Éclairé par un envol fulgurant dans le chaos de Sepang, Esteban Ocon a tutoyé les sommets avant de sombrer dans les profondeurs du classement pour couper la ligne d'arrivée au quinzième rang.

Lors du Grand Prix de Bahreïn disputé sur le tracé détrempé de Sepang, le pilote normand a vécu d'intenses montagnes russes émotionnelles au volant de sa Haas.

Ocon préfère garder "certaines choses pour lui"

Placé en 17e position sur la grille de départ après un coup d'envoi retardé par un déluge diluvien, Esteban Ocon a fait le pari de chausser les pneumatiques intermédiaires. Alors que l'asphalte encore humide piégeait les plus téméraires, le Normand a dompté la tempête pour réaliser un véritable saut de géant jusqu'à la huitième place. Il a ensuite croqué les deux monoplaces Williams pour se propulser au sixième rang. Profitant d'une neutralisation sous voiture de sécurité au neuvième tour, le Français a plongé dans la voie des stands pour chausser des enveloppes tendres sur une piste s'asséchant à vue d'œil.

Au drapeau vert, le Normand a vaillamment défendu son bien avant d'être avalé par la furie des Ferrari et McLaren en pleine remontée, glissant doucement vers les lisières du top 10. Rappelé une deuxième fois à son stand au 29e tour pour chausser les pneus durs, il est ressorti au 11e rang, avant d'effectuer un ultime arrêt au 41e passage pour chausser un dernier jeu de gommes tendres. Malgré une ultime neutralisation regroupant le peloton pour un sprint final de cinq tours, le pilote français a bu le calice jusqu'à la lie en franchissant la ligne d'arrivée à une très décevante 15e place.

Interrogé au micro de CANAL+, Esteban Ocon n'a pas caché sa frustration bien qu'il n'a pas complètement dévoilé ce qui est allé de travers restant dans les clous de ce qui est permis de dire devant des caméras, mais un discours beaucoup moins corporate que le communiqué d'après-course de l'équipe Haas :

C'était un super début de course car on a bien réussi à régler la voiture pour ces pneus Intermédiaires, on avait une très bonne vitesse, j'ai réussi à doubler beaucoup d'adversaires jusqu'à la sixième place. Maintenant, je ne sais vraiment pas comment on a fait pour tomber de P6 à P15, j'ai ma petite idée mais je vais garder ça pour moi. C'était fort de faire marche arrière comme ça !

On a eu un problème avec la FIA au départ, avec la gestion des voitures à distance via un logiciel. J'ai dû, en quelque sorte faire un restart... comme Windows. On va garder en tête qu'on a maximisé le potentiel de la voiture, mais ça aurait dû payer beaucoup plus que notre résultat du jour. Notre problème se situe sur la dégradation des pneus.