Malgré une pénalité sur la grille de départ pour changement de moteur lors de son Grand Prix national à Monza, le leader du championnat Kimi Antonelli aborde le week-end avec sérénité et se dit prêt à aider son coéquipier George Russell.
Le leader du championnat du monde aborde son rendez-vous national avec une équation singulière. En dépit d'un matelas confortable de 59 points d'avance au classement général, Kimi Antonelli sait déjà qu'il devra s'élancer depuis les profondeurs de la grille de départ à Monza. Un changement de bloc moteur programmé par Mercedes vient en effet compliquer la tâche du prodige italien sur le tracé de la vitesse, mais l'intéressé choisit d'y voir une opportunité en or d'offrir un récital de dépassements devant son public.
Antonelli en mission à Monza, mais prêt à aider Russell
Loin de se laisser abattre par cette contrainte tactique, le jeune pilote aborde ce week-end à domicile avec un enthousiasme rafraîchissant. L'obligation de partir du fond de classe agit paradoxalement comme une soupape de sécurité, balayant le poids des attentes légitimes qui pèsent habituellement sur les épaules du héros local. Cette situation inédite offre également à l'écurie de Brackley une latitude précieuse pour tester des méthodologies de travail alternatives durant les séances d'essais libres.
Interrogé sur ses ambitions dominicales, Antonelli fixe la barre à un niveau réaliste sans pour autant brider son instinct de compétiteur. S'il estime qu'un retour dans le top 5 constitue un objectif envisageable dans un scénario idéal, le Transalpin reste lucide quant au rythme affiché par la concurrence directe. La remontée dépendra grandement de l'écart au tour face aux Ferrari, McLaren et Red Bull, même si le pilote Mercedes affirme aborder l'épreuve avec un esprit totalement libéré.
« C'est un sentiment très spécial d'arriver en tête du championnat pour ma course à domicile », explique Antonelli. « C'est nettement différent de l'an dernier et j'attends ce week-end avec grande impatience, malgré ce départ depuis le fond de grille. Mais c'est aussi une formidable opportunité. Je pense que ce sera très plaisant, je pourrai en profiter bien plus qu'auparavant, et j'espère que nous ferons malgré tout une grande course. D'une certaine manière, cela aide à relâcher la pression, même si je préférerais évidemment me battre pour la pole position. Cela me rend plus détendu, et c'est un contexte différent qui nous permet d'essayer d'autres méthodes de travail, notamment pendant les essais libres. »
Un jeu d'équipe assumé et une maturité affirmée
Cette position particulière sur la grille ouvre également la porte à une solidarité tactique le samedi après-midi. Conscient de son sort scellé pour la course, l'Italien de 20 ans s'est dit prêt à sacrifier une partie de sa séance de qualifications pour offrir une précieuse aspiration à son coéquipier George Russell. Des discussions ont déjà eu lieu avec l'état-major de l'étoile, et le leader du championnat se pliera sans hésiter aux consignes du garage si le scénario l'exige.
Ce détachement olympien tranche radicalement avec l'état d'esprit qui l'habitait lors de la campagne précédente. Éprouvé par une séquence européenne délicate durant sa saison d'apprentissage, le rookie de l'époque s'imposait une pression démesurée pour démontrer sa légitimité au sommet du sport automobile. Une tension permanente qui bridait son coup de volant et l'empêchait de savourer pleinement son aventure dans le grand bain de la Formule 1.
« La principale différence cette année, c'est que je n'ai plus autant à prouver que l'an dernier », conclut Antonelli. « L'an passé, je sortais d'une période difficile et j'avais l'impression de devoir démontrer que j'avais ma place en F1. Cela augmentait considérablement la pression et me faisait piloter avec de la tension, sans vraiment apprécier mes moments au volant. Cette année, j'ai la chance d'avoir une excellente voiture, mais l'expérience acquise fait aussi une immense différence. Je me sens beaucoup plus mûr, davantage maître de la situation. Et quand les bons résultats tombent, c'est toujours une chose de moins à prouver : j'ai démontré que je pouvais gagner et performer. Alors oui, c'est ma course à domicile et c'est génial, mais cela reste une épreuve comme les autres. »
Un an plus tard, la chrysalide a laissé place à un pilote accompli, fort d'une expérience précieuse et de succès probants qui ont définitivement assis son statut. Conscient d'avoir apporté toutes les garanties sur son talent et sa capacité à s'imposer, Antonelli appréhende ce rendez-vous transalpin avec le flegme des grands champions. Pour le maître du championnat, ce Grand Prix d'Italie reste une grande fête populaire, mais surtout une épreuve comme les autres où le seul plaisir de piloter dictera sa conduite.