Propulsé vers la victoire par une voiture de sécurité virtuelle au Grand Prix d'Espagne, le jeune prodige de Mercedes reconnaît que Lando Norris méritait de l'emporter sur le tracé de Madring.
Le tout nouveau circuit madrilène a livré un scénario cruel pour McLaren. Si Kimi Antonelli a signé un huitième succès retentissant cette saison, l'Italien a fait preuve d'un fair-play absolu en dédiant moralement cette victoire à son rival britannique.
Antonelli avoue que Norris méritait la victoire
Alors que Lando Norris, parti de la pole position après un tour de qualification magistral, avait creusé un écart confortable en tête, l'abandon de Lance Stroll sur problème de freins a provoqué une neutralisation de la course. Ce timing s'est avéré désastreux pour McLaren : Norris venait tout juste de dépasser l'entrée de la voie des stands.
Mercedes a immédiatement saisi l'aubaine pour chausser de nouvelles gommes à Kimi Antonelli sans perdre énormément de temps. Lorsque Norris a enfin pu s'arrêter, la période de VSC venait de s'achever, le précipitant brutalement en cinquième position. Bien que le Britannique ait réussi à arracher la troisième marche du podium, Antonelli, qui avait préalablement échoué à le doubler à la régulière en coupant deux virages dans la manœuvre, célébrait modérément sa victoire.
« C'était une course très difficile, pas du tout évidente, surtout pour gérer les pneus », a confié le jeune Italien à l'arrivée. « C'est bien de gagner, mais ça n'a pas la même saveur parce que je pense que Lando méritait la victoire aujourd'hui. Mais dans l'ensemble, on prend. À part ça, c'était une course très solide, surtout sur les gommes dures à la fin où nous avions un très bon rythme. »
Le pilote de 20 ans a dû s'employer pour résister aux assauts de Max Verstappen et sceller sa huitième victoire de la saison. Une performance majuscule qui lui permet de creuser un écart vertigineux de 81 points sur son coéquipier George Russell au classement mondial.
Avec seulement neuf manches restant à disputer au calendrier, Antonelli se dirige tout droit vers un exploit monumental : devenir le plus jeune champion du monde de l'histoire de la Formule 1. Pourtant, l'intéressé refuse catégoriquement de se laisser étourdir par les calculs. Interrogé sur la perspective de ce sacre imminent, il s'est montré inflexible : « C'est exactement ce que je ne veux pas faire. Je veux continuer à attaquer course après course, à être performant et à prendre du plaisir, essayer de faire de mon mieux à chaque départ, et nous verrons bien où nous en serons à la fin de l'année. »
