La Malaisie rêve de retrouver une place permanente en Formule 1, mais le prix à payer est élevé : au moins 65 millions d'euros par an, selon le patron du circuit de Sepang.
Dimanche dernier, la F1 a annoncé le retour de Sepang au calendrier en fin de saison pour organiser le... Grand Prix de Bahreïn, reporté à cause du conflit actuel au Moyen-Orient.
La Malaisie peut-elle s'offrir une place permanente en F1 ?
Accueillir de nouveau la Formule 1 de manière permanente ne sera pas une simple formalité pour la Malaisie. Selon Azhan Shafriman Hanif, directeur général du Sepang International Circuit (SIC), le pays devrait mobiliser au moins 300 millions de ringgits (RM), soit environ 65 millions d'euros par an pour espérer retrouver une place durable au calendrier du championnat du monde.
Cette enveloppe comprend principalement les droits d'organisation de la Formule 1, actuellement estimés entre 70 et 80 millions de dollars américains (soit entre 289 et 340 millions de RM), auxquels s'ajoutent les dépenses locales nécessaires pour préparer le circuit et répondre aux exigences techniques imposées par la discipline. « Mon estimation est d'au moins 300 millions de RM. C'est le coût. Mais il faut aussi regarder les retombées globales. D'après les données dont je dispose, la plupart des pays hôtes génèrent un retour sur investissement d'au moins trois fois supérieur aux sommes engagées. »
Selon lui, un investissement de 300 millions de RM pourrait ainsi générer près d'un milliard de RM (215 millions d'euros) de retombées économiques pour le pays. L'argent ne fait toutefois pas tout. Pour retrouver une place permanente au calendrier de la Formule 1, la Malaisie devra également franchir un second obstacle de taille : disposer d'une date libre dans un calendrier devenu extrêmement chargé.
Azhan Shafriman Hanif rappelle que le gouvernement malaisien concentre aujourd'hui ses priorités sur les questions économiques et le soutien au pouvoir d'achat de la population. « La priorité actuelle du gouvernement n'est pas de dépenser de l'argent pour des événements internationaux, mais d'aider la population face aux difficultés économiques et au coût de la vie. Peut-être qu'à l'avenir, les données que nous recueillerons grâce à cet événement pourront servir de point de départ à une nouvelle réflexion. »
Le Grand Prix de Bahreïn en Malaisie, un test grandeur nature
Avant de penser à un retour définitif, Sepang se concentre sur un objectif beaucoup plus immédiat : réussir l'organisation du Grand Prix de Bahreïn, exceptionnellement disputé en Malaisie du 2 au 4 octobre 2026. Pour le patron du SIC, cette épreuve constitue avant tout un test.
« Notre priorité est d'organiser cet événement avec succès. Nous travaillons en étroite collaboration avec Bahreïn et la Formule 1 pour cette course exceptionnelle. Nous verrons ensuite si nous gagnons la confiance des différentes parties prenantes, du gouvernement, de la Formule 1 et des autorités bahreïniennes. Ce n'est qu'à ce moment-là que nous pourrons envisager un retour permanent. »
La Malaisie avait accueilli son Grand Prix national sur le circuit de Sepang de 1999 à 2017, avant de disparaître du calendrier en raison des coûts élevés d'organisation et d'une fréquentation en baisse. Neuf ans après son départ, le pays entrevoit une nouvelle opportunité. Mais avant de rêver d'un retour durable parmi l'élite du sport automobile, il lui faudra d'abord convaincre… autant sur le plan sportif que financier.