Visée par un rapport ministériel accablant après des mois de turbulences politiques et financières, la Fédération Française du Sport Automobile (FFSA) retient son souffle face au couperet d'un retrait d'agrément inédit.
D'après les infos rapportés par Le Parisien, la ministre des Sports, Marina Ferrari, tient désormais entre ses mains des conclusions explosives susceptibles de pulvériser la gouvernance actuelle.
La FFSA proche de tout perdre ?
Retirer l'agrément ministériel à une fédération sportive équivaut à actionner l'arme atomique administrative. Une telle disgrâce ne s'est plus produite depuis deux décennies, date à laquelle l'équitation avait été mise au ban. Sur le bureau de Marina Ferrari repose un réquisitoire d'une rare sévérité rédigé par l'inspection générale. Les conclusions de cette enquête flash, ordonnée au printemps dernier pour radiographier les arcanes de la FFSA, appellent clairement à la rupture.
Au cœur de la tourmente, un système d'influence occulte a été mis en place en sous-main par des figures du passé pourtant frappées d'inéligibilité, à l'instar de Jacques Régis et Nicolas Deschaux. Des procès-verbaux compromettants ont mis en lumière une mainmise sur les finances et la machinerie administrative de l'institution, court-circuitant l'appareil officiel. Face à ces dérives autoritaires, l'ancien président Pierre Gosselin avait osé tirer la sonnette d'alarme auprès des autorités. Un courage de lanceur d'alerte qui lui a valu des intimidations glaçantes, dont un cinglant message l'avertissant qu'il finirait « dans la boue ».
Factures suspectes et fronde internationale
La fronde menée par le ministère a bien accouché d'une assemblée générale extraordinaire et de l'éviction de Gosselin, remplacé par Pierre Ragues, mais la machine s'est enrayée dans une fuite en avant judiciaire interne. Non content de purger ses opposants, l'exécutif fédéral a tenté sans succès de faire bouter son prédécesseur hors des instances de la FIA, s'attirant une fin de non-recevoir de Zurich. Pire encore, les limiers de l'inspection ont exhumé des bons de commande dispendieux, portant sur plusieurs centaines de milliers d'euros s'évaporant vers une mystérieuse entité mauricienne pilotée par... Jacques Régis.
Si le couperet venait à tomber, les ondes de choc ravageraient l'ensemble de l'écosystème tricolore. Privée de son sésame public, la FFSA verrait ses subventions s'évaporer, ses cadres techniques se volatiliser et perdrait le pouvoir régalien de couronner les champions de France ou d'aligner les pilotes sous bannière nationale dans les compétitions planétaires. Tandis que la justice pourrait être saisie de ces infractions présumées, le Comité olympique français se préparerait à mandater une commission ad hoc pour piloter la transition. C'est tout un pan de l'histoire du sport mécanique hexagonal qui se trouve suspendu à la décision imminente de la tutelle ministérielle.