Première équipe entièrement nouvelle à rejoindre la F1 depuis Haas en 2016, Cadillac a disputé son tout premier Grand Prix à Melbourne. Bilan d'un week-end remarquable.

Cadillac est entré dans l'histoire de la Formule 1 à Melbourne, devenant la première équipe entièrement nouvelle à fouler la grille de départ du championnat du monde depuis l'arrivée de Haas, il y a déjà une décennie, en 2016. Un baptême du feu sous le soleil australien, avec ses joies, ses déboires et la fierté intacte d'avoir existé.

Si Valtteri Bottas n'a pas vu l'arrivée, contraint à l'abandon en bord de piste sur problème de circuit de carburant, Sergio Pérez a lui franchi la ligne d'arrivée en seizième position, trois tours derrière le vainqueur, certes, mais bel et bien à l'arrivée. Pour une première, c'est déjà une victoire en soi.

Un week-end maîtrisé pour Cadillac, malgré les embûches

Aligner une voiture aux essais est une chose. En aligner deux sur la totalité d'un week-end de Grand Prix en est une autre. Cadillac a relevé ce défi avec une certaine maîtrise, traversant trois séances d'essais libres relativement propres, à l'exception d'un tête-à-queue surprenant de Pérez en EL1. En qualifications, les deux voitures ont été éliminées dès le Q1, sans grande surprise, mais les deux pilotes ont réussi à boucler plusieurs tours lancés en pneus tendres, une performance loin d'être anodine pour une nouvelle équipe. Avec Carlos Sainz (Williams) et Lance Stroll (Aston Martin) contraints au forfait pour problèmes techniques, Cadillac a même affiché une fiabilité remarquable lors de cette première séance éliminatoire.

Le jour de la course, le sort s'est montré plus cruel. La fiabilité a finalement eu raison de Bottas, son problème de système d'alimentation en carburant l'envoyant dans l'herbe avant l'heure. Mais Cadillac n'était pas seul à souffrir ce dimanche-là : Isack Hadjar (Red Bull) et Fernando Alonso (Aston Martin) ont également abandonné, tandis que Nico Hülkenberg n'a même pas pris le départ pour Audi. Pérez, lui, a tenu bon jusqu'au bout, terminant seizième, devant Stroll, offrant à l'équipe américaine un premier point de départ solide pour construire la suite.

Les mots de ceux qui ont vécu l'histoire

Bottas et Pérez incarnent à eux deux un formidable capital d'expérience, vainqueurs de multiples Grands Prix, anciens piliers des grandes écuries. Ils n'ont aucune illusion sur l'ampleur du chemin à parcourir, mais affichaient tous deux une fierté sincère après cette première.

Nous avons fait l'histoire en tant qu'équipe aujourd'hui, a déclaré Bottas. Notre tout premier week-end de Grand Prix, et nous sommes là, nous courons et c'est un moment de fierté pour tout le monde. C'est dommage que ma course ait été écourtée par un problème de système de carburant, mais nous avons beaucoup appris. L'équipe a fait un excellent travail pour amener la voiture de Checo à l'arrivée. Il y a encore beaucoup de positif à retenir de ce week-end, et ce n'est que le tout début de ce voyage ensemble. J'ai adoré ce processus et j'ai hâte d'être en Chine pour repartir.

Pérez, lui, voyait déjà plus loin : « Terminer la course est incroyable, une vraie réussite, un an seulement après la confirmation de notre entrée en championnat. Maintenant que c'est fait, il faut passer à la vitesse supérieure et ajouter de la performance pour pouvoir vraiment se battre. Nous ressentons une vraie compétitivité au sein de l'équipe et c'est l'état d'esprit qu'il nous faut pour combler l'écart et viser quelque chose de grand. »

Une longue aventure qui ne fait que commencer

Le directeur de l'équipe Graeme Lowdon connaît la Formule 1 comme sa poche, il sait mieux que quiconque combien elle peut être impitoyable. Il n'a jamais sous-estimé la difficulté de bâtir une nouvelle écurie de zéro. La stratégie de Cadillac est claire : accumuler les données, apprendre à chaque course, avant de viser un jour la bagarre du milieu de grille qui, à l'issue de ce premier Grand Prix, s'annonce d'une densité et d'une férocité redoutables.

Je suis vraiment satisfait de la performance de l'équipe, a-t-il confié après la course. Nous avons eu des problèmes avec la voiture de Valtteri, c'est vraiment dommage. Mais c'était formidable de voir la Cadillac Formula 1 Team ramener sa première voiture à l'arrivée. Nous faisons face à une concurrence incroyable, pour laquelle nous avons un immense respect mais j'ai une foi énorme dans l'équipe que nous construisons ici. C'est un très bon début de voyage.

Un parcours qui doit mener, à terme, à l'utilisation d'un groupe motopropulseur General Motors maison (prévu pour 2029) en remplacement des unités Ferrari qui motorisent l'équipe cette saison. Cadillac ne fixe pas de cible publique pour 2026, et Lowdon assume cette prudence : « Une nouvelle équipe qui rejoint la Formule 1, ça n'arrive pas souvent, il y a donc très peu de précédents. Il est très difficile de faire comprendre à quel point la F1 est difficile autrement qu'en le répétant encore et encore. C'est incroyablement compétitif. Nous courons contre les meilleurs du monde alors déjà être là, gagner leur respect, et puis oui, au fil du temps, les défier. Il faut bien commencer quelque part. »