C'est l'un des circuits les plus appréciés, des fans comme des pilotes : chaque virage de Spa-Francorchamps raconte une histoire, entre sources, légendes belges et exploits de pilotes.
C'est peut-être l'un des seuls circuits du calendrier sur lequel ont peut citer le plus de noms de virages, avec Suzuka et Silverstone, probablement. Mais d'où viennent les noms des virages de Spa-Francorchamps ?
L'histoire derrière chaque virage de Spa-Francorchamps
La Source : le calme avant la tempête
Premier virage, première embuscade. La Source, le plus lent du tracé, a souvent été le théâtre de carambolages au départ, comme en 2012. Son nom évoque les nombreuses sources d’eau de la région, fil conducteur du circuit.
Eau Rouge et Raidillon : l’ascension légendaire
Contrairement aux idées reçues, Eau Rouge ne désigne que le bas de la montée, baptisée d’après le ruisseau aux reflets rouges dû aux dépôts ferrugineux. Le Raidillon, lui, est la pente vertigineuse à 15 % qui propulse les pilotes vers le ciel. Un passage devenu symbole de la F1, où Mark Webber osa un dépassement d’anthologie sur Alonso en 2011.
Les Combes : la descente commence
Après la ligne droite de Kemmel, les pilotes plongent dans la chicane des Combes, littéralement “les vallées”. C’est ici que Mika Häkkinen réalisa en 2000 son fameux double dépassement, resté dans les annales.
Malmedy et Bruxelles : villes belges à l’honneur
Le virage de Malmedy rappelle la ville voisine, intégrée au tracé dès 1920. Plus loin, le long droit de Bruxelles rend hommage à la capitale. Certains l’appellent encore Rivage, du nom d’un hameau local.
Jacky Ickx Curve : hommage à une légende
Longtemps surnommé “le virage sans nom”, ce virage 9 à gauche se nommait aussi Speaker Corner parce que le seul endroit qui permettait d’apercevoir cette courbe était l’ancienne cabine des speakers mais porte désormais le nom de Jacky Ickx, multiple vainqueur du Mans et figure belge de la F1.
Pouhon : double gauche et sources minérales
Le Pouhon évoque les eaux ferrugineuses qui ont fait la renommée touristique de Spa. Deux gauches rapides, surnommés Double Gauche, où l’appui et le courage se mesurent à chaque passage. Mais derrière ce nom se cache une histoire plus paisible : le Pouhon désigne une source minérale riche en fer, symbole de Spa et de ses eaux réputées. Littéralement, c’est “l’endroit où l’on puise l’eau”, une appellation qui relie la fureur mécanique à la tradition thermale de la région.
Fagnes : nature et chicane
Inspiré de la réserve naturelle des Fagnes, ce double virage est aussi appelé Pif-Paf par les locaux, clin d’œil au changement de direction fulgurant. Ici, la vitesse reste vertigineuse, les voitures s’accrochent à l’asphalte.
Campus et Paul Frère : savoir et mémoire
Le virage Campus rend hommage au centre automobile local, ce centre est bien plus qu’un voisin de piste : c’est un laboratoire de compétences, un lieu où l’on forme ingénieurs et techniciens aux métiers de l’industrie automobile, des sports mécaniques et de la recherche technologique.
À l’endroit où l’ancien tracé rejoignait la portion de Stavelot vers Blanchimont, s’étire la courbe Paul Frère. Ce virage n’est pas qu’un simple morceau d’asphalte : il porte le nom d’un homme qui incarne à lui seul l’élégance et la passion du sport automobile. Paul Frère, surnommé le pilote‑journaliste, fut l’un des rares à briller autant derrière un volant qu'avec sa plume. Vainqueur en Sport‑Prototype, il s’illustra aussi en Formule 1, notamment par une deuxième place au Grand Prix de Belgique 1956. Invité par Enzo Ferrari, il disputa son onzième et dernier Grand Prix avec une prestation restée dans les mémoires, comme un chant du cygne digne des plus grands.
Blanchimont : la ferme et la vitesse
À pleine charge, les pilotes avalent les gauches rapides de Blanchimont, baptisés d’après une ferme voisine. Ici, la précision est vitale. Autrefois redouté pour ses dégagements herbeux, il a gagné en sérénité depuis que l’on a asphalté les zones extérieures. Désormais, le risque reste bien réel, mais la trajectoire se dessine avec plus de confiance, offrant aux pilotes un souffle de sécurité dans ce temple de la vitesse.
Bus Stop : l’arrêt devenu chicane
Dernier défi : la Bus Stop Chicane, ainsi nommée car un arrêt de bus se trouvait jadis sur cette portion de route ouverte. Redessinée en 2007, elle précède la ligne droite des stands et clôt le tour.
