F3000 : la génération maudite (1/3)

Par |2018-10-21T14:13:15+01:00lundi 1 octobre 2018|Formule 1|

La carrière de Stoffel Vandoorne a pris un tournant que peu d'observateurs auraient prédit quelques années plus tôt. Pourtant, l'histoire nous a appris qu'une belle carrière en formules de promotions ne garantit en aucun cas une voie royale en Formule 1. Ce qu'a tout à fait démontré l'ancêtre de la Formule 2 et GP2, la F3000.

Si certains jeunes fans d'aujourd'hui ont encore l'habitude de dire GP2 au lieu de Formule 2 pour parler de l'anti-chambre de la Formule 1, la génération précédente a elle grandi avec la F3000. Durant deux décennies, de 1985 à 2004, cette compétition a vu un certain nombre de pilotes de F1 s'y perfectionner et se faire connaître du grand public, sinon des décideurs du paddock. Le futur retraité Fernando Alonso fut un de ceux-là, étonnant quatrième du championnat en 2000 à seulement 18 ans et après une seule année en monoplace. Toute ressemblance...

Pourtant, le champion du Monde 2005-2006 figure presque comme une exception. Ses prédécesseurs à la couronne, Michael Schumacher et Mika Hakkinen, ont débuté en sautant le pas depuis la Formule 3 (toute ressemblance, bis). Jacques Villeneuve venait lui des Etats-Unis. Quant à Damon Hill, on a tout simplement oublié que le fils de Graham a passé trois saisons en F3000 tant il y fit de la figuration. Sa promotion était surtout due à son travail appliqué en tant que pilote d'essais chez Williams. Et doit-on rappeler l'arrivée incongrue de Kimi Raikkonen depuis la... Formule Renault ?!

Car les faits sont là. Si la F3000 a effectivement lancé un sacré paquet de pilotes, et de très bons, aucun de ses champions n'a été couronné en Formule 1. Pire encore : sur les seize ayant disputé une course dans la discipline reine, seuls trois ont remporté une course et sept sont montés sur un podium !

Ivan Capelli (1986)

@ Pinterest

Ironiquement, parmi les quatre champions étant parvenus à sécuriser un Top 3 sans victoire, trois se sont succédés au championnat de 1986 à 1988. Le premier étant Ivan Capelli, bien que celui-ci débuta fin 1985 pour remplacer le défunt Stefan Bellof chez Tyrrell. L'hécatombe d'Adélaïde lui offrit d'ailleurs ses trois premiers points. Une fois son titre acquis l'année suivante, il fit l'essentiel de sa carrière chez March devenue Leyton House. C'est lui qui tira le meilleur parti des premières créations d'Adrian Newey, avec notamment une deuxième place à Estoril en 1988 sur moteur atmosphérique face aux turbos. L'exploit le plus connu restera le Grand Prix de France 1990, avec une victoire échappée à deux tours près. Puis Leyton House s'effondra, Ferrari le recruta au pire moment possible (toute ressemblance, ter !) et on eut tôt fait d'oublier ses performances passées.

Stefano Modena (1987)

© Martin Lee

Son compatriote Stefano Modena peut lui aussi faire office de talent gâché. Il semblait évident que quand son matériel le permettait, l'Italien était disposé à de grandes choses. Plus en tout cas que ses deux podiums récoltés à Monaco 1989 sur Brabham et Montréal 1991 sur Tyrrell. Hélas trop souvent les éléments se liguèrent contre lui : une fois la performance, une fois la fiabilité, une fois les pneumatiques. Voire les trois à la fois. Le plus rageant reste Monaco 1991 où il imita Jean Alesi avec une première ligne aux côtés de Senna ! Il le copia jusque dans la malchance, son moteur Honda le lâchant à mi-parcours. Et le passage chez Jordan en 1992 fut une voie de garage à cause du poussif Yamaha V12. Les années 80-90 ont été très fertiles mais très punitives avec les ressortissants transalpins...

Roberto Moreno (1988)

@ Pinterest

Quant à Roberto Moreno, son seul podium semblait lui déjà un peu plus représentatif. Non pas que le petit Brésilien manquait de talent mais il ne faisait clairement pas la comparaison avec ses glorieux aînés, dont son ami Nelson Piquet. Quand bien même les Coloni et Eurobrun n'aidaient en rien à se faire remarquer, se qualifier était déjà un exploit en soi. Ce lien avec le triple champion du Monde favorisa cependant son recrutement fin 1990 lorsque l'infortuné Alessandro Nannini manqua de perdre son bras au cours d'un accident d'hélicoptère. L'accrochage Senna-Prost et les cafouillages de leurs équipiers permirent à Benetton de s'offrir un improbable doublé à Suzuka.

Roberto eut le temps de signer le record du tour à Spa près de douze mois plus tard avant que Flavio Briatore ne le sacrifie pour s'approprier les services de Michael Schumacher. Reprenant provisoirement sa place chez Jordan, Moreno échoua (c'est le mot) chez Andrea Moda en 1992, puis Forti en 1995. A quoi bon ?

Nick Heidfeld (1999)

@ Wikipedia / Flickr

Le dernier sur la liste est ce cher Nick Heidfeld. Reconnu comme l'un des meilleurs pilotes n'ayant jamais remporté de victoire, « Quick Nick » n'avait pourtant pas tardé à impressionner par son implication et son sérieux, d'où le sobriquet « Computer Kid ». Survivant au naufrage Prost en 2000 en se défendant face à Jean Alesi – malgré un accrochage gag en Autriche – il tira le meilleur parti de Sauber en 2001-2002. Hélas, ses équipiers attirèrent davantage l'attention et les meilleurs baquets, Raikkonen fut d'ailleurs recruté par McLaren en dépit du passé de Heidfeld, pilote d'essais et champion F3000 sous leurs couleurs. Une nouvelle fois rescapé d'un Titanic (ici Jordan), il se refit une santé chez Williams avec sa seule pole au Nurburgring en 2005.

Puis vint BMW où il décrocha ses meilleurs résultats et devança son équipier Robert Kubica deux fois sur trois au championnat. Mais tout le monde préfère retenir 2008 avec le Polonais en joker de luxe pour le titre mondial. Heidfeld abandonna d'ailleurs la victoire au Canada au profit de son voisin de garage en le laissant passer sous consigne de son équipe (toute ressemblance, quater !). Le retrait du constructeur allemand manqua de laisser Nick sur la touche, avant de revenir chez Sauber puis Renault/Lotus en remplacement de... Kubica, blessé en rallye. Dernier Top 3 en Malaisie, puis départ à la mi-saison après une certaine chute de performance. A noter qu'il compte 13 podiums, le record pour un non-vainqueur de Grand Prix.

Et comme le sport automobile a le sens de l'humour cynique (si Nick ?), Heidfeld attend toujours sa première victoire en Formule E...

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