Nous voilà en 2026, une année prometteuse pour une endurance en expansion, emmenée par la locomotive WEC et sa forêt de constructeurs. Tant en IMSA qu'en GT World Challenge, les championnats promettent beaucoup de moments magiques.
Les championnats majeurs de l'endurance sont à quelques mois, voire semaines, de démarrer leurs hostilités. À commencer par l'IMSA, dont les 24 Heures de Daytona seront le véritable lancement de la saison. Et ça promet !
IMSA : Porsche place tous ses pions en endurance outre-Atlantique
Le frère jumeau du WEC outre-Atlantique avait vu Porsche écraser la concurrence, avec une BoP très décriée par les observateurs et le public. Il va sans dire que la concurrence s'est renforcée pour la marque de Stuttgart : en premier lieu parce que les BMW M Hybrid V8, en classe GTP, sont désormais sous la coupe de WRT.
Le team belge fera même appel à ses pilotes du WEC pour les 24 Heures de Daytona, fin janvier, dont Kevin Magnussen ou Dries Vanthoor. Acura, qui avait débuté en fanfare l'ère Hypercar de l'IMSA, voudrait aussi retrouver son rang de référence, sur son terrain de chasse commercial que sont les États-Unis.
Difficile également d'écarter la menace Cadillac, qui s'est offert Petit Le Mans en clôture du championnat : les trois voitures américaines manquent encore de réussite pour viser le titre en fin d'année.
Et enfin, Aston Martin, avec son unique Valkyrie toute de bleu vêtue, a montré qu'il était possible d'exister avec une voiture entièrement thermique, au milieu des moteurs hybrides. Preuve en est avec la 2e place acquise par le Heart of Racing, également à Petit Le Mans, en passant même tout proche d'un incroyable succès.
Porsche aura donc sur le dos toute armée lancée à sa poursuite. Mais désormais, les 963 de chez Penske et JDC Miller ne courent plus en WEC et toutes les cartes du constructeur sont placées sur l'IMSA. Avec des renforts de choix que sont les officiels venus du WEC, dont le redoutable Kévin Estre...Les 24 Heures de Daytona, au plateau de 61 voitures, dont onze GTP, offriront une première indication des forces en présence.
WEC : la référence en endurance doit se rattraper
Le nec plus ultra de l'endurance a connu une année 2025 mi-figue, mi-raisin, compte tenu de ce qu'on attend de lui depuis le début de ce qu'on nomme le nouvel âge d'or.
Les saisons 2023 et surtout 2024 ont proposé des courses de folie, en particulier les 24 Heures du Mans et 2025 était attendu au tournant. À ceci près que plusieurs choses ont émaillé la saison passée.
D'une part : une BoP très vivement critiquée quant à son impact jugé trop aléatoire d'une course à l'autre. D'un début de saison écrabouillé par Ferrari est ensuite venu Interlagos, où Cadillac a dominé sans aucune difficulté, loin devant des prototypes italiens anormalement aux abois. Le tir a donc été corrigé en vue de 2026 par l'ACO et la FIA, pour que la compétition aide les plus en retrait sans flinguer les références, dont Toyota.
D'autre part : la perte de Porsche. Sans doute que l'amère défaite de la N°6 au Mans, après une course parfaite, a pesé dans la balance, même si la marque a justifié le choix de partir sous couvert de difficultés économiques.
Mais Porsche reste en WEC via Manthey en LMGT3 et Genesis arrive en Hypercar : ce qui porte le total de marques, toutes catégories confondues, à quatorze, contre treize l'an dernier (un nouveau record donc).
L'attention est évidemment tournée vers l'Hypercar, puisque Genesis s'est très bien préparée et que les autres prennent la quête des victoires plus au sérieux que jamais : BMW, Alpine et surtout Toyota vont mettre en avant des évolutions majeures pour cette saison, afin de partir à la chasse de Ferrari.
La quête du Mans reste évidemment l'objectif principal. Toutes les marques planchent pour vaincre la concurrence la plus féroce jamais vue depuis des lustres. Le WEC a de quoi faire oublier 2025 par une saison riche en enjeux et, surtout, en laissant la magie du sport opérer, malgré la nécessité de la BoP.
GT World Challenge : bagarres en perspective et arrivée du Verstappen Racing

GT World Challenge Europe Powered by AWS, action, depart
C'est l'actualité qui avait attiré l'attention ces derniers jours : mais que diable faisait Max Verstappen au volant d'une Mercedes AMG GT3 à Estoril ? Il se trouve que sa propre écurie sera engagée en GT World cette saison, avec ladite voiture, tant sur les formats sprint que sur les courses longues.
Que le Néerlandais quadruple champion du monde vienne s'essayer en endurance à temps plein est un peu une Arlésienne depuis quelques mois, en particulier lors de sa victoire sur une manche de Nürburgring Langstrecken-Serie (NLS), avec une Ferrari. Ce ne sera pas pour cette saison en tous cas, sauf peut-être aux 24 Heures du Nürburgring aux côtés de Jules Gounon et Daniel Juncadella.
Preuve en est que le GT ne se contente pas d'être une porte d'entrée vers le prototype : il attire les meilleurs pilotes du monde, y compris ceux de l'Hypercar et des anciens de la Formule 1. D'autant que le Néerlandais a prévenu la F1 : si les nouvelles règles se révèlent ratées et peu amusantes, il claquera la porte sans ménagement.
Pour le reste, les dix rendez-vous de cette saison européenne, dont les 24 Heures de Spa fin juin, vont réunir les fortes têtes habituelles (WRT, AF Corse et autres Comtoyou) pour offrir une saison de bagarres et de suspense.
ALMS, ELMS : des championnats d'endurance de plus en plus prisés

ELMS 4h Castellet, action
Nous l'avons vu lors des 4 Heures de Sepang, en décembre : jamais il n'y avait eu autant de monde sur une manche asiatique, LMP2, LMP3 et GT compris. Car, à l'image du GT World, les championnats continentaux font venir des pilotes du WEC, dont Charles Milesi (chez Alpine) et Antonio Fuoco (Ferrari).
Il y avait bien 48 voitures au départ des deux courses du week-end malaisien, ce qui constituait un record en la matière sur une course. Avec la possibilité que, tant à Abu Dhabi qu'à Dubaï, la liste d'engagés pourrait suivre la même tendance.
À la fin de l'année, l'ALMS ouvrira la voie aux Hypercar privées, ouvrant ainsi une ère nouvelle dans ce championnat. BRM devrait engager deux Peugeot version 1 (sans aileron arrière), tandis que Vanwall travaille activement à remettre sa Vandervell 680 sur les pistes. Un témoignage de la croissance de l'endurance dans le monde.
Du côté de l'Europe, l'ELMS est aussi une destination de choix pour pilotes et écuries : 44 équipages seront engagés à l'année, là aussi un record. Il faut dire que les audiences et les fréquentations grimpent en flèche, grâce à des courses spectaculaires. En particulier car les voitures de pointe, les LMP2, font venir des pilotes professionnels, proposant alors un exceptionnel niveau de pilotage.
Il ne faudra cependant pas compter sur l'arrivée d'Hypercar privées dans ce championnat, pour des raisons évidentes de coûts et de cohérence vis-à-vis du WEC. Mais l'arrivée de Silverstone au calendrier est un témoignage fort : plus qu'une antichambre, l'ELMS fait figure de test pour le WEC, en vue d'intégrer le circuit britannique au calendrier.
Pas de quoi s'ennuyer en 2026 : les championnats d'endurance ont tout pour nous régaler et vous proposer de nombreuses lectures. Vivement Daytona pour démarrer tout ça !