La marque aux anneaux, Audi, va débuter dès 2026 une nouvelle aventure en F1 avec des monoplaces entièrement remaniées. La firme allemande présente la livrée de sa R26.

Audi Revolut F1 Team prend donc la succession de Stake F1, le rebranding fait après le départ d'Alfa Romeo... toujours pour la structure suisse, Sauber Motorsports. D'ailleurs, même avec l'implication du gant allemand, le nom (et la base d'Hinwil) de Sauber est conservé pour le nom de la compagnie : Sauber Motorsport AG. Le nom officiel (et commercial) de l'écurie de F1 étant Audi Revolut F1 Team.

R26, et Audi fait son entrée en F1

Le Saviez-vous ? La rumeur de l'arrivée d'Audi et/ou du groupe Volkswagen en F1 a fait couler beaucoup d'encre aux cours des dernières décennies. Certains n'y croyaient plus, mais la rumeur la plus ancienne d'une implication de la firme d'Ingolstadt en F1 date de... 1993 ! En effet, il y a plus de 30 ans, une publication révèle un projet d'écurie 100% allemande, une F1 nommée MiG 194 avec l'implication d'un certain Michael Schumacher.

A l'époque, Audi aurait assemblé un V10 de 800 ch (15 000 trs/min) et le projet impliquait Schmidt Motorsport, un accord avec Cosworth était de motoriser Benetton pour cette future structure teutonne, mais Wolfgang Ulrich a dû démentir le tout dans une publication d'Autosport en février 1994.

Retour en 2026, Audi pense que le timing est parfait pour s'impliquer en F1 avec les nouvelles règlementations techniques ! "Audi a toujours été actif et a connu le succès dans la course automobile. Si vous pensez au Mans, au Dakar, au DTM, à la Formule E, nous avons toujours été très actifs et très performants et nous voulons poursuivre cette success story maintenant en Formule 1" déclarait le PDG d'Audi, Markus Duesmann !

Le grand patron d’Audi, Gernot Dollner, est apparu entouré d’un quatuor qui en dit long sur les ambitions de la marque : Mattia Binotto, maître d’œuvre du programme F1, Jonathan Wheatley, chef d’orchestre sportif qui officiera comme Team Principal, ainsi que les pilotes Nico Hülkenberg et Gabriel Bortoleto, anciens compagnons de piste.

Dans un décor savamment orchestré, Audi a levé le voile sur la R26, une machine taillée comme une lame, drapée d’un mélange hypnotique de titane, de fibre de carbone et d’un rouge incandescent déjà aperçu lors d’un avant-goût à Munich l’automne dernier. Une entrée en scène qui rappelle que le constructeur, habitué aux triomphes dans d’autres disciplines, ne vient pas en spectateur. Car si la marque aux anneaux nourrit de vastes desseins, elle ne se berce pas d’illusions : la Formule 1 est un Everest technique et stratégique.

« Ce jour n’est pas seulement un lancement, c’est l’annonce publique d’une nouvelle ère », a martelé Dollner, évoquant une discipline qu’il décrit comme « la scène la plus exigeante du sport automobile ». Audi, dit-il, ne vient pas seulement courir, mais redéfinir l’esprit du “Vorsprung durch Technik”.

Pour lui, ce programme agit comme un électrochoc interne, un moteur de transformation vers une culture plus affûtée, plus efficace, plus inventive. Une aventure pensée sur le long terme, sans demi-mesure. L’objectif est clair : viser le titre mondial d’ici 2030, non pas remplir la grille.

Preuve de leur avance, Audi a été la première écurie à faire rouler une monoplace conforme au règlement 2026, lors d’une journée de tournage à Barcelone. Après la présentation berlinoise, la troupe allemande reprendra la route de la Catalogne pour une semaine de roulage où les onze équipes disposeront de trois jours.

Mattia Binotto, stratège en chef du projet, résume l’enjeu : « Le choix d’entrer en F1 en tant que constructeur à part entière est notre plus grande force. Nous avons passé des années à bâtir non seulement un moteur à Neuburg, mais une architecture technique reliant Hinwil et Bicester. » Une intégration totale, dit-il, qui permet d’éliminer les compromis et d’embrasser une agilité indispensable dans ce sport où chaque détail peut faire basculer un championnat.

Jonathan Wheatley, transfuge de Red Bull après près de vingt ans de maison, a salué l’aboutissement d’un travail titanesque : « Cette voiture, c’est la matérialisation de milliers d’heures d’efforts d’une équipe d’une rare compétence. Nous entamons ce voyage avec fierté, mais aussi avec humilité. Ce n’est que le premier chapitre d’une longue campagne. »

Son ambition : insuffler un ADN de champion dans chaque rouage de l’écurie, bâtir une culture où la résilience, la précision et la curiosité deviennent des réflexes. Une équipe qui se renforce à chaque tour, chaque briefing, chaque course. « Notre mission est de transformer une vision à long terme en réalité sur la piste, décision après décision. »