Il y a 20 ans, nous voyons le titre d'un moteur Mercedes via une équipe composée d'un duo britannico-finlandais, ceci au détriment de Ferrari mené par son N°1 allemand. Ce parallèle amusant avec 2017 (et 2018 ?) s'arrête là car 1998 comporte d'autres particularités intéressantes.

Frein à l'innovation ?

Le Grand Prix d'Australie vit une domination hallucinante des McLaren digne de la décennie précédente, reléguant tout le monde à un tour. On y retrouva d'ailleurs le même type de consigne qu'à Imola 89, à savoir le premier au premier virage sera le premier à l'arrivée. Cette fois, elle fut respectée, David Coulthard laissant la victoire à Mika Hakkinen après que ce dernier ait perdu sa place suite à une incompréhension avec son stand. On sut plus tard que l'entente chez les Gris n'était pas idyllique en dépit de l'esprit chevaleresque de DC...

Mais surtout, les rivaux se posaient des questions sur la conformité de la MP4/13. On y trouvait une deuxième pédale de frein pour l'arrière, laquelle permettait de mieux équilibrer l'ensemble de la monoplace. La plainte vint de Ferrari – ce ne sera pas la dernière – et McLaren fut contraint de retirer son système lors du Grand Prix du Brésil une fois déclaré illégal, alors qu'il était déjà présent dans la MP4/12 ! Le dimanche, l'équipe signa un nouveau doublé...

La patience est une vertu...

La patience est une vertu...

@ F1-history.deviantart

...et cela, Jordan l'a bien compris ! Nulle autre équipe que celle d'Eddie Jordan n'a attendu aussi longtemps pour obtenir sa première victoire : sept ans et demi et 127 courses. Cela s'est produit sur un circuit qui leur a souvent réussi : Spa-Francorchamps. Les débuts fracassants de Schumacher en 1991 (en plus de la belle prestation inachevée de De Cesaris) et la première pole de Barrichello en 1994 en sont les meilleurs exemples.

Ici certes, les conditions dantesques et les accidents qui résultèrent ont contribué à cette victoire étonnante. Reste que Damon Hill s'était qualifié troisième, devant son vieux rival Schumacher, prouvant les qualités d'une machine qui n'avait pourtant pas marqué le moindre point lors des huit premières courses ! Les circonstances de course ont fait le reste, avec Damon conseillant à son patron de figer les positions pour assurer un doublé inespéré. Pour compléter le tout, un ancien poulain de Jordan – et rainmaster oublié – complétait le podium en la personne de Jean Alesi.

Une patience qui semble héréditaire. Le descendant de Jordan à savoir Force India va entamer sa onzième saison et en est actuellement à 191 participations... D'ailleurs, Force India a signé sa première pole... à Spa-Francorchamps !

La marque jaune...

La marque jaune...

@ F1-history.deviantart

Le Grand Prix de Grande-Bretagne connut une issue pour le moins controversée. Schumacher, en tête après un tout-droit de Hakkinen, fut pénalisé d'un stop-and-go de 10 secondes pour avoir doublé Alex Wurz sous drapeau jaune. Problème, les commissaires mirent trop de temps à décider de la pénalité, puis à la communiquer à Ferrari. Résultat, la FIA ne transmit la sanction qu'à quelques tours du but, enfreignant de ce fait son propre règlement !

En réponse, la Scuderia fit stopper Schumacher au tout dernier tour et pour cause : au moment de s'arrêter à son emplacement, il avait dépassé la ligne d'arrivée ! Comme la pénalité a été déclarée hors délais réglementaires, elle devint caduque – dixit Jean-Louis Moncet. Schumacher conserva donc sa victoire, quand bien même il n'avait jamais concrètement franchi la vraie ligne d'arrivée !

Pour éviter ce type de confusion, la FIA instaura dès 1999 la désormais bien connue pénalité ajoutée au temps total de course. Un ajout à l'origine de 25 secondes, le temps moyen d'un passage complet aux stands. Elle connut sa première introduction en Australie en 2001 avec Olivier Panis qui lui aussi avait doublé sous drapeau jaune. Sauf que l'on ne vit jamais la scène en question...

De Rosset à grossier

De Rosset à grossier

@ F1-history.deviantart

Le débat sur les pilotes payants ne date pas d'aujourd'hui. Idem pour celui des équipes iconiques ayant entaché leur réputation à engager ces fameux porteurs de valise. Ainsi, pour sa dernière saison avant d'être remplacé par BAR, Tyrrell a dû aligner un duo peu reluisant composé de Tora Takagi et Ricardo Rosset. Certes, le Japonais sut se défendre à l'une ou l'autre occasion – 13è pour ses débuts en qualifications à Melbourne notamment. Le Brésilien lui peut se targuer d'un titre de vice-champion de F3000 en 1995.

Sauf qu'après une première saison anonyme chez Arrows en 1996, Rosset n'a rien fait pour nous rappeler cette performance. Au contraire, les fans connaissent surtout son nom pour son hilarante séance de qualifications à Monaco. Une première erreur le fit tirer tout droit à Mirabeau, le poussant à enclencher la marche arrière. Vitesse qu'il conserva une fois revenu sur la piste ! Puis après être parti en tête à queue au deuxième S de la Piscine, Rosset tenta de se redresser en un seul coup de raquette... qui l'envoya nez le premier dans le rail !

Les mécanos de Tyrrell prirent le temps de rebaptiser Rosset en « Tosser », équivalent britannique de « branleur ». Ambiance...

-> Qu'est devenu Ricardo Rosset ?

-> Qu'est devenu Tora Takagi ?

Statistiques diverses :

Statistiques diverses

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- Apparition des pneus rainurés jusqu'en 2008

- Dernière saison de Tyrrell

- Première victoire de Jordan et de Bridgestone, dernière victoire de Damon Hill

- Première pole de Giancarlo Fisichella, dernière pole de Benetton

- Dernier podium de Jean Alesi

- Premiers points du moteur Arrows

- Dernier Grand Prix d'Argentine et du Luxembourg