L'instance dirigeante a blanchi ses protocoles tout en détaillant l'origine technique de la panne géante qui a perturbé le départ du Grand Prix de Bahreïn délocalisé en Malaisie.

Plongée dans les coulisses d'une crise résolue au chronomètre, entre chronologie millimétrée et correctifs d'urgence.

La FIA dévoile les conclusions du bug de Sepang

Dimanche après-midi, le chronomètre s'est emballé dans les travées de Sepang. À 15h45, la procédure de départ a été suspendue après deux tours de formation, plombée par des pertes de puissance en cascade sur plusieurs monoplaces. Tels des horlogers de précision, les techniciens de la FIA n'ont eu besoin que de cinq minutes pour identifier le mal et libérer une configuration logicielle actualisée dès 15h50.

Vingt-trois minutes après l'interruption, de nouvelles directives techniques ont guidé les écuries sur l'installation du système. Ce travail d'orfèvre a permis aux concurrents de boucler l'intégration pour être fin prêts vingt minutes plus tard, menant au signal des dix minutes à 16h22 avant que la voie des stands ne s'ouvre enfin à 16h33.

Le rapport d'enquête lève le voile sur les ratés de la procédure de départ : les monoplaces évoluant à bas régime dans des secteurs spécifiques soumis à une réduction de puissance de 250 kW ont subi une baisse d'énergie inopinée et impossible à récupérer dans ces portions. Face aux murmures pointant un manque de tests en amont, la FIA a tenu à recadrer les faits avec fermeté, rappelant que le progiciel avait été validé sur simulateur puis éprouvé grandeur nature lors des premiers essais libres en Belgique et aux Pays-Bas.

Vers des protocoles de validation blindés

Pour l'avenir, la prudence devient le maître-mot et si des conditions météorologiques similaires se présentent à Singapour, la configuration de Sepang sera reconduite, tandis qu'un patch ciblé verra le jour le 25 octobre pour le Grand Prix des États-Unis. Afin d'immuniser la discipline contre de futurs couacs, l'instance dirigeante s'engage à renforcer ses filets de sécurité en matière de tests en tandem avec les motoristes et le fournisseur de l'unité de contrôle électronique (ECU). Une partition collective saluée par la fédération, dont la réactivité exemplaire a permis de sauver la mise et de garantir la sécurité de la course.

Nikolas Tombazis, responsable de la F1 à la FIA, qui avait qualifié le correctif déployé dimanche de « travail précipité », mais néanmoins « très compétent », avait déjà déclaré après la course en Malaisie que la première version du logiciel dédié aux conditions de pluie « avait été testée, mais simplement pas dans ces conditions spécifiques ». « Un bug est, par définition, une erreur », a expliqué Tombazis. « Mieux tester les choses permet d’éviter les erreurs. C’est évidemment ce que tout le monde essaie de faire. Parfois, certaines choses passent entre les mailles du filet. On en tire les leçons et on fait mieux la fois suivante. »