Oliver Solberg a maintenu son emprise sur le Safari Rally Kenya vendredi matin, surmontant un moment de frayeur pour conserver une avance confortable dans une course 100 % Toyota.

Le Safari Rally Kenya reste une affaire suédoise, du moins pour l'instant. Oliver Solberg a traversé la matinée du vendredi avec la maîtrise d'un patron, conservant la tête du rallye malgré un incident qui aurait pu tout changer, et repoussant avant le Parc d'Assistance à Naivasha avec 28,8 secondes d'avance sur la concurrence.

Kenya, le festival Toyota

La nuit avait déjà rebattu les cartes : des pluies nocturnes avaient contraint les organisateurs à annuler la spéciale ES3 Camp Moran, dont les ornières profondes rendaient certaines sections inaccessibles aux véhicules médicaux et de sécurité. Les équipages attaquèrent donc la boucle matinale par l'épreuve de 18,95 km de Loldia, dans des conditions qui restaient aussi capricieuses qu'un ciel de savane.

Solberg frôla l'incident dès la première spéciale du jour, partant légèrement large dans les buissons dans un virage à droite, une sortie de route qui lui coûta une dizaine de secondes. Mais le Suédois ravala sa frayeur, adopta un rythme mesuré et soigné sur les épreuves suivantes, et rentra en service sans autre dommage. « Il y a beaucoup de balayage de route et une vraie loterie avec les rochers », confessa-t-il. « J'ai été beaucoup trop prudent ce matin. Je veux juste garder ça propre tant que je reste dans les roues d'Evans, je suis content. »

Toyota régnait en maître absolu à la pause de midi, occupant les cinq premières places du classement général, une démonstration de force collective rarement vue sur les pistes kényanes. Elfyn Evans tenait la deuxième position malgré des problèmes de freins en début de boucle. Le Gallois, leader du championnat, serrait les dents et gérait. Derrière lui, l'octuple champion du monde Sébastien Ogier avait signé le meilleur temps sur l'ES4 pour revenir à seulement 9,4 secondes du Gallois avant de perdre du terrain avec une crevaison à l'arrière gauche sur la rocailleuse spéciale Kedong, terminant néanmoins troisième au général.

Takamoto Katsuta poursuivait son rallye régulier en quatrième position, tandis que la révélation du matin portait un prénom finlandais : Sami Pajari. Le jeune Finn avait frôlé le tonneau sur l'ES4 (de quoi faire blanchir quelques cheveux dans le stand Toyota) avant de rebondir avec une autorité saisissante en remportant coup sur coup l'ES5 Geothermal et l'ES6 Kedong. Un caractère qui ne ment pas.

Chez Hyundai, le directeur technique François-Xavier Demaison avait levé le voile sur les surchauffes de jeudi : de la boue séchée avait colmaté les radiateurs des i20 N Rally1 après l'étape d'ouverture sous la pluie — une explication simple pour un problème qui avait coûté cher. Thierry Neuville menait la délégation Hyundai en sixième position, malgré une matinée contrariée : calage au freinage sur l'ES4, puis crevaison arrière gauche sur l'ES5 assortie d'une perte de puissance moteur. Son coéquipier Adrien Fourmaux pointait septième, tapi à seulement 4,3 secondes derrière lui, tandis qu'Esapekka Lappi occupait la neuvième place en se plaignant d'un sous-virage prononcé.

Jon Armstrong (M-Sport Ford) poursuivait ses impressionnants débuts sur terre en Rally1 au huitième rang, malgré des problèmes d'intercom persistants. Son équipier Josh McErlean perdait encore du temps sur des alertes de température d'eau. Gus Greensmith fermait le top 10 et conservait la tête de la catégorie WRC2, mais une déflation avant droite sur Kedong avait permis à Robert Virves de revenir à seulement 5,5 secondes dans la lutte de catégorie.

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