A l'annonce d'un nouveau règlement technique, les fans de Formule 1 se frottent les mains car cela s'accompagne généralement d'un changement de hiérarchie et d'un suspens et spectacle renouvelés. Sauf que pour les ingénieurs, la pression est de mise car il faut savoir s'adapter au mieux. Ce qui est loin d'être évident selon McLaren qui a présenté les modifications principales sur son site internet.

"Un des changements les plus importants de la Formule 1 »

La révolution moteur de 2014 a profondément divisé les observateurs. Beaucoup ont avancé le fait que les Formule 1 étaient désormais trop faciles à piloter, d'où un nivellement par le bas selon eux. C'est en partie pour répondre à ces critiques qu'est intervenu le nouveau règlement technique 2017. Les F1 devraient être à la fois plus rapides et plus compliquées à prendre en main. Du pain béni pour les fans et éventuellement pour les pilotes mais moins pour les ingénieurs.

Le constat est simple : selon Tim Goss, le directeur technique de McLaren, ce changement équivaut à « assembler un puzzle chinois de 15 000 pièces » ! Il s'agit en effet « d'un des changements les plus importants de l'histoire de ce sport » à en croire Goss. Ce qui en dit long quand on connaît la longue histoire des changements techniques, entre la suppression de l'effet de sol en 1983, les monoplaces étroites de 1998 et les châssis dépourvus d'appendices superflus en 2009.

"Des Formule 1 plus agressives et méchantes ! »

Parmi les changements notables, on retrouve des pneus plus larges, un diffuseur plus volumineux, un aileron avant reculé et un aileron arrière plus large et plus bas. Ces modifications devraient rendre les F1 plus « agressives et méchantes » selon Tim Goss.

Bien entendu, les pneus représentent une grande inconnue. En dépit des tests effectués par Pirelli, il est difficile d'évaluer quel gain ces nouvelles gommes apportent. Déjà, les pneus sont difficiles à comprendre en soi. Mais surtout, ces pneus ont été testés sur des monoplaces de 2016 modifiées et non pas des monoplaces de 2017. Or ces Formule 1 seront spécifiquement conçues pour exploiter au mieux ces pneus. Comme le signale judicieusement Goss, « il faut distinguer les données propres aux pneus de celles propres à la monoplace ». Ce qui n'est pas simple.

En ce qui concerne l'aérodynamique, les voitures seront plus larges de 20 cm en tout. Ces dimensions sont ainsi plus proches des monoplaces des années 90. Il a fallu s'adapter et travailler plus particulièrement sur le flux d'air. Le cheminement global de celui-ci reste le même mais dans les détails, il diffère complètement. L'équipe a par conséquent dû adopter une nouvelle approche.

Du changement dans le détail

Des éléments moins visibles sont également concernés par ces changements techniques. Les déflecteurs, le diffuseur et le fond plat en font partie. Les premiers nommés ont été mis de côté ces dernières années car « la marge de manœuvre quant au développement du déflecteur était limitée ». Avec ces nouvelles règles, les déflecteurs seront bien plus travaillés et plus influents dans la performance de la monoplace. Les deux autres ont suivi la même voie que les ailerons : largeur accrue, aboutissant ainsi à une charge aérodynamique accrue.

Les moteurs sont aussi concernés car le système de jetons de ces dernières années n'est plus d'actualité. Par conséquent, si Honda s'est bien entendu basé sur les enseignements de ces deux dernières saisons, le nouveau bloc a été spécialement redessiné pour cette année.

Une bonne chose pour McLaren ?

Le défi pour chaque modification technique majeure, c'est d'obtenir une monoplace réglementaire tout en étant suffisamment fiable et performante aux yeux de l'équipe. « Il s'agit d'évaluer un maximum d'options pour choisir la meilleure possible, le tout dans un laps de temps réduit. Mais nous ne perdons pas de vue le fait que les autres équipes auront probablement opté pour une autre solution, laquelle s'avérera meilleure, qui sait ? ».

Mais pour Tim Goss, cette situation sera bénéfique pour McLaren, même s'il ne le dit pas ouvertement. « Ces changements vont très probablement bouleverser la hiérarchie, ce qui est déjà arrivé par le passé. Généralement ce fut une bonne chose car les équipes les mieux armées se retrouvaient de nouveau au sommet ».

Réponse en mars.

McLaren 2017

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