Le sport automobile regorge de belles histoires. Celle d’Alexandre Peroche en est une. À 29 ans, le Français vient de faire ses premiers pas sur la Nordschleife. Après des années au volant de différentes voitures, cette nouvelle étape est la consécration d’un projet lancé avec peu de moyens mais une motivation inépuisable.

Ne lui parlez pas de karting, de formation classique ou de parcours en monoplace. Alexandre Peroche a commencé le sport automobile sur le tard. Son adolescence, il l’a passée sur les terrains de basket, rêvant d’une vie d’athlète professionnel.

Alexandre Peroche, l'art d'accéder au sport auto

« Après avoir manqué les détections à Strasbourg, je me suis intéressé de plus en plus au sport automobile. Je suis d’abord un fan de voitures. Mon amour pour le pilotage est venu plus tard. » S’il s’est un temps imaginé devenir pilote de Formule 1, les budgets demandés l’ont vite ramené à la raison.

« Au départ, je cherchais un moyen de travailler dans le sport auto. Je visais le métier d’ingénieur, via le programme d’apprentissage Mercedes. » À cette époque, il débutait les courses de karting de location en SWS. « À force de rouler, j’ai vite compris que je voulais être au premier plan, derrière le volant. J’ai eu du mal à l’admettre au début, mais je ne me voyais que dans ce rôle. Je me débrouille toujours pour faire les choses à mon niveau »

Le karting ne lui suffisant plus, Alexandre Peroche décide de tenter sa chance en voiture. Pour cela, il contacte Le Faucheur Racing Team. « Je me suis retrouvé à mettre un message sur un post Facebook de l’équipe. Tristan Derrien Le Faucheur m’a répondu. Il m’a conseillé de rejoindre l’équipe, pour voir ce que nous pouvons faire ensemble. » Cette rencontre a changé son rapport au milieu, puisque plusieurs portes dans le milieu du sport auto se sont ouvertes à lui.

Que ce soit en tant que passionné ou en tant que pilote, l’Alsacien est entré dans des brèches « difficilement atteignables. J’ai fait de la Fun Boost en 2020, puis de la F4 ensuite. J’ai aussi pu tester un Proto CN. La Fun Boost m’a souvent permis de continuer à rouler en attendant d’avoir d’autres opportunités. »

Malgré un budget modeste, Alexandre Peroche a sans cesse gravi les échelons. « Je me débrouille toujours pour faire les choses à mon niveau. Le sport auto est bien plus large qu’on ne le croit. Il faut faire des sacrifices pour vivre sa passion. Se tourner vers des catégories qui ne nécessitent pas des budgets colossaux permet quand même de rouler. Je mets l’argent que je peux mettre sans que ma vie soit entre parenthèses. »

Les réseaux sociaux comme diffuseur de ses aventures

Suivi par des milliers de followers sur les différentes plateformes, Alexandre Peroche a créé une véritable communauté autour de son aventure. « C’était un choix dès le départ. Je suis conscient qu’il fallait que je me débrouille pour générer de l’argent. Si mon contenu touche des gens, mathématiquement, les chances de recevoir des financements augmentent. »

À travers des vidéos YouTube, des réels Instagram racontant son histoire et les coulisses de sa vie de pilote, il souhaite aussi être une source de motivation : « Nous ne sommes pas millionnaires mais nous pouvons faire ce que nous aimons à notre échelle. Le message que je veux véhiculer est celui-là. Des gens m’ont motivé par le passé. Si grâce à mon contenu, je peux en inciter d’autres à se lancer, j’aurai tout gagné. »

Une première expérience sur la Nordschleife en attendant les prochaines

Début août, Alexandre Peroche a atteint le début de son objectif final. Sur la route des 24 Heures du Nürburgring, le premier contact avec le légendaire et tout aussi exigeant tracé allemand est un passage obligatoire. Encadré par un instructeur, au volant d’une Golf GTI 7.5, le Français a vécu cela comme un « véritable accomplissement. Plein de gens m’ont peut-être pris pour un fou avec tout ce que je dis sur internet, mais après plusieurs années de travail, j’ai réussi à atteindre l’endroit où je voulais être. Cela fait vraiment du bien. »

Sur une piste qui « fait peur », Alexandre a bataillé contre lui-même, contre le circuit, pour réaliser son rêve. Son esprit est déjà tourné vers la saison prochaine : « Je vais sacrifier le début de l’année pour me laisser le temps de constituer un budget solide. C’est un choix que je fais dès à présent. En 2027, je veux m’engager dans le championnat RCN. » Son engagement se fera au sein d’une coupe monomarque composée uniquement de BMW E90.

« Je vais entretenir mon niveau de performance physique et de pilote, via le simulateur. Le prochain roulage est dans longtemps, sauf si d’autres opportunités se présentent. Je vais m’armer de patience et m’imaginer de retour sur ce circuit. »

Lorsqu’il est temps d’évoquer les années futures, Alexandre Peroche se voit : « toujours sur la Nordschleife ! Le projet à moyen terme est d’être éligible au NLS. Pour cela, je vais devoir faire une ou deux années en RCN afin d’avoir le kilométrage requis pour passer le permis B. Cela me rendrait éligible aux 24 Heures du Nürburgring. D’ici cinq ans, j’espère pouvoir tenter cette course légendaire une première fois en Porsche Cup ou en GT4. » Parti de peu pour arriver au sommet, le projet se veut ambitieux mais la passion débordante d’Alexandre Peroche le conduira sans doute jusqu’au double tour d’horloge le plus difficile du monde.