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Les rumeurs, comme dans de nombreux sports médiatisés, sont le fil d'Ariane de la compétition, une composante abstraite, mais ô combien importante à maîtriser pour orienter, parfaire, voire éclore un talent et constituer une belle carrière !
Ce flux de rumeurs en Formule 1 à quoi sert-il ? Existent-elles pour faire vivre les médias, les équipes ou tout simplement la catégorie reine : la F1 ?

D'une manière redondante, nous voyons dans la presse généraliste, et plus spécifiquement celle dédiée à la F1, dont les titres fleurissent et n'utilisant que le point d'interrogation comme contenant, des rumeurs qui pullulent à travers tous les tunnels communiquant jusqu'en desservir le contenu.

Croyez-vous que l'actualité de la F1 (entendre par là, celle, sûre et confirmée) suffirait à remplir les colonnes des médias spécialisés ? Evidemment que non ! Certainement pas assez pour combler la demande d'information journalière par les nombreux lecteurs.
Il est bien loin le temps, où le même lecteur pouvait patienter une semaine avant d'accourir au kiosque à journaux pour chercher son magazine favori, sa bible sportive, afin d'apprendre les dernières nouvelles concernant sa religion.

A présent, et ce depuis la généralisation du Web (la communication 2.0), facilitée par son entrée dans quasi tous les domiciles à travers les ordinateurs et les téléphones connectés (Smartphones) l'information est omniprésente à l’instant "T", et consultable à souhait (enfin quand elle existe), et qu'elle subsiste à travers les réactions des internautes, grâce aux forums et aux réseaux sociaux.
Les spectateurs sont des acteurs passifs, car devenus des consommateurs...

L'exploitation des rumeurs sert donc à construire de l'information souvent inexistante (parfois cela sert à prêcher le "faux" pour avoir le "vrai"), c'est un véritable piège tendu aux équipes adverses pour les obliger à réagir, infirmer ou confirmer, le tout étant de les déstabiliser médiatiquement !
Une écurie de F1 est un véritable moulin communiquant, ils ont toujours quelque chose d'exploitable pour peaufiner leur notoriété. Si les performances sont là, et que l'écurie est dominatrice, ils vont créer de toute pièce une rivalité entre équipiers, qui affectera psychologiquement l'un des deux pilotes. Le contenu est dès lors assuré.
En revanche, si l'écurie n'est pas performante, l'occupation du terrain médiatique est plus périlleuse construite de promesses aux spectateurs, de fautes rejetées sur les partenaires techniques, de recherches de finances, voire parfois l'accusation des pilotes en exerçant sur eux une pression interne...

D'où l'avènement des rumeurs ! Et là c'est un véritable échiquier qui se dresse. Il y a plusieurs scénarios d'exploitation de ces échos :

- La rumeur émane depuis les écuries : Le but étant directement d'affecter un pilote sur le départ, ou une écurie concurrente qui tarde à prolonger ses propres pilotes. En faisant le jeu des agents des pilotes et indiquant qu'une écurie B est prête à s'attacher les services de pilote d'une écurie A, cela constitue une partie de bluff dans les négociations en cours, et augmenter la côte de ce dernier (et donc la partie salariale, du pilote et de l'agent).

- La rumeur provient des médias : Elle n'a de sens et de valeur que pour le média (papier ou internet) pour générer une audience fictive et pauvre. Elle génère des visites sur les pages relatant ces bruits, et donc des dividendes supplémentaires pour l'exploitant de la tromperie. Elle n'a aucune valeur, si ce n'est mettre en émoi le spectateur lambda avide d'un spectacle additif qu'il ne saurait trouver en piste.

- La rumeur émise depuis les instances dirigeantes : Quand il y a un murmure insistant sur les tractations en coulisses, cela ne signifie pas pour autant que tout va aboutir, mais en revanche avec un petit coup de pouce (et de pression) de la part de la FOM, parfois, ce poker menteur accouche de contrats prématurés ou mal ficelés.
Ainsi en fonction des enjeux économique et géo-politiques, certains pilotes aux nationalités concordantes avec la politique interne de l'écurie (et les marchés visés par le constructeur / commanditaire), certains pilotes sont placés dans les baquets pour les leviers qu'il représente. N'oublions pas que, même si les chaises musicales affectent les situations des pilotes, il n'en reste pas moins que le championnat de F1 n'est pas une compétition de pilotes, mais de constructeurs !

Donc en surface, les vagues redondantes des rumeurs arrosent tous les acteurs de la F1, et ils n'en sont pas tous bénéficiaires.
Les premiers servis et ravis, sont les groupes médias, qui naturellement voient là un contenu simple et gratuit de vendre du papier ou de l'espace publicitaire (des encarts publicitaires sur les sites facilement monnayables par l'audience grandissante).
Ceux qui en sont le plus friands, sont les spectateurs, naturellement, qui voient en elles (les rumeurs) un moyen de se divertir autrement que par les résultats (surtout quand ils paraissent déjà joués d'avance...), ceci constituant leur Soap-Opéra moderne et mécanique....qui les mènera à débattre longuement (et inutilement) sur les réseaux sociaux, pour là aussi, constituer du contenu !
Ceux qui en sont les victimes, les pilotes, n'ont que que de moyen de réponse, si ce n'est des résultats probants quand leur monture leur permet. Dans le cas contraire, ils sont les souffre-douleur de ceux qui font et défont les carrières des pilotes. Là, encore, les enjeux dépassent le cadre sportif et mécanique de la discipline. Nombreux sont les pilotes qui ont l'aura de véritables Champions (avec toute la déontologie que cela comprend), mais qui ne l'ont jamais été !
La réciproque inverse est également viable, certains pilotes auréolés, n'étaient que des légendes de bois pour enjôler la renommée de la F1.

La rumeur est donc un bien de consommation, existant car il y a une demande de la part du lecteur qui trouve en elle un moyen d'expression, permettant de se prendre au jeu d'analyse, en essayant d'y démêler le vrai du faux.
La rumeur créé une actualité ludique et distrayante. On ne peut éternellement la dénigrer, car elle nous permet d'interagir, parfois même d'expliquer des situations trop complexes pour le spectateur lambda. Et ceci dans de nombreux domaines, comme les contrats pilotes, les transferts aux intersaisons, les évolutions techniques concernant les unités de puissance, ou encore les nouveaux sites accueillant de futurs circuits et accord commerciaux.

La rumeur ne nuit pas à la Formule 1, elle en atténue au pire, l'ennui, au mieux, la badauderie.