Le réveil a été brutal pour la concurrence. Malgré une matinée tronquée par l'annulation d'une spéciale, Sébastien Ogier et le clan Toyota ont transformé les routes montagneuses du Rallye des Îles Canaries en une chasse gardée.
Le Français s'installe aux commandes d'un quintuplé provisoire qui laisse les adversaires, Hyundai en tête, dans les cordes. A noter que la troisième spéciale a été annulée par les organisateurs, car plus d'une centaine de voitures de spectateurs étaient garées à un emplacement interdit et dangereux !
Le quinté de Toyota ce vendredi matin !
Sébastien Ogier n'a pas mis longtemps à troquer son costume de spectateur pour celui de patron. En remportant les deux seules spéciales disputées ce vendredi matin, le nonuple champion du monde a méthodiquement construit une avance de 5,9 secondes sur son jeune coéquipier Sami Pajari. Elfyn Evans, en embuscade à seulement un dixième de l'espoir finlandais, complète un podium provisoire intégralement teinté de rouge et blanc.
Pourtant, malgré ce départ canon, le Français n'est pas totalement satisfait des réglages de sa Yaris. Sur les 21,70 km de la spéciale Mogán - La Aldea, Ogier a pointé un sous-virage persistant, hésitant entre un réglage châssis perfectible ou une gestion pneumatique délicate. Une autocritique presque effrayante pour la concurrence, compte tenu de son rythme affiché. Derrière l'intouchable trio de tête, Oliver Solberg parvient à hisser sa monture au quatrième rang, à 6,5 secondes du leader, devançant Takamoto Katsuta. Le Japonais, leader éphémère jeudi soir après la super-spéciale, glisse à la cinquième place mais permet à Toyota de verrouiller les cinq premières positions du classement général, une démonstration de force absolue.
Hyundai à la peine, Lancia brille en WRC2
Pour le clan Hyundai, la matinée a ressemblé à un chemin de croix. Dani Sordo, pour sa première apparition de la saison, est le meilleur représentant de la marque coréenne mais pointe déjà à près de 20 secondes de la tête. La frustration est encore plus palpable chez Thierry Neuville. Le Belge, incapable de tenir la trajectoire idéale, a confessé une perte de confiance totale dans le train avant de sa i20 en fin de boucle.
Chez M-Sport Ford, le bilan est mitigé. Si Josh McErlean s'accroche à une solide neuvième place, Jon Armstrong a vu ses espoirs s'envoler dans une échappatoire lors de la quatrième spéciale, chutant au onzième rang. Ces déboires profitent aux acteurs du WRC2, où la lutte fratricide tourne à l'avantage de l'aîné des Rossel.
Yohan Rossel a en effet frappé un grand coup dans la catégorie reine de l'accession. Au volant de sa Lancia, il a relégué son frère Léo à plus de 10 secondes sur le seul secteur de Mogán - La Aldea. Une performance qui lui permet d'intégrer le top 10 au général et de s'installer confortablement dans le fauteuil de leader du WRC2 avant la boucle de l'après-midi.
