L'Association Mondiale des Pilotes de Rallye vient de dénoncer les dérives de la FIA sur les amendes données aux pilotes pour un langage jugé abusif ou inapproprié.
Les pilotes et copilotes de rallye de WoRDA (World Rallye Driver Association), inspirés par leurs collègues du GPDA (en F1), s'unissent en créant cette association pour exprimer leur opinion, rechercher de la clarté et coopérer pour un avenir meilleur.
Les pilotes de Rallye se rebellent face à la FIA
Avant de dénoncer les récentes amendes distribuées aux pilotes pour un langage abusif, le WoRDA tient à rappeler qu'ils sont en accord pour respecter les décisions des commissaires sportifs. Leur communiqué ne remet pas en question leur probité. Ils profitent également pour rappeler que certains d'entre eux, ne sont pas des pilotes professionnels à plein temps, et pourtant ils affrontent tous les mêmes conditions extrêmes avec la même passion inébranlable.
Ils mettent en lumière également que le rôle qui est le leur a évolué ces dernières années. Aujourd'hui, on leur demande d'être des animateurs, des créateurs de contenus, parfois au-delà de leur compétence de pilotage. Ils se doivent d'être disponible en permanence pour les médias, matin, midi et soir.
Mais, ces derniers mois, une augmentation alarmante de la sévérité des sanctions imposées pour des écarts de langage mineurs, isolés et involontaires a été constatée. Ce niveau de sanction est devenu inacceptable.
Cependant les pilotes dénoncent ces amendes car ils considèrent qu'un langage familier ne peut être considéré et jugé comme équivalent à une véritable insulte ou un acte d'agression. De plus, les personnes dont ce n'est pas la langue maternelle peuvent utiliser ou répéter des termes sans pleinement en comprendre le sens et la connotation. Et parfois, quelques secondes après une montée extrême d'adrénaline, il est irréaliste d’attendre un contrôle émotionnel parfait et systématique.
Et dans le niveau de risques pris par les athlètes dans les compétitions de rallye, entre l'intensité de la concentration, la durée des journées, il est compréhensible que parfois les limites sont dépassées.
Où va l'argent des amendes ?
C'est donc dans un tel contexte, que les pilotes de Rallye remettent en question la pertinence d’imposer toute forme de sanction. De plus, les amendes exorbitantes sont largement disproportionnées par rapport aux revenus moyens et aux budgets en rallye. Ces derniers s'inquiètent aussi de l’image publique que ces sommes excessives véhiculent auprès des fans, suggérant que l’argent est un élément sans importance dans cette industrie.
Et les pilotes soulèvent encore une autre question : où va l’argent de ces amendes ? Le manque de transparence ne fait qu’amplifier les inquiétudes et affaiblir la confiance dans le système. Il est certain que les impressions négatives entourant ces sanctions l’emportent largement sur l’impact d’un simple écart de langage.
Le WoRDA souhaite une communication directe entre le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem (ex-rallyeman) afin de trouver une solution acceptable et urgente. Pour autant, les pilotes risquent de se heurter à un mur, tant la FIA s'est récemment donné les pleins pouvoir et a durci le règlement pour justement imposer de plus fortes amendes pour ces "insultes" qui échapperaient aux pilotes dans le feu de l'action.
Cette missive de l'association des pilotes de Rallye fait directement suite à la pénalité de 10 000 € reçue par Adrien Fourmaux pour simplement avoir dit le mot "we fucked up" littéralement en français 'nous avons merdé" que la FIA a jugé comme le nouveau fléau à combattre, tant l'urgence sur d'autres sujets leur parait secondaire...