Chaises musicales : ces remplacements en cours de saison

Par |2019-10-08T04:00:56+02:00mardi 8 octobre 2019|Formule 1|

Le remplacement à mi-saison de Pierre Gasly chez Red Bull fit les gros titres de la pause estivale. Une décision attendue suite aux performances insuffisantes du français, d'autant que Red Bull est coutumier du fait. Et la Formule 1 n'a pas fini de compter des exemples plus ou moins similaires.

Le compte YouTube officiel de la Formule 1 ne s'y est pas trompé en publiant un Top 10 des remplacements en cours de saison durant ces trois dernières décennies. Bien entendu, le switch entre Max Verstappen et Daniil Kvyat pour le Grand Prix d'Espagne 2016 figure en tête de liste puisqu'ici débuta la série de victoires du néerlandais, aujourd'hui sur une pente plus qu'ascendante. En plus de faire écho à l'actualité récente.

Red Bull breaks your wings

@ Wikipedia

Red Bull n'est donc pas à son coup d'essai. L'équipe avait déjà intrigué en proposant une alternance entre Christian Klien et Vitantonio Liuzzi pour sa saison inaugurale en 2005. L'autrichien, bien plus constant, finit par couvrir quinze des dix-neuf épreuves de l'année. Reconduit pour l'année suivante, il ne confirma pas ces progrès prometteurs (exception d'un podium manqué à Monaco), si bien qu'il quitta l'équipe trois courses avant la fin et la filière peu après.
Ici, pas de descente chez Toro Rosso, ni de promotion pour Liuzzi ou son équipier Scott Speed. En revanche, le troisième pilote Robert Doornbos fut désigné pour piloter un châssis fort peu réussi et il ne fit pas mieux que son prédécesseur. Mark Webber ayant déjà son contrat 2007 signé, l'ex-pilote Minardi - devenu... Toro Rosso - conclut sa carrière ici.

L'équipe "A" connut alors une certaine stabilité avec les duos Coulthard-Webber puis Vettel-Webber. Contrairement à Verstappen, l'allemand obtint sa promotion d'une année à l'autre, en 2009. Sauf que le futur quadruple Champion du Monde, après son intérim réussi à Indianapolis chez BMW (un point pour ses débuts), était revenu chez son soutien d'origine courant 2007.
La raison ? Scott Speed, non content de ne pas briller en piste, finit par échanger des coups de poings avec son patron Franz Tost au soir du Grand Prix d'Europe ! Pour mémoire, les deux pousses de Toro Rosso avaient planté leur monoplace dans le gravier lorsque la grande averse frappa le Nürburgring. Un résultat si piteux que le communiqué officiel se résuma en un « Rien à dire aujourd'hui ».

Enfin, d'aucuns garderont en mémoire le limogeage anticipé de Sébastien Bourdais en 2009. Déjà rapidement emporté par la tornade Vettel en 2008 (non sans démériter à l'occasion), le français coula face au tsunami Buemi, pourtant moins impressionnant.
Le Grand Prix d'Allemagne s'acheva aussi prématurément que sa carrière après un souci mécanique. Tous les journalistes bien informés devinaient la suite des événements mais Bourdais s'accrocha jusqu'au bout à son baquet. Si bien qu'après une interview trop insistante de TF1 sur le sujet, Sébastien lâcha un magnifique « Mais arrêtez de me faire chi... avec ça, c'est clair ça ? J'ai un contrat et on va aller en Hongrie jusqu'à ce qu'on me notifie le contraire ». Et à Budapest, le jeune Jaime Alguersuari avait pris sa place.

Notons que Buemi et Alguersuari eurent le privilège de finir l'année 2011 mais finirent remplacés par Jean-Eric Vergne et Daniel Ricciardo pour 2012, en dépit de certaines garanties pour les deux concernés. Toute ressemblance...

Ecran de fumée

@ Deviantart.com/f1-history

Si la rétrospective proposée sur YouTube s'arrête au début des années 90, on peut trouver pléthores d'exemples ne serait-ce qu'en 1989, millésime particulièrement fertile en mouvements de ce genre. Rien que le Grand Prix de France en connut quatre d'un coup, dont trois définitifs pour le pilote suppléé ! Le remplacement le plus connu reste celui de Michele Alboreto par Jean Alesi, un changement qui n'avait rien à voir avec les performances (l'italien venait de rapporter un podium de Mexico) ou les finances de l'équipe.
En fait il s'agissait d'un différent contractuel entre l'équipe, désormais sponsorisée par le cigarettier Camel, et le pilote, engagé de longue date avec Marlboro. Refusant de se séparer de la marque au cow-boy, il fut congédié et céda son volant à un Alesi qui devint la star du week-end avec sa quatrième place finale. Mais privé de volant pour deux courses, Marlboro lâcha Alboreto à son tour, refusant de soutenir un pilote inactif ! Il se recasa finalement chez Larrousse, alors soutenu par... Camel.

Larrousse était justement une des quatre équipes concernées par le grand ménage d'été au Paul Ricard. Yannick Dalmas, trop régulièrement non-qualifié pour justifier sa place, reçut son bon de sortie avant sa course à domicile. Eric Bernard procéda à un intérim de deux courses avant de finir sa saison de F3000 là où Alesi mena les deux programmes de front.
Chez Benetton, Johnny Herbert paya lui à la fois ses blessures non résorbées de l'accident de Brands Hatch 1988 et la prise de pouvoir de Flavio Briatore, bien moins patient que son prédécesseur Peter Collins. Emanuelle Pirro prit alors sa suite... en marquant moins de points que son prédécesseur (deux contre cinq).

94, année erratique

@ Deviantart.com/f1-history

Herbert n'était pas un cas isolé, d'autres convalescents avaient déjà perdu leur baquet faute d'avoir suffisamment récupéré. Cela dit, il sut se construire un palmarès tout à fait respectable en dépit de ses cicatrices, tout en conservant un certain handicap. Il en va de même pour JJ Lehto, qui devint double vainqueur des 24 Heures du Mans après sa carrière F1... et avoir goûté à son tour au système Briatore.
Recruté par Benetton pour 1994, il se brisa le cou en essais à Silverstone et manqua le début de saison. Il revint pour la troisième course à Imola et participa malgré lui au caractère tragique de l'épreuve lorsque Pedro Lamy percuta sa monoplace, plantée sur la grille, et sema des débris dans les tribunes, ce qui blessa quelques spectateurs. Un accident qui n'arrangea pas sa condition encore sensible, si bien qu'il ne couvrit que quatre manches avant que Jos Verstappen ne reprit sa place.

Il est vrai que face à Michael Schumacher, il y avait guère d'espoir même à 100% de ses capacités. Sauf qu'en remplaçant ce dernier à Monza et Estoril suite à son exclusion (rapport au drapeau noir ignoré de Silverstone), il ne brilla pas davantage. Jos Verstappen fit à peine mieux, payant son inexpérience.
D'où un nouveau remplacement en fin de saison, voyant le retour de Herbert ! Lequel avait fait un saut à Jerez chez Ligier, puisque l'équipe était désormais propriété de Briatore, tandis que Lotus, le team d'origine de Johnny, ne pouvait plus payer son pilote vedette. Ajoutez à cela JJ Lehto présent chez Sauber pour les deux dernières courses. La raison ? Karl Wendlinger n'était finalement pas assez rétabli de son grave accident de Monaco et Andrea De Cesaris, son remplaçant d'origine, était parti en vacances sans aucun moyen de communication à proximité !

Et si c'étaient les seuls changements en 1994... Tous les justificatifs ont eu cours, qu'ils soient également d'ordre physique (Ferrari avec Alesi blessé en début de saison), sinon financier (les teams de fond de grille) et même d'ordre législatif (Hakkinen exclu d'une course suite au carambolage d'Hockenheim), voire médiatique (le retour de Mansell chez Williams poussé par Bernie Ecclestone). 1994 fut chaotique à tous points de vue.

Blessés... dans leur orgueil ?

@ Deviantart.com/f1-history

Pour évoquer d'autres switchs justifiés par une faiblesse corporelle, celui de Jean-Pierre Jabouille en 1981 chez Ligier était non seulement justifié mais carrément indispensable. Le pionnier du moteur turbo avec Renault se savait inapte au service chez Ligier en 1981 - il s'était brisé les deux jambes quelques mois plus tôt à Montréal - mais il insista une demi-saison malgré tout.
Dans les profondeurs du classement certes mais rien que pouvoir reprendre le volant devait être une victoire pour lui, à l'image d'un certain Robert Kubica cette année. Il finit par raccrocher son casque, non sans faire bénéficier les Bleus de son excellente expertise technique qui faisait défaut à son équipier et meilleur ami Jacques Laffite.

Un autre Frenchie des 80's quitta une équipe de pointe suite à un pépin physique... du moins officiellement. Avec Ferrari, René Arnoux passa proche du titre en 1983 avant de progressivement subir la loi de Michele Alboreto en 1984. Ce qui n'était pas le fruit du hasard, René souffrait alors de la jambe et se fit opérer au cours de l'hiver, en prévenant son équipe bien tardivement du problème.
Ce qui servit de prétexte à son licenciement après... la première course de la saison 1985. Une décision d'autant plus incompréhensible que le français avait réalisé une belle remontée du fond du classement jusqu'à la quatrième place, preuve d'un talent encore intact. Encore aujourd'hui, un grand mystère plane autour de cette décision, les deux parties ne communicant guère sur le sujet tandis que certains fans vont jusqu'à avancer des arguments extra-sportifs relativement scabreux...

Des gaffes et des dégâts

@ Deviantart.com/f1-history

Arnoux retrouva un volant chez Ligier en 1986, en lieu et place du rookie Philippe Streiff, lui-même suppléant d'Andrea De Cesaris. L'italien, aussi talentueux était-il, conservera à jamais une réputation équivalente à celle de Pastor Maldonado et son accident sur l'Osterreichring en 1985 en reste sa plus belle illustration. Qu'il se soit sorti de ces loopings sans un bleu (sans mauvais jeu de mot) reste un petit miracle mais outre l'aspect spectaculaire de l'incident, Andrea brilla par son manque de discernement.
Non seulement il refusa de lever le pied dès que sa Ligier partit en luge mais en plus il se cacha bien de préciser à son équipe la vraie raison de son abandon ! Connaissant le caractère pour le moins volcanique de Guy Ligier, on peut presque se demander comment De Cesaris n'a pas été renvoyé plus tôt, n'étant bien évidemment pas à son coup d'essai. Son remplaçant Streiff lui fit honneur en brisant une suspension contre son propre équipier à Adélaïde alors qu'ils visaient tous deux le podium !

Au moins Andrea reprit pied dans une demi-douzaine d'équipes après cela, le soutien (familial) de Marlboro Italie aidant. Ivan Capelli ne pouvait en dire autant. Son recrutement par Ferrari en 1992 était logique tant il tirait le meilleur parti de modestes March/Leyton House. Sa victoire manquée au Paul Ricard en 1990 reste un des plus beaux cas de « et si... » de l'histoire de la F1.
Hélas pour lui, il arriva au pire moment possible, la Scuderia n'ayant aucune direction précise ou concise, empêchant son staff technique de produire une monoplace et un moteur convenables. Jean Alesi, dont on connaît l'acharnement, fit de son mieux mais Capelli perdit rapidement pied, enchaînant les sorties et contre-performances. Bien entendu, l'équipe le mit progressivement de côté, n'arrangeant en rien la situation. Il fit ses valises deux courses avant la fin et ne s'en remit jamais puisqu'il quitta la F1 début 1993 après une non-qualification chez Jordan.

Là encore, il s'agit d'une sélection non exhaustive. Côté français, on peut aussi citer François Hesnault chez Brabham en 1985, Pascal Fabre chez AGS en 1987 et bien sûr Bertrand Gachot chez Jordan en 1991, perdant justement son baquet pour Spa. Qui l'avait remplacé déjà ?

@ Flickr

Nous utilisons les cookies afin d’améliorer l’expérience de nos lecteurs. Les cookies sont des données qui sont téléchargés et stockés sur votre appareil. En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation des cookies. En savoir + OK

Google Analytics

_gid _ga _gat Ce site utilise des cookies de Google Analytics. Ces cookies nous aident à identifier le contenu qui vous intéresse le plus ainsi qu'à repérer certains dysfonctionnements. Vos données de navigations sur ce site sont envoyées à Google Inc.

Google Adsence

IDE AdSense utilise des cookies afin d'améliorer l'efficacité de la publicité. Il en existe de plusieurs types, avec des applications variées. Ils peuvent permettre, par exemple, d'optimiser la pertinence des annonces, d'améliorer les rapports sur les performances des campagnes et d'éviter la rediffusion d'annonces déjà vues par l'utilisateur. Les cookies eux-mêmes ne contiennent aucune information personnelle.

Alexa Analytics

__auc __asc Ce cookie est utilisé pour collecter des informations sur le comportement du consommateur, qui sont envoyées à Alexa Analytics à titre statistique uniquement.

CloudFlare

_cfduid Notre site Web et notre service utilisent des cookies et d'autres technologies similaires afin de vous fournir un meilleur service et d'améliorer globalement notre site Web. Par exemple, nous pouvons utiliser des cookies pour vous diriger directement vers la partie appropriée de notre site Web, en indiquant que vous êtes un visiteur assidu.