Thierry Neuville a pris les commandes du Rallye de Croatie samedi après‑midi, profitant d’un enchaînement de crevaisons et de chaos pour détrôner Sami Pajari et s’offrir une avance colossale avant la dernière journée.
Le Rallye de Croatie a basculé samedi. Parti le matin avec 13,7 secondes de retard sur Sami Pajari, Thierry Neuville a terminé la journée avec une avance de 1'14"5 s sur Takamoto Katsuta, tandis que Pajari (leader depuis vendredi) a chuté à la troisième place après avoir dû changer une roue dans l'ES14. Une après‑midi dantesque, où les routes dégradées ont transformé la lutte pour la victoire en véritable loterie.
Chaos total au Rallye de Croatie
La matinée avait pourtant confirmé la solidité de Pajari. Sur des routes couvertes de feuilles, très sales et à l’adhérence changeante, le Finlandais contenait Neuville et Katsuta. Katsuta avait brièvement repris la deuxième place dans l'ES10, mais Neuville avait répliqué dans la nouvelle spéciale de Generalski Stol – Zdihovo, retrouvant son statut de principal rival. À la mi‑journée, Pajari menait encore de 12,4 secondes, Katsuta restant à 25,1 secondes. Derrière, Hayden Paddon consolidait un excellent quatrième rang, tandis qu’Adrien Fourmaux voyait son week‑end empirer avec un abandon dans l'ES12, suspension arrière gauche brisée après une sortie large.
Mais l’après‑midi a tout changé. Dans l'ES13, Katsuta signait le meilleur temps et réduisait légèrement l’écart sur Neuville. Pajari, lui, restait calme. Puis vint l'ES14, et le rallye explosa. Les routes, ravinées et jonchées de pierres, ressemblaient davantage à un rallye terre. Résultat : Jon Armstrong s’arrêtait pour changer une roue, Hayden Paddon crevait à l’avant gauche, Katsuta crevait lui aussi et surtout… Pajari devait s’arrêter, perdant plus de deux minutes.
Neuville héritait alors du leadership, qu’il ne lâchera plus. « Tout s’aligne ce week‑end », confiait-il. « La voiture se comporte mieux que sur les autres rallyes. On a pu progresser étape après étape. Les conditions sont très difficiles, mais on a réussi à garder un bon rythme. » La deuxième place de Takamoto Katsuta doit beaucoup à sa discipline. Frustré par sa crevaison, le Japonais a néanmoins gardé son sang‑froid et se retrouve désormais le mieux placé pour tenter de contrer Neuville dimanche. « C’était une vraie loterie », résumait-il. « Même en rallye terre, on n’a pas autant de pierres. »
Avant le chaos de l’après‑midi, les chronos bruts avaient été dominés par Oliver Solberg. Reparti après son abandon de vendredi, il avait remporté toutes les spéciales de l'ES9 à l'ES12, avant qu’une crevaison ne mette fin à sa série dans l'ES13. Elfyn Evans, également hors du général après son crash de vendredi, a conclu la journée par un scratch dans l'ES16, tandis que Jon Armstrong confirmait sa montée en puissance malgré ses propres ennuis. Chez M‑Sport Ford, Josh McErlean a vécu un calvaire : incendie dans l’habitacle, crevaisons à répétition, problèmes électriques… Il a tout de même ramené la Puma à l’assistance.
Hayden Paddon, malgré sa crevaison, a limité les dégâts sans s’arrêter et conserve une solide quatrième place à 3'28'2. Yohan Rossel termine cinquième et continue de mener le WRC2. Il ne reste plus que quatre spéciales, soit moins de 60 km chronométrés, entre Neuville et une première victoire cette saison pour Hyundai Motorsport. Après une journée aussi folle, rien n’est garanti, mais le Belge a désormais la main.
