Le directeur de la Scuderia, Fred Vasseur, revient sur la décision de ne pas s'arrêter sous la voiture de sécurité virtuelle (VSC), et dresse un bilan nuancé mais encourageant du Grand Prix d'Australie.
Fred Vasseur a pris la parole après le Grand Prix d'Australie pour disséquer la stratégie Ferrari et tracer les premiers contours d'une saison qui s'annonce longue mais pas sans promesses.
Un choix cornélien sur la VSC à Melbourne
Charles Leclerc et Lewis Hamilton avaient pourtant démarré sur les chapeaux de roues. Le Monégasque s'était immédiatement lancé dans un duel avec George Russell pour la tête de course, tandis que Hamilton bondissait de la septième à la troisième position dès les premiers virages, l'un des meilleurs départs de toute la grille. Mais c'est là que la route de Ferrari bifurqua.
Lorsque la voiture de sécurité virtuelle fit son apparition, les rivaux de la Scuderia s'engouffrèrent dans les stands pour chausser des pneumatiques neufs. Ferrari, elle, choisit de rester en piste et d'allonger ses relais. Un pari qui, rétrospectivement, laisse Vasseur sur sa faim sans pour autant le faire douter.
Nous avons ciblé l'optimum pour nous, et cet optimum était de prolonger, a-t-il expliqué à l'issue de la course. Maintenant, nous sommes aussi un peu surpris. Je pense que Mercedes également avec la durée de vie des pneus, nous aurions pu faire 300 tours aujourd'hui. Mais c'est ainsi. Je pense qu'ils avaient quand même, durant la course, un delta de performance sur nous. Le problème, c'est la VSC, le choix, et la vitesse pure.
Difficile de réécrire l'histoire après coup. Vasseur préfère donc regarder devant lui, et lister les enseignements à tirer avant les prochaines manches, notamment en matière de performance en qualifications, où Ferrari accusa un retard de huit dixièmes le samedi.
Le sentiment est plutôt positif. Nous avons eu un samedi difficile, je pense que nous n'avons pas tout mis ensemble hier. Huit dixièmes de retard, c'était assez sévère mais nous en avons rattrapé une partie aujourd'hui. C'est bien d'avoir deux voitures qui se battent au sommet. Nous savons que nous avons une très longue liste d'améliorations, mais c'est vrai pour nous comme pour tout le monde sur la grille.
Et Vasseur d'enfoncer le clou avec une philosophie de saison : « Le résultat final dépendra de notre capacité à développer la voiture, à amener des évolutions, à produire vite. Ce sera la clé de la saison pour tout le monde. Je préfère démarrer en bonne forme plutôt qu'en mauvaise forme mais le chemin est encore long. »
Si la vitesse sur un tour était significativement inférieure à celle de Mercedes, Ferrari possédait en revanche un avantage indéniable au départ, ce qui s'est révélé déterminant dans le résultat final. Hamilton a franchi la ligne d'arrivée avec 35 secondes d'avance sur Lando Norris et sa McLaren, une marge qui témoigne d'une gestion de course solide, sinon d'une domination pure.
Sur la qualité de ce départ, Vasseur a tenu à nuancer l'enthousiasme : « Nous nous attendions à avoir un bon départ, mais c'est vraiment à la limite. La fenêtre est très étroite. Le départ était bon, mais ce n'est pas une garantie pour la saison. En qualifications, honnêtement, nous n'avons pas réalisé la meilleure session de notre vie. »
Mais nous étions là, et aujourd'hui le rythme de course était probablement un peu meilleur. C'est difficile, mais si on compare avec McLaren, Red Bull et Mercedes, nous avons probablement fait un pas en avant en rythme de course. Cela dit, ce n'est qu'un événement, le premier et nous avons une liste considérable de choses sur lesquelles nous sommes convaincus de devoir mieux travailler.
Avant de conclure, les yeux déjà tournés vers Shanghai : « C'est vrai aussi pour mes concurrents, j'en suis sûr. La semaine prochaine, la Chine sera une tout autre histoire. En termes de gestion d'énergie, c'est presque l'opposé. Les conditions seront bien plus froides et nous aurons le format Sprint, ce qui signifie beaucoup moins de temps pour adapter la stratégie. Ce sera un exercice complètement différent. Rendez-vous la semaine prochaine. »