Le circuit de Monza est reconnu pour diverses raisons. Certains évoqueront sa longévité au calendrier ou son ancien banking. D'autres pensent à son public exubérant ou les vitesses atteintes. Et puis, il y a ces chicanes, parfois si punitives...

Depuis que Hockenheim est passé en version courte en 2002, quand on parle de chicanes en Formule 1, Monza revient souvent en tête de liste. Le Bus Stop de Spa et le dernier enchaînement de Montréal (Bienvenue au Québec !) sont certes de bons candidats mais le Temple de la Vitesse en compte trois qui mettent parfois les nerfs des pilotes à rude épreuve. Surtout les deux premières lors du tour inaugural, avec des monoplaces en paquet qui peuvent vite s'emmêler les roues.

Cette crainte fut surtout présente lors de l'édition 2000. En effet, en lieu et place de deux petites chicanes inaugurées en 1972 se trouvait un seul et uniquement enchaînement. Le premier virage était à angle droit et beaucoup craignaient des conséquences néfastes.
Au final, la version actuelle ne fut pas plus exigeante que la précédente pour ce qui est du départ, bien que les Sauber et Eddie Irvine se causèrent mutuellement du tort. Par contre, la deuxième chicane fut le théâtre d'un carambolage de triste mémoire. Les Jordan s'emmêlèrent les pinceaux avec Rubens Barrichello (Ferrari) alors que l'Arrows de Pedro de la Rosa partit dans un spectaculaire tonneau. Pas de blessés parmi les pilotes mais on déplora le décès du commissaire Paolo Ghislimberti, fauché par la roue de la monoplace de Jarno Trulli. Il ne fut, hélas, pas le dernier...

Monza 2000

Les chicanes de la peur

Douze mois plus tard, l'atmosphère n'était pas moins tendue, au contraire. Plus tôt dans la semaine, les attentats de New York étaient devenus le principal sujet de discussion. Pour ne rien arranger, Alessandro Zanardi fut impliqué la veille de la course dans le tragique accident qui lui coûta ses jambes au Lausitzring. A ce moment, on ignorait encore si l'Italien allait se tirer de ce mauvais pas. Il valait mieux éviter tout contact aux deux premières chicanes et empêcher tout nouveau drame.

Monza 2001

Michael Schumacher choisit ainsi de se servir de sa position de président du GPDA et exigea un pacte de non-agression. Tous étaient prêts à accepter, sauf Jacques Villeneuve, déterminé à ne pas se laisser influencer par les circonstances extérieures. Certains patrons d'équipe lui emboîtèrent le pas et désavouèrent l'action de Schumacher. Au final, les pilotes freinèrent plus tôt qu'à l'accoutumée mais Jenson Button glissa sur la partie sale de la piste et percuta Jarno Trulli. Le même qui fut impliqué en 2000 et qui allait devenir son équipier chez Renault pour 2002...

Un pneu, beaucoup...

Depuis, le plus gros contact ayant pris place à la première chicane reste le strike provoqué par Vitantonio Liuzzi en 2011. Le pilote HRT dérapa dans l'herbe et coupa la chicane pour revenir sur la piste et écharper deux trois concurrents qui n'avaient rien demandé à personne. Là encore, pas de blessés mais ces incidents ne peuvent éclipser les échauffourées des anciennes chicanes. En 1993, Damon Hill joua à saute-moutons avec Ayrton Senna et cinq pilotes furent éliminés dans le peloton. Dans le lot figurait Marco Apicella, le pilote à la carrière la plus courte qui soit : 800 mètres parcourus ! L'année suivante, le contact impliquant Eddie Irvine et Johnny Herbert provoqua le drapeau rouge, certaines monoplaces étant bloquées sur la piste.

Monza 2011

Cela étant, l'édition la plus cocasse (ou la plus ridicule) pour ce qui concerne les chicanes reste 1996. Si les autorités s'arrachent actuellement les cheveux pour savoir comment réguler les dépassements des limites de la piste, elles prirent une décision plus radicale pour ce Grand Prix d'Italie.
C'est ainsi qu'on vit fleurir des piles de pneus sur chaque chicane du tracé pour annuler tout avantage de coupure. Le résultat ? Le tiers des pilotes renonça ou fut contraint de réparer après avoir heurté ces obstacles ! Dans le lot figurait le leader du championnat Damon Hill ainsi que son rival Jacques Villeneuve, l'un éliminé en début de course, l'autre retardé. Michael Schumacher l'emporta en dépit d'un contact, ayant eu le réflexe de lâcher le volant au moment opportun.

Monza 1994