[vc_row][vc_column][vc_column_text]

Quand le nom "Spa-Francorchamps" est prononcé, le fan de Formule 1 et de sport automobile ne reste jamais insensible. Son cœur de passionné ne peut qu'esquisser un sourire. A l'heure où on déplore tant de circuits aseptisés et artificiels, non seulement le circuit belge est un des derniers dinosaures encore présent au calendrier (dès les origines en 1950) mais malgré toutes les dispositions de sécurité récentes, il garde son caractère. Ceci grâce à son histoire, son cadre splendide, la qualité d'un tracé qui a superbement succédé au premier... et sa météo.

A quel point est-ce ironique que lorsqu'un circuit est préposé aux averses, le public apprécie alors que le plus souvent, on déplore la présence d'ondées partout ailleurs ? La pluie est autant source de danger que d'action, elle inquiète autant qu'elle excite, surtout si elle relance une course plus terne par tant sec. Et c'est peu dire que Spa-Francorchamps est un terrain humide. On compte un bon tiers de courses marquées par la pluie, sans parler des qualifications...L'édition de 1966 n'est pas la plus oubliable, au contraire.

A l'époque, il était encore question du tracé de 14 kilomètres qui avait le premier secteur jusqu'aux Combes et le dernier à la sortie du virage de Stavelot en commun avec l'actuel . Comme beaucoup, il utilisait des routes publiques, d'où une vitesse moyenne hallucinante, même avec des moteurs de 1,5 litre. On était donc en droit de se demander ce qu'il allait se passer avec une motorisation deux fois plus puissante en 1966. Or, puisque ce changement fut décidé dans la précipitation, dix-sept monoplaces seulement furent présentes et quinze prirent le départ. Bruce Mclaren cassa un moteur sur sa propre monoplace qui n'en était qu'à son deuxième Grand Prix. Idem pour Peter Arundell avec son effroyable BRM H16...

En vérité, une seizième monoplace était présente sans être engagée mais pas n'importe laquelle. Il s'agissait du mulet McLaren conduit par Phil Hill, lequel servait pour les prises de vue du film Grand Prix de John Frankenheimer. Ainsi, des images du Grand Prix de Belgique 1966 font partie intégrante du long-métrage !

Danser sous la pluie...

© F1-history.deviantart

Le réalisateur a bien choisi son moment puisque dès le premier tour, une averse monumentale surprit la moitié du peloton. Huit partirent en travers avec des fortunes diverses. D'un côté, Jochen Rindt effectua neuf têtes-à-queue avant de repartir comme si de rien était ! De l'autre, Jackie Stewart heurta un poteau électrique puis une cabane de bûcherons avant de se retourner dans un fossé. Son équipier Graham Hill fit la même figure, sauf que "il n'y avait plus rien à percuter" selon Stewart !

Bloqué dans sa BRM retournée, il fallut que Graham Hill emprunte une clé anglaise à un fermier pour sortir l'Ecossais. Ce qui prit.. 25 minutes. Le tout alors que l'essence s'écoulait et rongeait la peau du futur triple champion du Monde. Hil et Bob Bondurant enlevèrent donc sa combinaison.. pour mieux la remettre pour ne pas exposer ses bijoux aux infirmières ! Pour finir, l'ambulance chargée de l'amener à l’hôpital se perdit en chemin... Avec autant de circonstances regrettables, il n'est pas difficile de comprendre pourquoi Stewart prit autant la sécurité à cœur.

C'est à partir de là que sa croisade commença. José Rosinski rapporta qu'après cela, le pilote a toujours pris le soin de coller une clé dans son cockpit avec une étiquette indiquant à ses futurs sauveteurs. Celle-ci devait leur indiquer que la clé servait à démonter le volant, au cas où Stewart se retrouvait inconscient. Il fut le seul à agir de la sorte.

Clark fut éliminé dès le départ à cause d'un surrégime, ce qui mit fin à sa série de quatre victoires consécutives. Il n'y avait plus que sept pilotes en piste après le premier tour de course ! Pourtant, l'action ne s'arrêta pas après l'hécatombe, ceci grâce à Jochen Rindt en dépit de son ballet improvisé. L'Autrichien démontra pour la première fois son énorme potentiel en remontant tous les rescapés sur sa lourde Cooper-Maserati. Il finit même par prendre la tête face à la Ferrari de John Surtees. Seule la défaillance de son différentiel l'empêcha de remporter sa première victoire. C'était d'autant plus injuste car l'Autrichien dut attendre trois années supplémentaires pour enfin inscrire son nom au palmarès.

Ainsi, Surtees remporta la course mais c'était une victoire en trompe-l’œil. Déjà, la Brabham-Repco de Jack Brabham était plus homogène et le confirma tout au long de la saison. De plus, le torchon brûlait entre Surtees et le team manager Eugenio Dragoni, qui favorisait son équipier Lorenzo Bandini par pur nationalisme. Si l'Italien, tragiquement disparu un an après à Monaco, était un excellent pilote, il était mal avisé de négliger un champion du Monde, surtout avec le caractère de "Big John". Dragoni était convaincu que l'Anglais était mal remis d'un accident en CanAm fin 1965 mais cette victoire semblait prouver le contraire. Un scénario qui n'est pas sans rappeler celui impliquant Niki Lauda une décennie plus tard...

Surtees claqua la porte durant les 24 Heures du Mans et rejoignit Cooper-Maserati par défaut, devenant donc équipier de... Rindt, lui-même vainqueur de la course mancelle douze mois plus tôt... pour Ferrari ! Une aspirine ?

[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row][vc_row][vc_column][vc_video link="https://youtu.be/vjq9x_gccMY" title="Un extrait du film Grand Prix avec un briefing des pilotes (acteurs et vrais) et des images de la course... mais avant l'averse"][/vc_column][/vc_row]