A l'issue de cette 9e étape, c'est Eryk Goczal, le Polonais qui s'impose devant... son oncle, Michal Goczal. La hiérarchie est chamboulée avec comme nouveau leader au général, Nani Roma !
Plongés dans l’immensité du désert, les concurrents du Dakar 2026 affrontent aujourd’hui une épreuve de 532 kilomètres, dont 410 chronométrés, reliant Wadi ad-Dawasir à un bivouac isolé, perdu au milieu des sables. Une étape hors norme, où voitures et motos évoluent sur des parcours distincts, et où les pilotes devront se contenter de : tentes sommaires, matelas de fortune, et rations militaires. Ici, le confort est un luxe, et la rudesse du désert, une épreuve à part entière.
Étape 9, une hiérarchie chamboulée !
Dès le premier pointage, au km 41, Sébastien Loeb impose son rythme, devançant Guillaume de Mévius de seulement 3 secondes et Mattias Ekström de 4 secondes. Un départ serré, où chaque dixième de seconde compte, et où moins de dix équipages ont déjà franchi la ligne. L’attente est palpable : qui tiendra la distance ? Au km 78, Saood Variawa perd pied, cédant plus de 4 minutes à Henk Lategan, son compatriote sud-africain. Parti trois minutes après lui, Lategan a su combler l’écart sur la piste, s’installant en tête de la spéciale. Les deux hommes, désormais aux avant-postes, donnent le ton d’une étape où rien n’est joué d’avance.
Relégué à près de 2 minutes et 38 secondes de Mitch Guthrie, Nasser Al Attiyah voit son avance au classement général fondre comme neige au soleil. Le Qatarien, habitué à dominer, cède du terrain face à Henk Lategan (+43 secondes) et Mattias Ekström (+1 minute 43). Résultat : son matelas de sécurité, autrefois confortable, se réduit à peine plus de 3 minutes sur Ekström et 4 minutes sur Lategan. Le suspense est à son comble.
Au km 115, Ekström reprend l’avantage, grignotant encore quelques précieuses secondes sur Al Attiyah. Le Suédois, en position d’ouvreur, réduit son retard à 2 minutes et 31 secondes au classement général virtuel. À l’inverse, Henk Lategan, qui menait la danse, perd un peu de son éclat, reculant au général. Mitch Guthrie s’empare du commandement au km 115, devançant Sébastien Loeb d’un souffle (seulement 2 secondes) et reléguant Guillaume de Mévius à plus d’une minute. Mais l’histoire est loin d’être écrite : il faudra attendre les chronos de Lucas Moraes, leader au pointage précédent, ainsi que ceux de Joao Ferreira et Guy Botterill, pour y voir plus clair.
Lucas Moraes tient la dragée haute. Le Brésilien signe le meilleur temps provisoire, mais Guy Botterill, jamais bien loin, reste accroché à seulement 8 secondes. Guthrie, lui, recule d’un cran, pointé à 52 secondes. Joao Ferreira, en revanche, perd le fil et concède plus de 2 minutes au leader. Tout bascule au km 186. Mattias Ekström creuse un écart de 2 minutes sur Al Attiyah, divisant par deux son retard au classement général. La menace est réelle pour le pilote Dacia, dont le trône commence à vaciller.
Mais c’est Henk Lategan qui signe le coup de tonnerre de la journée. Le Sud-Africain, parti en tête, s’effondre avec 18 minutes de retard sur le meilleur temps provisoire. Un désastre mécanique (une direction assistée remplacée en 14 minutes lors d’un pit-stop improvisé) qui le propulse hors du top 5. Carlos Sainz en profite pour s’emparer de la troisième place, tandis que Lategan dégringole à 21 minutes du leader.
Les erreurs de navigation de Nasser Al Attiyah et Mattias Ekström au km 280 redonnent espoir à ceux qui les talonnaient. Carlos Sainz, surnommé « El Matador », réalise un coup de maître. Profitant des déboires de ses rivaux, l’Espagnol s’installe virtuellement en tête du classement général, effaçant un retard de 9 minutes et 20 secondes en un clin d’œil. Nouvelle hiérarchie : Sainz devance Nani Roma de 13 secondes et Al Attiyah de 3 minutes. Ekström, lui, recule à 15 minutes, dépassé par Lategan et Sébastien Loeb. À quatre jours de l’arrivée, un top 5 en moins de 8 minutes se dessine, un scénario inédit dans l’histoire du Dakar.
Alors que Lucas Moraes semblait promis à la victoire d’étape, c’est finalement Eryk Goczal qui s’impose, devenant le second Polonais à remporter une étape du Dakar après Krzysztof Holowczyc en 2012. Une performance historique pour le pilote du Toyota Hilux privé (Energylandia Rally Team), dont la famille avait déjà brillé en Challenger et SSV, mais jamais en scratch.
Mais le vrai choc vient du classement général. Carlos Sainz, leader virtuel aux km 309, 351 et 380, voit son rêve s’envoler à l’arrivée. Une pénalité de 1 minute et 10 secondes pour excès de vitesse lui coûte la première place. Nani Roma, son coéquipier, en profite pour s’emparer des commandes, 57 secondes devant Sainz et 1 minute et 10 secondes devant Al Attiyah. Le Qatarien, délogé du trône qu’il occupait ce matin, doit désormais composer avec un nouveau leader. Henk Lategan, malgré ses déboires, reste aux aguets (4e à 6 minutes), tandis que Mattias Ekström s’enfonce (5e à plus de 11 minutes).

