Auteur d'un freinage suicidaire à la relance du Grand Prix d'Azerbaïdjan ayant éliminé son coéquipier Pierre Gasly et Lando Norris, Franco Colapinto s'attire les foudres de Flavio Briatore et de l'écurie Alpine.
Sanctionné de cinq places de pénalité sur la grille par les commissaires de la FIA, le jeune pilote argentin se retrouve au cœur d'une tempête interne qui va engendrer des mesures ou des sanctions, mais lesquelles ?
Colapinto dans le viseur d'Alpine
L'écurie Alpine étudie les mesures à prendre à l'encontre de Franco Colapinto suite à sa manœuvre désastreuse ayant provoqué un carambolage en chaîne lors du Grand Prix d'Azerbaïdjan. A la relance derrière la voiture de sécurité, le pilote Alpine a bloqué ses roues à l'amorce du premier virage, percutant son coéquipier Pierre Gasly et la McLaren de Lando Norris. Colapinto a lui-même reconnu une lourde erreur, avouant être totalement passager de sa monoplace dès l'instant où il s'est jeté sur les freins.
N'ayant pu franchir la ligne d'arrivée, la pénalité de 10 secondes infligée par le collège des commissaires s'est muée en un recul de cinq positions sur la grille de départ de la prochaine épreuve. Conseiller exécutif d'Alpine, Flavio Briatore n'a pas caché son agacement : « Je veux prendre le temps de la réflexion et étudier les mesures à adopter, afin que nous en tirions les leçons et évitions qu'une telle situation ne se reproduise à l'avenir. »
La structure d'Enstone a présenté ses excuses officielles à Norris et McLaren pour avoir gâché leur course, une démarche déjà accomplie par Colapinto en personne. « Je sais que Franco a assumé l'entière responsabilité de son acte, et c'est la moindre des choses ; il a freiné beaucoup trop tard au vu du contexte de la course et de la relance », a cinglé Briatore. « C'était une manœuvre très médiocre pour un pilote de son niveau d'expérience. »
Si l'écurie n'a pas précisé si elle irait jusqu'à mettre son pilote à pied pour une manche ou s'il s'agira d'un simple avertissement, l'exaspération du dirigeant italien est à la hauteur du préjudice comptable. Alpine tenait un solide tir groupé dans les points avec Gasly et Colapinto (aux neuvième et dixième rangs), idéal pour réduire le retard sur Racing Bulls à six petits points au championnat des constructeurs.
Plus cruel encore, cela a profité à Arvid Lindblad qui s'est faufilé jusqu'au septième rang. Résultat des courses : Alpine accuse désormais 15 longueurs de retard sur Racing Bulls dans la lutte pour la cinquième place.
« Je suis évidemment extrêmement déçu du dénouement d'aujourd'hui, sachant que nous avons abandonné de précieux points dans la bataille du championnat », s'est lamente Briatore. « Ce genre d'incident ne devrait pas arriver, surtout quand nos deux voitures évoluaient dans la zone des points. Je suis navré pour l'équipe et pour Pierre, qui a réalisé un travail remarquable tout au long du week-end. »
Quelle sanction peut prendre Alpine ?
Si certains imaginent qu'Alpine va mettre à pied Franco Colapinto pour une course (une décision prise habituellement par le collège des commissaires de course de la FIA), qui accéderait à ce baquet, l'écurie d'Enstone n'a pas beaucoup de solutions : Paul Aron n'a jamais roulé en grand prix, ni même Gabriele Minì et Alex Dunne n'a pas sa Super Licence FIA. Il y a plutôt fort à parier que cela entraînera une discussion houleuse en interne avec de nouvelles directives emmenant à des consignes d'équipe en course.
L'état-major d'Alpine agite actuellement la presse internationale pour faire passer le message qu'une telle manœuvre (et un double abandon) alors que de gros points se profilaient est une situation inacceptable afin de faire pression sur les sponsors du pilote argentin. On peut imaginer qu'une discussion avec Mercato Libre aboutira sur une rallonge financière de la part du commanditaire, afin de couvrir les frais du carbone broyé à Bakou. D'autant que le plan de la communication internationale de l'équipe, Renault est le 4e constructeur sur le marché automobile argentin avec 10,2 % de parts de marché, derrière Toyota (16,8 %), Volkswagen (16,3 %) et Fiat (12,3 %). Il est donc très peu probable qu'Alpine mette à pied Colapinto pour une course, juste pour l'exemplarité de la sanction, cela ferait très mauvaise presse en Argentine.