La onzième étape du Dakar 2026 entre Bisha et Al Henakiyah a vu la troisième victoire de Mattias Ekström emmenant un triplé Ford, dont le premier podium de Romain Dumas. Al-Attiyah mène toujours le général, mais son avance a fondu.
La caravane du Dakar a quitté les plaines de Bisha pour s’élancer vers Al Henakiyah, au terme d’une odyssée de près de 900 kilomètres, dont une portion chronométrée taillée pour les amateurs de vitesse pure. Une étape longue comme un jour sans fin, où les mécaniques chauffent et les nerfs se tendent. Comme lors des premiers jours de course, les équipages engagés en FIA bénéficient d’une zone d’assistance en plein cœur de la spéciale, après le 190e kilomètre, véritable oasis technique permettant notamment de chausser des pneus neufs avant de replonger dans la poussière.
Étape 11, un nouveau triplé Ford !
Dès les premiers pointages, la bataille s’annonce féroce. Une quinzaine de concurrents ont déjà avalé les 43 premiers kilomètres et Henk Lategan mène la danse. Derrière lui, les écarts se comptent en poignées de secondes : Mathieu Serradori, douzième, n’accuse qu’un retard dérisoire. Le peloton roule groupé, comme aspiré par un même souffle. Au fil des kilomètres, Lategan confirme son tempo. Au 84e, le Sud‑Africain garde le cap, talonné par Mattias Ekström et Carlos Sainz. Nasser Al‑Attiyah, lui, concède quelques secondes mais reste solidement arrimé à son large matelas d’avance au général. Rien qui puisse ébranler le Qatari, maître du classement virtuel.
Plus loin sur la piste, certains favoris tardifs comme Eryk Goczał n’ont pas encore livré leur verdict. Ekström, lui, s’installe en patron au km 84, avec une courte marge sur Sainz. Mais un coup de théâtre secoue la course : Lategan s’immobilise autour du km 140. Les minutes s’égrènent, lourdes comme du sable mouillé, et ses espoirs de victoire s’envolent. Cette panne prolongée redistribue les cartes. Au km 156 Sébastien Loeb grimpe sur le podium virtuel, profitant de la défaillance du Sud‑Africain. Ekström, imperturbable, signe le meilleur temps provisoire et repousse Saood Variawa et Carlos Sainz à bonne distance.
Dans ce tumulte, un Français se distingue : Romain Dumas, au volant de son Ford Raptor privé, dépasse Sainz et se hisse à moins de deux minutes d’Ekström. Guillaume de Mévius, lui, lâche prise et voit l’écart dépasser les trois minutes. Au km 190, Ford réalise un tir groupé : Ekström en tête, Dumas en dauphin, Sainz en troisième homme. Une véritable démonstration de force. À une centaine de kilomètres de l’arrivée, le trio reste inchangé, Ekström gardant la main avec une autorité tranquille.
Dumas poursuit son numéro. Au km 283, il reste deuxième, meilleur pilote privé de la journée. À 47 ans, le triple vainqueur des 24 Heures du Mans et recordman de Pikes Peak prouve qu’il n’a rien perdu de son tranchant. Avec Alexandre Winocq à ses côtés, il continue de monter en puissance sur cette édition. Pendant ce temps, le classement général évolue. Nasser Al‑Attiyah concède quelques minutes à Nani Roma, qui réduit son retard et grimpe au deuxième rang. Loeb en profite également pour s’inviter sur le podium provisoire, à moins de vingt minutes de son coéquipier.
À l’arrivée, Mattias Ekström signe une prestation sans bavure. Le Suédois a mené la spéciale de bout en bout, décrochant sa troisième victoire de l’édition, la huitième de sa carrière. Dumas, malgré une pression constante, échoue à seulement 1’22’’ mais s’offre un premier podium d’étape, après cinq tentatives infructueuses où il avait buté sur la cinquième place. Ford verrouille finalement le podium du jour : Ekström, Dumas, Sainz. Un triplé qui fait écho à celui de l’étape 5. Le Raptor a rugi, et personne n’a pu l’ignorer.

