Mercredi, le MotoGP a annoncé un nouveau format pour les week-ends de course à partir de 2027. Les pilotes n'ont pas manqué de réagir à cette nouvelle, certains en profitant pour régler leurs comptes.

A partir de la saison prochaine, il n'y aura plus de Practice le vendredi après-midi, il n'y aura plus de warm-up le dimanche matin. A la place, le vendredi sera composé de deux séances d'essais libres suivies par les qualifications de la Sprint. Le lendemain, il y aura les derniers essais libres avant une Q1 avec tous les pilotes et une Q2 avec les 12 meilleurs de la première partie des qualifications. La Sprint a lieu le samedi après-midi. Le dimanche, avant le Grand Prix, les pilotes pourront effectuer plusieurs tours de reconnaissance pendant dix minutes.

Interrogé dans le paddock de Mandalika, Carlos Ezpeleta, directeur général adjoint du MotoGP Sports Entertainment Group, explique les coulisses de cette décision.

"Les équipes nous ont contactés à Misano pour revoir le programme du week-end en vue de ce qui sera le prochain chapitre du MotoGP avec la nouvelle réglementation. Les constructeurs ont formulé plusieurs demandes, notamment une réduction du temps de piste. La proposition venait donc des équipes, et l'objectif était de ne pas augmenter le niveau de risque par rapport à aujourd'hui tout en offrant une meilleure expérience aux médias et aux fans", indique-t-il en Indonésie.

Loris Capirossi, conseiller à la sécurité en MotoGP, rejoint les propos de Carlos Ezpeleta et va plus loin en parlant des économies que les équipes vont réaliser avec ce nouveau format.

"Disons que l’objectif principal était de réduire le temps passé en piste, une nécessité imposée par les constructeurs. Avec les nouveaux horaires, nous avons considérable réduit le temps de roulage des pilotes, ce qui contribue certainement à une légère réduction des coûts, car les moteurs tournent moins vite et coûtent donc moins cher. Au final, les changements ne sont pas énormes, ce ne sont que des petits détails", indique-t-il.

Une annonce qui ne ravit pas tous les pilotes

En Indonésie, les pilotes se sont exprimés sur le sujet. Trois pilotes n'ont pas mâché leurs mots quant à la décision prise par l'ancienne Dorna, et les trois sont originaires d'Espagne ! Au sein de la famille Márquez, on prône le "marche ou crève". Le plus vieux des frères explique que les pilotes n'ont pas "décidé de cela" et qu'ils doivent "s'adapter". Alex va plus loin en expliquant que la voix des pilotes n'est pas écoutée.

"Notre avis ne changera rien à la décision prise ; personne ne nous l'a demandé. Soit on accepte, soit on part . Quand on nous a annoncé l'introduction de la Sprint, on a insisté pour qu'il ne soit disputé que sur la moitié des Grands Prix, mais finalement, il est présent sur tous. J'ai beau dire ce que je veux, ça ne changera rien", déclare le pilote Gresini Ducati.

Pedro Acosta rejoint l'avis des frères Márquez. "Nous n'avons pas le choix, peu importe notre avis", explique-t-il. "Je comprends ce format si nous avons la moitié des courses sprint. Mais le problème, c'est que nous avons déjà beaucoup de courses."

Du côté d'Enea Bastianini et de Fabio Quartararo, on déplore d'autres problèmes avec ce nouveau format, bien que l'idée d'une double séance de qualifications soit bien accueillie. Pour le pilote italien, c'est la gestion du week-end de course qui pose problème tandis que le Champion du Monde 2021 déplore le manque de temps en piste. Il va même plus loin en déclarant que si le MotoGP veut s'inspirer de la F1, il faut aussi s'inspirer "de leur temps en piste".

Nicolò Bulega, qui va faire ses débuts en MotoGP la saison prochaine, explique que le nouveau format "sera exigeant et très stressant". "Les débutants n’ont pas le temps de progresser durant le week-end", ajoute le futur pilote de l'équipe de Valentino Rossi. 

Portrait de Marc Marquez

Un changement positif pour d'autres pilotes

Si certains ne sont pas d'accord avec ce nouveau format, d'autres n'hésitent pas à en dire du bien. C'est le cas de Marco Bezzecchi qui trouve ce "changement positif".

"Je pense que c'est un changement positif. Physiquement difficile, très exigeant, mais c'est bien d'avoir deux séances de qualifications, car parfois on peut avoir un mauvais vendredi et risquer de gâcher deux courses, alors que, à partir de l'année prochaine, ce ne sera plus le cas", explique le pilote italien.

Luca Marini rejoint son compatriote, en expliquant que "ce changement pourrait être positif" et que les pilotes réclament "deux séances de qualifications depuis l'introduction de la Sprint".

De son côté, Raúl Fernández "ne pense pas que ce soit un mauvais format pour le MotoGP" mais qu'il sera éprouvant pour les pilotes. Il ajoute également que l'intensité accumulée durant les week-ends pourrait devenir excessive.

Francesco Bagnaia dézingue les pilotes

Francesco Bagnaia n'a pas manqué de remettre les pendules à l'heure ! Le pilote Ducati explique que Carlos Ezpeleta a présenté le nouveau format au Japon, lors de la Commission de sécurité.

"Nous, les quatre pilotes membres de la Commission de sécurité au Japon – comme toujours –, étions tous d'accord sur le nouveau format. Nous en avons discuté ; tout était clair et nous comprenions les raisons de ce changement", indique-t-il.

Cependant, le futur pilote Aprilia n'est pas d'accord sur un point : le dimanche matin. Il estime que le warm-up doit être rétabli. "Il devait en parler avec les équipes, mais je pense que c'est encore possible", ajoute "Pecco".

Un autre pilote s'est exprimé sur la Commission de sécurité : Fabio Di Giannantonio. "J'ai cessé d'aller à la Commission de sécurité car j'ai constaté qu'il était très difficile de faire avancer les choses concernant nos demandes", explique le pilote italien. "En fait, nous étions très proches de créer une sorte d'association de pilotes, mais certains ont mis des bâtons dans les roues et, finalement, nous n'avons pas réussi à concrétiser le projet. Face à cette situation, j'ai décidé de consacrer ce temps à ma récupération physique et à mon travail dans les stands."