersucar/Fittipaldi au Brésil. Dernière victoire d'un moteur Alfa Romeo en Italie.

- 300è Grand Prix de l'histoire en Afrique du Sud. Dernier Grand Prix de Suède, premier Grand Prix du Canada à Montréal et du Brésil à Rio Jacarepagua.

- Le jour de la course, les Grands Prix de Belgique et d'Espagne comptaient 15 vainqueurs de Grands Prix, un record encore d'actualité. Pour le record de vainqueurs sans distinction quant à la date, il faut se tourner vers le Grand Prix d'Autriche : 21 vainqueurs de Grand Prix, dont 8 champions du Monde !

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