Les stratégies décalées des uns et des autres rendent la lecture de la course difficile. BMW, Cadillac et Alpine se partageaient la tête du général à Interlagos, quand Toyota perdait la Toyota N°8, rangée au garage pendant plusieurs tours. 

Chacun s'est décalé en stratégie, notamment pour ce qui est des changements de pneumatiques. Rien d'étonnant à voir émerger la Ferrari N°83 d'AF Corse au 3e rang et la Peugeot N°94 au 4e.

Cette même Cadillac N°12, toujours pilotée par Will Stevens, est allé au contact avec la Lexus N°87 qui se battait pour la victoire avec les Ford N°77 et Corvette N°34. À trois heures et demie du terme, la GT japonaise a subi des dommages, pour le plus grand malheur de Clémens Schmid à son volant.

Will Stevens a laissé son volant à Norman Nato : le Français a perdu la Cadillac N°12 dans le 6e virage, pour le plus grand bonheur du leader, Kevin Magnussen, sur la BMW N°15, qui a confié la voiture à Rafaele Marciello. Norman Nato a confondu vitesse et précipitation dans son dépassement de la Ferrari N°83 dans le deuxième secteur, en allant au contact.

Chez les LMGT3, la lutte pour la victoire demeurait très indécise, avec toujours une alternance entre la Ford N°77 de Proton, la Corvette N°34 de Turkey by TF et l'Aston Martin N°27 du Heart of Racing. La Lexus N°87 a bien entendu perdu beaucoup de plumes dans l'accrochage avec la Cadillac.

Mais c'est bien en catégorie Hypercar que les choses étaient les plus intéressantes : les deux Alpine menaient les débats peu avant les 3 h 30' restantes, tandis que Sheldon van der Linde, sur la BMW N°20, allait devoir résister à Norman Nato pour faire gagner du temps à la N°15.

Il fallait cependant surveiller ce que pourraient faire les deux Alpine à distance. La N°36 a écopé d'une pénalité de cinq secondes après une infraction dans les stands, ce qui pourrait aussi coûter cher au moment de faire des comptes. Norman Nato a écopé dans la même sanction après son contact sur la Lexus de Clémens Schmid.

La fête n'est pas plus belle chez Peugeot, puisque la Peugeot N°94 a pris d'une traite 30 secondes de stop&go après une vitesse excessive dans les stands. Une bien mauvaise affaire après un début de course pourtant intéressant avec Loïc Duval, à qui a succédé Théo Pourchaire au volant.

La Mercedes N°61 d'Iron Lynx, en bagarre pour le Top 5, a été victime d'un petit contact qui a envoyé Rui Andrade en tête-à-queue dans le 4e virage. Et comme si cela ne suffisait pas, la Mercedes N°79 a été envoyée à l'envers par l'Aston Martin N°007, pilotée par Tom Gamble. Les contacts étaient légion en LMGT3 : Sean Gelael, avec la BMW N°32 était à la poursuite de Hadrien David et la Lexus N°78, quitte encore une fois à aller au contact.

L'Indonésien a fini par trouver la mesure du Français, qui devait ensuite contenir les assauts de la Porsche N°91 du team Manthey DK Engineering. Mais impossible de savoir, à ce stade de la course, qui l'emporterait dans la catégorie GT.

BMW en tête

©DPPI/FIA WEC

Un match Alpine contre BMW, arbitré par Ferrari

BMW en tête

©DPPI/FIA WEC

Ces 6 Heures d'Interlagos, à moins de trois heures de la fin de course, étaient toujours menées par l'Alpine N°35, avec Da Costa à son volant. Le Portugais, comme l'équipe française, attendait l'arrivée d'un full course yellow voire même d'une voiture de sécurité, afin de faire fructifier pour de bon le décalage stratégique.

Mais les arrêts aux stands rendaient toujours la hiérarchie définitive très confuse, sans possibilité de dire qui allait gagner (ce dont personne ne peut se plaindre finalement).

En LMGT3, Ford tenait le bon bout avec la N°77, pilotée par Ben Tuck durant ce deuxième tiers de course. L'écart avec la Corvette N°34 était conséquent : non loin de 30 secondes d'avance, grâce à une stratégie et des relais exécutés sans accroc majeur.

À 2 h 33' de la fin de course, Raffaele Marciello (BMW N°15) a rejoint l'Alpine N°35 d'António Félix da Costa pour lui reprendre la tête du général. Les deux voitures sont sur une stratégie différente, mais le Portugais a su résister malgré des pneus très usés et en fin de relais.

Anonymes jusque là, les Ferrari s'employaient à remonter et la N°51 officielle, 3e à 2 h 30' du terme, remontait fort sur ces deux autos. Alessandro Pier Guidi revenait petit à petit sur la BMW.

Raffaele Marciello a pu effectuer une première tentative au virage 4. Mais il a dépassé les limites de piste et a rendu la tête du général à Da Costa, qui allait de toute façon s'arrêter avant. Ce fut chose faite peu avant H+4, laissant ainsi BMW aux commandes de la course.

Mais tout le monde devait veiller à la pluie, qui se faisait de plus en plus menaçante au fil des minutes, qui augurait d'une fin de course à toutes les cartes seraient rebattues.

Le classement à H+4, avec BMW en têteBMW en tête

BMW en tête