La toute première Aston Martin conçue sous la houlette d’Adrian Newey a fait ses débuts lors du Shakedown de Barcelone la semaine dernière. Une monoplace que l'on dit extrême dans son développement, ce qui n'étonne personne avec le sorcier Newey à la barre.
Lance Stroll et Fernando Alonso y ont bouclé leurs premiers tours, après un hiver aussi dense qu’un roman-fleuve, marqué notamment par le début du partenariat moteur usine avec Honda. La nouvelle Aston Martin AMR26 sera dévoilée le 9 février prochain.
Newey, le sorcier opère chez Aston Martin
Arrivé en mars dernier comme Managing Technical Partner, juste avant la mise en service du nouveau soufflerie, Newey raconte un chantier mené tambour battant : « Nous avons travaillé dans un calendrier extrêmement compressé, avec dix mois d’une intensité rare. » Il faut dire que 2026 marque une révolution sans précédent : « C’est probablement la première fois dans l’histoire de la F1 que les règlements moteur et châssis changent simultanément. Un défi colossal pour tout le monde, mais peut-être encore plus pour nous. »
Aston Martin n’a pu placer son premier modèle 2026 en soufflerie qu’à la mi-avril, quand la plupart des rivaux y travaillaient déjà depuis janvier. Un retard de quatre mois, synonyme d’un cycle de recherche et de conception « ultra comprimé », et d’une monoplace assemblée « à la dernière minute » pour pouvoir être présente à Barcelone.
Interrogé sur les fondements de la voiture, Newey confie ne pas savoir si les autres équipes suivront une voie similaire : « C’est tout le sel d’un nouveau règlement : découvrir ce que chacun a imaginé. » Plusieurs concurrents ont déjà remarqué l’audace de l’AMR26. Newey le reconnaît : « La direction que nous avons prise peut être perçue comme agressive. La voiture comporte plusieurs éléments jamais vus auparavant. »
Et fidèle à sa signature, il a poussé la compacité à l’extrême : « La voiture est très serrée, bien plus que tout ce qui a été tenté ici. Cela a exigé une collaboration étroite avec les ingénieurs mécaniques, qui ont vraiment adhéré à cette philosophie. Ils n’ont pas eu la tâche facile, mais ils ont relevé le défi. »
Quant aux attentes pour le début de saison, Newey reste mesuré mais optimiste : « Nous avons essayé de construire une voiture avec un fort potentiel de développement. Ce qu’il faut éviter, c’est une monoplace très optimisée dès le départ mais qui n’évolue plus. Nous avons misé sur les fondamentaux, en sachant que les appendices — ailerons, carrosserie — pourront évoluer en cours d’année. »