Un nouveau constructeur quitte la scène du WEC dès 2027 : Alpine, pourtant en constante progression, n'a pas reçu le soutien du nouveau directoire de Renault, qui ferme à la fois Viry-Châtillon et le robinet de l'endurance.

Les passionnées de sport automobile parleront à juste titre d'un immense gâchis. Plein de promesses et d'ambitions légitimes, Alpine avait débarqué sur la scène de l'endurance au côté des autres constructeurs, en faisant montre d'une belle progression.

Seulement, la nouvelle direction du groupe Renault a tout bonnement décidé d'arrêter les frais, en arrêtant les activités actuelles de Viry-Châtillon pour accélérer la croissance du segment Alpine Tech. Ainsi s'exprimait Philippe Krief, CEO d'Alpine, dans le communiqué officiel transmis jeudi après-midi.

« Nous avons dû prendre des décisions difficiles pour protéger les ambitions à long terme d'Alpine. D'un côté, l'industrie automobile – et en particulier le marché des véhicules électriques – connaît une croissance plus lente que prévu. De l'autre côté, pour réussir sur le long terme, nous devons poursuivre nos investissements dans la gamme de produits et la marque Alpine. En conséquence, nous devons prendre des mesures décisives et claires afin de créer une marque avec un avenir durable.

En tant qu'équipe, nous devons tous chez Alpine concentrer nos efforts sur ces défis. Concernant le sport auto d'Alpine, bien que nous regrettions de ne pas pouvoir continuer en WEC après cette saison, nous concentrer sur la Formule 1 nous offre une plateforme unique à partir de laquelle nous pouvons accroître la notoriété de la marque conformément à nos ambitions en matière de croissance produit et marché. L'esprit de compétition fait partie de l'ADN d'Alpine, dans tous les aspects de l'entreprise. Par conséquent, je suis convaincu que nous continuerons à nous battre jusqu'à la toute dernière seconde, de la toute dernière course dans laquelle nous serons engagés toute l'année 2026. »

Le retrait d'Alpine n'interrompt pas la tendance que connaît l'Hypercar d'une année sur l'autre : la perte de Glickenhaus et Vanwall en 2023, d'Isotta Fraschini en 2024, puis de Porsche l'an dernier. À ceci près que, cette fois, ni la BoP, ni les coûts d'un programme Hypercar ni le manque de résultats ne sont en cause. Et c'est d'autant plus dommage pour un projet comme Alpine, qui avait réellement les moyens de briller au plus haut niveau.

Le Mans ou la F1 : Alpine a choisi

Le programme Hypercar d'Alpine est donc sacrifié sur l'autel de la rentabilité. Les affinités de François Provost, le nouveau PDG du groupe Renault, avec le sport automobile ne sont pas connues pour être cordiales. Et pourtant, cet arrêt de l'endurance sonne comme un reniement de l'histoire de la marque dans la discipline, elle qui a décroché la timbale au Mans en 1978.

Surtout que le discours quant au devenir du programme n'étaient pas les mêmes lorsqu'Alpine a décroché la victoire à Fuji, avec Charles Milesi, Ferdinand Habsburg et Paul-Loup Chatin. Il reste que le WEC n'offre pas la visibilité suffisante pour les constructeurs, contrairement à la F1.

Ainsi, la A424, incarnation d'un véritable effort d'usine, quittera le circuit. Alors que la F1, qui n'a plus d'Alpine que le nom, continue, pour une raison tenant en deux mots et beaucoup de chiffres : deux milliards. Soit la cote de l'écurie à l'heure actuelle.

La dernière question sera de savoir si les prototypes bleus courront toute la saison ou si les 24 Heures du Mans, en juin prochain, marqueront la fin d'une aventure d'à peine trois saisons...voire deux saisons et demie.