Ces Grands Prix disputés le jour d’une finale de Coupe du Monde

Par | 2018-07-15T20:39:18+00:00 dimanche 15 juillet 2018|A la une en F1, Formule 1, Histo F1|
  • Ces Grands Prix disputés le jour d'une finale de Coupe du Monde

On l’a vu, la Coupe du Monde de football peut influer sur le déroulement d’un Grand Prix au point de bousculer ses horaires. Ainsi, autant éviter une confrontation directe entre la course et la finale, la F1 ayant tout à perdre niveau audience. Pourtant, à sept reprises, un Grand Prix a pris place le même jour que l’un des événements les plus suivis au monde.

Et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne…

Cela n’est pas si surprenant pour les premières années de la F1, puisqu’il s’agissait encore à l’époque d’un sport de niche. Ainsi, qu’importe si le Grand Prix de France 1954 alignait des monoplaces à Reims là où la Suisse rassemblait ses joueurs pour le clou du spectacle footballistique. Et si dans les deux cas, l’Allemagne s’est imposée, cela n’a pas eu la même résonance. Du côté du ballon rond, la finale est désormais qualifiée de « Miracle de Berne » car la Hongrie faisait figure de favorite face à l’Allemagne de l’Ouest. Mieux, les Magyars avaient battu les futurs champions 8-3 en poule ! Mais le 4 juillet 1954, la tendance fut inversée avec 3-2 en faveur de la RFA.

Du côté F1, la victoire germanique ne faisait elle aucun doute. Mercedes revenait en compétition une fois les plaies de l’après-guerre guéries et disposait de moyens financiers et techniques sans pareil – à l’image de l’époque des Titans. D’où la fameuse W196 carénée, taillée sur mesure pour le tracé rapide de la Champagne. Ajoutez à cela l’engagement de Juan-Manuel Fangio et 2h42 plus tard, on célébra la dixième victoire du Maestro, non sans une surprenante opposition de son coéquipier, le pilote-ingénieur Karl Kling. L’Allemand disputait pourtant son premier Grand Prix ! Mercedes devint le premier team (Silverstone 1950 exclus) à s’imposer dès ses débuts, avant Wolf et Brawn GP. La France se consola avec le podium de Robert Manzon. A noter la curieuse association entre Maserati et Alberto Ascari, le champion en titre attendant encore sa Lancia… alors que Fangio avait débuté la saison sur Maserati !

Un whisky au goût amer

Un whisky au goût amer

@ F1-history.deviantart.com

Huit ans après, alors que le Brésil ajoutait une deuxième étoile sur son maillot au Chili (3-1 contre la Tchécoslovaquie), le Grand Prix de Belgique prenait place à Spa-Francorchamps. Là aussi, ce fut une première non négligeable pour la Formule 1, la victoire initiale du grand Jim Clark. Et avec la manière bien entendu. Parti douzième après avoir cassé un moteur en essais, l’Écossais avait déjà dépassé huit voitures après le premier tour ! Pour rappel, Spa faisait 14 kilomètres à l’époque. Il prit la tête au neuvième tour et ne la quitta plus, devançant son rival pour le championnat Graham Hill (qui avait signé sa première pole).

C’était la première victoire de 25 en tout, dont quatre d’affilée sur le toboggan des Ardennes. Une ironie dont seule la F1 a le secret naquit de cette domination. En effet, Clark détestait le tracé pour son danger bien trop important, mis tragiquement en lumière en 1960 où deux pilotes perdirent la vie, sans compter un grave accident en essais pour Stirling Moss. L’édition 1962 vit aussi un gros accrochage entre Trevor Taylor, équipier de Clark, et Willy Mairesse, mais les deux y réchappèrent par miracle. En revanche, Monaco se refusa à jamais au futur double champion du Monde, alors qu’il adorait courir en Principauté.

Une victoire au Courage

Une victoire au Courage

@ F1-history.deviantart.com

Le même laps de temps s’écoula avant la nouvelle opposition F1-football. En dépit du décalage horaire avec une Coupe du Monde se déroulant au Mexique, on avança le Grand Prix des Pays-Bas de deux heures afin que tout le monde puisse suivre une nouvelle victoire de la Seleçao (4-1 contre l’Italie). Si leur futur star Emerson Fittipaldi ne débuta que deux courses plus tard, Zandvoort vit l’arrivée d’autres grands talents comme Clay Regazzoni et François Cevert. Le Suisse finit même quatrième pour ses débuts. Le Français mit un peu plus de temps mais n’allait pas tarder à briller.

Hélas, un autre jeune espoir quitter définitivement le paysage automobile ce jour-là. Le Britannique Piers Courage avait charmé les observateurs sur une Brabham privée pour le compte d’un certain Frank Williams en 1969. Deux deuxième places indiquaient qu’il fallait compter sur lui à l’avenir. Sauf que le châssis De Tomaso s’avéra un désastre et Courage perdit le contrôle de sa monoplace. Un brasier s’en suivit et rien ne put être fait pour le sauver. Son ami Jochen Rindt remporta la course mais la nouvelle l’empêcha de manifester tout sentiment positif. A l’inverse, cela influa dans sa décision d’arrêter la compétition une fois le titre mondial acquis. Ce qui se produisit en un sens, sauf que la mort le cueillit plus tôt que prévu à Monza. Encore aujourd’hui, il reste le seul champion posthume de son sport.

La moutarde qui monte au nez…

La moutarde lui monte au nez...

@ F1-history.deviantart

De première victoire à premier Grand Prix d’un pilote, on passa à la première course d’un circuit en 1974. Le Grand Prix de France avait en effet déserté Charade et son tracé montagneux pour Dijon et sa boucle si courte qu’elle vit des chronos de moins d’une minute en qualifications ! L’ajout d’une extension pour les éditions suivantes s’avéra judicieux, de même que limiter la grille à 22 voitures. Or si ce lieu reste célèbre pour la lutte Arnoux-Villeneuve de 1979, il eut droit à son exact contraire cinq ans plus tôt. Pour l’illustrer l’absence de spectacle, le Top 6 fut figé cinquante tours avant l’arrivée !

De cette cure pour l’insomnie, on souligna la victoire de Ronnie Peterson sur une Lotus 72 pourtant dépassée devant les Ferrari de Niki Lauda et Clay Regazzoni. Le futur champion Emerson Fittipaldi abandonna pour une rare fois dans cette saison. Il ne put se consoler avec le ballon rond : le Brésil finit quatrième, la RFA s’imposant face aux Pays-Bas 2-1. Une opposition facilement transposable en F1 aujourd’hui !

« Pas mal pour un N°2 ! »

"Pas mal pour un N°2 !"

@ Wikipedia

La nouvelle coïncidence entre Formule 1 et football se fit en 1990, pour une édition bien connue et déjà relatée dans nos pages. Pour rappel, 100è victoire de Ferrari avec Alain Prost, ceci malgré la surprenante March d’Ivan Capelli. Cela tombait bien avec un Mondial organisé en Italie par Luca Di Montezemolo, l’ancien directeur sportif et futur président de la Scuderia ! En revanche la Squadra Azzura finit troisième, l’Allemagne de l’Ouest l’emportant contre l’Argentine. La France ne s’était elle même pas qualifiée. Huit ans après, ce n’était plus la même chanson !

Le Grand Prix de Grande-Bretagne fut le dernier à se dérouler en même temps qu’une clôture de Coupe du Monde. Tandis que l’édition 1998 mériterait un article à elle-seule au vu de son final controversé, celle de 2010 a vu une nation du rugby l’emporter, en l’occurrence l’Australie. Mark Webber avait dominé son sujet du début à la fin, non sans dépasser son équipier Sébastian Vettel avec autorité. L’Allemand subit une crevaison et ne put finir que septième, en dépit d’un nouvel aileron avant lui étant accordé au détriment de Webber. Se sentant rabaissé au rang de porteur d’eau, Mark mania l’ironie avec délectation quand il signifia à la radio que sa performance était « pas mauvaise pour un N°2 ! ».

Et tandis que l’Espagne célébrait sa première victoire mondiale contre les Pays-Bas (1-0), Fernando Alonso finit hors des points suite à une pénalité pour un dépassement hors piste. Encore aujourd’hui, on attend de voir une nation victorieuse le même jour en F1 (côté pilote) et en finale de Coupe du Monde…

À propos de l'auteur :

Angry Formula One Nerd depuis 1997, je suis captivé par l'histoire de ce sport et j'espère pouvoir partager ma passion avec le plus grand nombre !