Max Verstappen : un pilote au centre de l'attention

2017-02-19T14:10:56+00:00dimanche 19 février 2017|Formule 1|

Si ce n'était pour le titre de Nico Rosberg, on se souviendra principalement de 2016 pour l'éclosion de Max Verstappen. Pour sa deuxième saison, le Néerlandais est devenu le plus jeune vainqueur de l'histoire et a attiré tous les regards sur lui. Pour de bonnes et de moins bonnes raisons.

Il suffit de jeter un œil sur les réseaux sociaux pour s'en convaincre : Max Verstappen déchaîne les passions. Les uns saluent son immense pointe de vitesse, son culot certain et son aisance naturelle sous la pluie. Les autres déplorent son attitude arrogante, son pilotage dangereux et la bienveillance des autorités et de son équipe à son égard. Et comme souvent dans ce type de situation, aucun des deux camps n'a totalement raison ou entièrement tort.

"Est-ce de la course ou du ping-pong ?"

© Getty Red Bull Content

Le point le plus souvent abordé au moment d'émettre des réserves sur Max, ce sont ses tactiques de défense. Le Néerlandais a régulièrement protégé sa position en changeant de trajectoire assez tardivement, réduisant ainsi la capacité de réaction de son adversaire à presque rien. Ce qui, à l'occasion, a débouché sur un accrochage ou à une sortie de piste de l'adversaire en question. Les fans arguent au choix qu'il fait de la course automobile et qu'il n'a pas à se la jouer petits bras, ou bien qu'il franchit la ligne jaune trop souvent.

Alors oui, d'un côté, reprocher les manœuvres de Verstappen n'est pas toujours justifié. Premièrement, pour reprendre l'argument cité ci-dessus, on parle de course automobile. Une discipline où les pilotes prennent de toute façon des risques rien que par les vitesses atteintes . Une lutte dénuée de mauvais geste peut tout aussi bien aboutir à un carton comme l'a prouvé Fernando Alonso en Australie. A côté, Verstappen n'a pas tant provoqué d'accidents que cela en comparaison de Romain Grosjean en 2012 ou Pastor Maldonado durant sa carrière. Preuve selon les fans qu'il maîtrise son sujet et qu'il n'est donc pas « si » dangereux.

Une question de contexte

© Getty Red Bull Content Pool

Aussi, on peut relativiser le cas Verstappen car il faut le prendre dans son contexte. Aujourd'hui, avec la généralisation des pénalités, de plus en plus de faits de course sont analysés par les commissaires et par conséquent par les supporters. Le problème, c'est qu'avec le temps, notre perception de la course a évolué. En fonction de notre âge et notre expérience oui mais aussi en fonction de celle de la direction de course. Aujourd'hui, nous reprochons à certains pilotes de ne « pas laisser la place » mais disions-nous la même chose dix à quinze ans plus tôt ? Pas si sûr. A force de scruter chaque fait et geste au peigne fin, nous avons fini par faire de même. Partant de là, peut-être que la défense de Verstappen aurait moins choqué à l'époque où les pénalités étaient sporadiques.

En parlant de contexte, l'agitation médiatique autour de Verstappen est également liée à notre époque. Avec les réseaux sociaux, les échanges instantanés et les déclarations elles aussi passées au premier plan, il est devenu courant de monter en épingle la moindre polémique. Les débats sont donc plus nombreux et plus virulents et les acteurs du milieu alimentent eux-mêmes cette tension. La prise de bec par médias interposés entre Jacques Villeneuve et Verstappen après Spa-Francorchamps en est un triste exemple.

Ainsi, non seulement le Hollandais est peut-être trop médiatisé mais en plus, cette agitation nous fait oublier que d'autres pilotes ont fait polémique pour leur pilotage. Michael Schumacher et Ayrton Senna sont certes parmi les plus grands de l'histoire mais personne ne peut nier les tâches sombres qui jalonnent leur parcours. Des tâches qui ont provoqué bon nombre de discussions par le passé. Verstappen n'est donc pas un cas isolé.

« Je suis jeune il est vrai... »

© Getty Red Bull Content Pool

Enfin, certains excusent son comportement en avançant l'excuse de l'âge. Verstappen est et restera le plus jeune pilote de l'histoire de son sport (17 ans et demi) et détient désormais le record de précocité pour une victoire (18 ans et 7 mois). A cet âge, on ne possède pas encore le recul et la maturité qui ont conduit des pilotes comme Jody Scheckter et Riccardo Patrese à s'assagir. Le Hollandais a donc tout le temps de mûrir et de polir son pilotage.

Mais c'est aussi là le nœud du problème pour d'autres. Verstappen est sûr de son droit, et ses excellentes performances semblent lui donner raison. Il ne verra donc aucune raison de changer. Red Bull ne manque pas une occasion de le défendre, là où son prédécesseur Daniil Kvyat a été vite renvoyé chez Toro Rosso après son élimination de Sebastian Vettel en Russie. Ce qui le conforte dans son idée. Enfin, la FIA, n'hésitant pas à sanctionner le moindre accrochage inoffensif, n'a même pas daigné enquêter sur Max pour son comportement à Spa-Francorchamps. Une impunité qui n'a fait que renforcer le fossé entre ses supporteurs et ses détracteurs. La pénalité de Mexico apparaissait davantage comme une volonté de calmer les esprits plus que de sanctionner Verstappen.

Partant de là, Max ne peut se remettre en question. Il continuera ainsi à appliquer ses propres règles, tel Senna et Schumacher à certaines occasions, l'Allemand ayant aussi eu droit à une certaine bienveillance de la part des autorités chez Ferrari. Pire encore, il servira d'exemple aux prochaines jeunes pousses débutant dès l'obtention de leur majorité, qui appliqueront les mêmes tactiques. Il suffit de jeter un œil sur la Formule 3 pour comprendre que ces pilotes se trompent de méthode...

La liberté s'arrête là où celle des autres commence

© Getty Red Bull Content Pool

Il n'est pas nouveau de voir des jeunes loups dicter leurs propres règles sur la piste mais on peut néanmoins discerner une certaine tendance ces dernières années. L'idée serait que la Formule 1 est devenue presque « trop sure », donnant ainsi à certains un sentiment d'impunité et une plus grande liberté dans leur pilotage. Ceux-ci prennent plus de risques, parfois même trop sous prétexte, consciemment ou non, qu'ils s'en sortiront indemne en cas d'accrochage.

Mais le risque zéro n'existera jamais en sport automobile, quelques soient les progrès. Les pertes de Jules Bianchi en F1 ou de Justin Wilson en IndyCar sont là pour nous le rappeler. Et si beaucoup défendent avec raison l'idée de laisser les pilotes se battre et de limiter les pénalités, il convient cela dit d'imposer un certain seuil de tolérance pour rappeler à ces pilotes qu'il suffit d'un rien pour que tout bascule. Si Verstappen est fort appréciable dans sa prise de risque au moment de dépasser, il l'est déjà moins au moment de défendre sa place, notamment à Spa-Francorchamps. Et comme la FIA n'a – pour une fois – pas daigné rappeler à l'ordre le Néerlandais, il y a fort à parier qu'il recommencera. Et tous les pilotes ne sont pas aussi expérimentés et lucides comme Kimi Raikkonen.

A la croisée des chemins

© Getty Red Bull Content Pool

Bien entendu, il est compliqué de trouver un juste milieu. La définition de cette ligne jaune séparant l'acceptable du répréhensible dépendra de l'appréciation de chacun. Aussi, chacun possède sa propre sensibilité et penchera ainsi d'un côté ou de l'autre. Mais dans tous les cas, on ne peut nier que Max Verstappen ne pourra pas conserver cette ligne de conduite durant toute sa carrière. Sur la piste ou en dehors.

On l'a vu sûr de lui et en pleine ascension en 2016 mais qu'en sera t-il lorsqu'il connaîtra son passage à vide ? Comment réagira t-il quand il apprendra que la Formule 1 ne s'apprivoise jamais en deux ou trois saisons ? Les Hamilton, Alonso, Raikkonen et Vettel l'ont tous constaté, ce dernier s'en rend compte encore aujourd'hui. Dans tous les cas, il fera parler de lui. Comme aujourd'hui.

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