Depuis son entrée en compétition la Porsche 963 cumule FIA WEC et IMSA. Mais cette année, la LMDh allemande va se contenter de la série américaine. Qu'est-ce que cela change ? On vous explique tout.

La nouvelle a secoué la planète Endurance comme rarement. Le 7 octobre dernier, Porsche a annoncé mettre un terme à son engagement en WEC -et donc aux 24 Heures du Mans- au terme de la saison en cours.

Didier Laurent, depuis le Daytona Speedway

Porsche en compétition, sans le WEC et les 24 Heures du Mans

La nouvelle a secoué la planète Endurance comme rarement. Le 7 octobre dernier, Porsche a annoncé mettre un terme à son engagement en WEC - et donc aux 24 Heures du Mans - au terme de la saison en cours.

Pour certains, passer du WEC à l'IMSA représente un gros changement, à l'image du champion du monde 2024 Kévin Estre. « L'IMSA, pour moi, ça implique plus de longs voyages, mais aussi un état d'esprit différent, reconnaît le Français, qui vise sa première victoire sur le double tour d'horloge floridien. Les courses sont différentes, mais aussi plus relax pour les pilotes en ce qui concerne les activités en dehors de la hors-piste. Cette année, le calendrier comprend trois circuits que je ne connais pas, car ma dernière saison à temps plein en IMSA remonte à 2014, et c'était en GTD. Mais ce n'est pas non plus un saut dans l'inconnu. Je connais bien l'équipe, Laurens et Matt (Vanthoor et Campbell. Ndlr) avec qui je partage le volant et même mon ingénieur performance, avec qui j'ai l'habitude de travailler en WEC et qui a fait le même chemin que nous durant l'intersaison. »

Des changements à tous les niveaux

Pour l'équipe aussi, la donne va changer. En effet, depuis le début de l'aventure 963, Porsche se gargarise de capitaliser sur un partage total des informations entre les deux championnats. Le programme américain va-t-il pâtir de l'arrêt du WEC ?

« Nous bénéficions de toutes les infos que nous avons emmagasinées dans les deux championnats ces trois dernières saisons, souligne Kévin Estre. Donc pour le moment, ça ne nous change pas grand-chose. Pendant l'année, en revanche, nous aurons moins de séances d'essai à disposition (le fait d'être inscrit dans les deux séries offrait à Porsche plus de jours d'essais. Ndlr). Et bien évidemment moins de course, source d'informations également. Cela nous sera forcément préjudiciable, d'autant que nous bénéficions cette année d'un nouveau package, sans compter la nouvelle de gammes de pneumatiques Michelin. Après, la voiture est dorénavant mature et nous la connaissons par cœur. À nous d'apprendre plus vite et de maximiser chacune de nos sorties. »

Le pneu en question(s)

Un nouveau pneu - le Michelin Pilot Sport Endurance - a cristallisé l'attention la semaine derrière à l'occasion du Roar before the 24, essais collectifs menés en amont du double tour d'horloge floridien. Et qui a également fait parler grâce à une bande de roulement présentant un design tout aussi innovant.

« L'objectif était de produire un pneu de course contenant 50 % de matériaux recyclés et renouvelables, explique Hans Emmel, responsable de l'IMSA chez Michelin. Mais nous devions également conserver les mêmes pics de performances de pointe, tout en améliorant la mise en température, afin que les pilotes aient une meilleure sensation du pneu lors de leurs tours de sortie. »

De ce que nous avons pu voir au Roar, l'objectif est atteint. Mais de son côté, Kévin Estre a noté quelque chose d'autre, qui pourrait avoir une incidence notoire sur la course ce week-end. « Le plus gros changement est, selon moi, l'élargissement de la fenêtre de fonctionnement du pneu Soft. Par le passé, quelles que soient les conditions, y compris la nuit avec les températures fraîches, nous privilégions le Médium. Mais cette année, les chances de chausser les Softs en course sont réelles. »

Après deux années pleines de succès avec titres et victoire aux 24 Heures de Daytona, le Porsche Penske Motorsport s'attaque à une saison plus compliquée qu'il n'y paraît.