Le rideau s’est levé sur le Rallye des Îles Canaries sous les projecteurs survoltés du stade de Las Palmas. Dans une arène en ébullition, Takamoto Katsuta a fait parler la poudre lors d'un duel millimétré, ravissant les commandes à Sami Pajari pour quelques dixièmes de seconde.

Le double vainqueur en date des Rallyes du Kenya et Rallye de Croatie, Takamoto Katsuta, entame de la meilleure des façons ce Rallye des Canaries.

Katsuta continue sa moisson

C'est dans une ambiance de corrida mécanique que la Yaris de Takamoto Katsuta a dompté le tracé de 1,89 km dessiné au cœur du Gran Canaria Stadium. Avec un chrono de 1'54"2, le pilote japonais a su naviguer entre les virages serrés et les sections de "donuts" imposées sur la pelouse, devançant son plus proche poursuivant, Sami Pajari, de seulement 0,4 seconde.

Ce sprint technique, bien que court, a offert un spectacle de haute volée à une foule compacte. Katsuta, visiblement ému par l’accueil des fans, a souligné ce « double bonus », saluant la ferveur d’un public venu célébrer le sport automobile. Longtemps resté en tête de la feuille des temps, Sami Pajari a dû s'incliner sur le fil, non sans avoir partagé un moment privilégié en piste face à l'expérimenté Dani Sordo.

Derrière ce duo de tête, la surprise est venue de Roberto Daprà, qui hisse sa Škoda Fabia RS Rally2 à une impressionnante troisième place. Il devance Dani Sordo, quatrième pour son grand retour aux affaires dans le baquet de la Hyundai i20 N Rally1. L'Espagnol, acclamé par ses compatriotes, a savouré ce départ piégeux mais ô combien gratifiant.

La hiérarchie reste extrêmement serrée, comme en témoigne la performance de Joshua McErlean (M-Sport Ford), cinquième, qui devance un duo de prestige composé d'Adrien Fourmaux et de Sébastien Ogier, crédités du même temps à la sixième place. Le champion français a d'ailleurs salué l'atmosphère électrique de cette entame de rallye, un sentiment partagé par l'ensemble du paddock.

Le suspense est tout aussi intense pour les cadors du championnat : Thierry Neuville et Elfyn Evans se retrouvent dos à dos, partageant les huitième et neuvième rangs à 1,9 seconde du leader. Pour Evans, la prudence était mère de sûreté sur ce tracé où « il est si facile d'arracher une roue ». Un avis partagé par Neuville, satisfait d'avoir lancé les hostilités sans encombre devant une telle affluence.

Le top 10 est complété par Oliver Solberg, resté en retrait lors d'un passage qu'il juge lui-même perfectible. Ce prélude urbain n'était qu'un échauffement : les choses sérieuses débutent dès vendredi, où les équipages plongeront dans le cœur du sujet, sur les routes de montagne sinueuses et exigeantes de Grande Canarie.