Alors qu'un accord semblait tout proche, le groupe chinois Geely a finalement renoncé à la reprise du programme Signatech Alpine en vue de la saison 2027. Le plateau Hypercar restera donc bloqué à neuf constructeurs la saison prochaine.
Le monde de l'endurance avait été secoué l'année dernier par l'annonce de l'arrêt du programme Alpine en endurance. Cette nouvelle s'accompagnait d'une succession de gâchis orchestrée par le nouveau directoire du groupe Renault, notamment avec l'abandon du performant programme Dakar avec Dacia. Sans compter que le programme moteur F1 a lui aussi été laissé aux oubliettes, pour finalement n'apposer que le logo Alpine sur une voiture au châssis anglais et au moteur allemand (Mercedes).
Les espoirs étaient permis quant au fait de voir la structure Signatech poursuivre avec les A424 l'année prochaine. BYD était la première piste envisagée pour la reprise du programme endurance, avant que le premier constructeur chinois ne se retire.
La dernière en date, aussi venue de Chine, avait été celle de Geely, qui a déjà une implication en sport automobile via sa filiale Lynk&Co en TCR World Tour. Les négociations allaient bon train, une annonce était même attendue fin septembre, au lendemain des 6 Heures de Fuji. Mais les négociations sont tombées à l'eau, laissant alors Philippe Sinault et ses équipes de Signatech sans solutions.
Geely ne sera pas le 10e larron...faute de millions
Des émissaires étaient bien venu à Viry-Châtillon pour visiter les installations d'Alpine Tech et ainsi jauger sa capacité à reprendre les A424. Les nouvelles étaient mitigées : soit cela sentait bon, soit c'était mal parti...et en définitive, le groupe chinois a laissé tomber. Une situation qui rappelle l'échec des négociations Red Bull-Porsche en Formule 1 en 2022 pour cette saison.
À ceci près que cette fois, il est surtout question d'argent, puisque le groupe Renault en a demandé bien plus que ce que Geely comptait mettre sur la table. Les montants ne nous ont pas été dévoilés, mais il est sûr que tout s'est joué à plusieurs millions d'euros près.
Il y aura donc 19 Hypercars l'année prochaine, avec les arrivées de Ford et McLaren aux côtés des autres. Le total aurait pu grimper à 21 si les deux A424 avaient été reprises par Geely, que ce soit en ce nom ou celui d'une autre branche (Lotus par exemple). À moins d'un miracle, Charles Milesi, Ferdinand Habsburg, Frédéric Makowiecki, Jules Gounon et Victor Martins se retrouveront sans volant la saison prochaine en WEC. António Félix da Costa, lui, trouverait refuge chez Cadillac, avec qui il retrouverait le team Jota.
Alpine rejoint le cimetière des programmes gâchés après le refus de Geely

Depuis les débuts de l'Hypercar (incluant le GTP du côté des États-Unis) et à partir de 2027, six programmes constructeurs seront tombés en désuétude, par la faute de contexte divers. Les "privés" qu'étaient Glickenhaus, Vanwall et Isotta Fraschini ont logiquement subi le rapport de force avec les grandes marques venues en nombre.
Porsche a laissé tomber le WEC pour se concentrer sur l'IMSA, en n'ayant pas non plus de certitudes que les 963 poursuivent au-delà de 2027. Le tout sur fond de crise financière (officiellement) alors que deux teams usine sont prévus en Formula E.
Lamborghini aurait pu faire de belles choses. Mais son unique année complète en WEC a tourné court, avec des relations avec Ligier et Iron Lynx qui se sont tendues tant et plus. Et enfin, Acura va remettre au placard l'ARX-06 en IMSA, en plus d'avoir annulé une présence en mondial au dernier moment pour l'année prochaine, sous le nom Honda. Ce qui a en même temps privé Inter Europol d'une promotion en Hypercar.
Dans le cas d'Alpine, il s'agit surtout d'un reniement de tout le travail orchestré par Signatech et toutes les personnes évoluant sous les ordres de Philippe Sinault. La structure de Bourges aurait pu reprendre à son compte les A424. Hélas, la réglementation Hypercar oblige à ce qu'une voiture soit obligatoirement liée à un constructeur automobile. Et ce cas de figure montre les limites de cette directive.