Dans le sillage de ses récents sacres mondiaux, McLaren Racing s'apprête à devenir la première écurie de Formule 1 à franchir le cap symbolique du milliard de dollars de chiffre d'affaires, un raz-de-marée financier couronné par une rémunération hors norme de plus de 100 millions de dollars pour son PDG Zak Brown.

Portée par une moisson de partenariats d'envergure et la revalorisation spectaculaire de ses actifs, la structure de Woking concrétise en coulisses une métamorphose économique tout aussi éclatante que sa renaissance en piste.

McLaren Racing vise le milliard de dollars de chiffre d'affaires en 2026

Dans l'aspiration directe de ses titres mondiaux, McLaren Racing s'apprête à signer un exploit inédit dans les annales du sport automobile : devenir la première écurie de l'histoire à franchir la barre mythique du milliard de dollars de recettes annuelles. Selon les informations révélées par Sky News, l'écurie de Woking (qui vient de blinder le contrat du champion du monde Lando Norris jusqu'en 2030) doit déposer cette semaine des états financiers étincelants pour l'exercice 2025, affichant un chiffre d'affaires de 588 millions de livres sterling (soit environ 779,6 millions de dollars).

Cette santé de fer s'explique par un déferlement de sponsors majeurs séduits par la dynamique des Papayes. Du contrat de naming décroché avec le géant bancaire Mastercard aux alliances nouées avec Google, l'opérateur de loterie national Allwyn, le géant portuaire DP World, Intel ou encore la plateforme de cryptomonnaies OKX, McLaren est devenue la vitrine commerciale la plus convoitée du paddock.

Plus de 100 millions de dollars : le chèque en or de Zak Brown

Architecte incontesté de ce redressement spectaculaire depuis sa prise de commandes en 2016, Zak Brown récolte les fruits de son travail. Les documents déposés cette semaine révéleront que le dirigeant américain a perçu l'an dernier un package salarial pharaonique dépassant allègrement les 100 millions de dollars (75,4 millions de livres). Dans les hautes sphères du business du sport, un tel chèque propulse l'Américain au sommet de la hiérarchie mondiale des dirigeants les mieux payés.

Cette manne financière, qui éclipse son salaire de base de 6 millions de livres et sa prime d'incitation à long terme de 31 millions de livres perçus en 2024, trouve son origine dans l'envolée de la valeur de l'écurie : le gros du pactole découle d'une attribution d'actions déclenchée lors du rachat des parts des actionnaires minoritaires de McLaren Racing. Si la structure englobe également ses engagements en IndyCar, la Formule 1 demeure le poumon économique incontesté de l'entreprise, générant plus de 90 % des revenus globaux.

Du gouffre financier à une valorisation colossale de 3,5 milliards de livres

La trajectoire tient de la métamorphose absolue. Lorsque Zak Brown a pris la barre il y a dix ans, McLaren errait comme une âme en peine en fond de grille, moribonde sur le plan sportif comme commercial. La crise sanitaire du COVID-19 avait failli porter le coup de grâce à l'écurie ainsi qu'à la branche automobile de route. Pour éviter la banqueroute, le groupe avait dû orchestrer des injections de capital en urgence, céder sa division Applied Technologies et vendre puis louer son sanctuaire de Woking, le McLaren Technology Centre dont l'entreprise a depuis racheté la pleine propriété.

L'an dernier, le fonds souverain de Bahreïn (Mumtalakat) et le groupe d'investissement d'Abu Dhabi CYVN Holdings ont racheté les 30 % de parts détenus par des investisseurs externes sur la base d'une valorisation stratosphérique de 3,5 milliards de livres sterling. À titre de comparaison, le sauvetage opéré au plus fort de la pandémie s'était conclu sur une valeur globale de 560 millions de livres. En quelques années, la valeur de la pépite britannique a été multipliée par plus de six.

L'âge d'or d'un géant du sport automobile mondial

Sur la piste, cette réussite financière est le miroir d'une hégémonie retrouvée : après avoir brisé deux décennies de disette en enlevant le titre constructeurs en 2024, McLaren a réalisé le doublé parfait l'an dernier en coiffant les deux couronnes mondiales. Si la campagne actuelle s'avère plus disputée, Lando Norris occupant le quatrième rang du championnat pilotes et Oscar Piastri le septième, tandis que l'écurie pointe au troisième rang constructeurs à 232 longueurs de Mercedes, le rayonnement de la marque n'a jamais été aussi éblouissant.

Profitant de l'explosion globale de la F1, amplifiée par le phénomène de la série Netflix Drive to Survive, McLaren suscite une fascination mondiale. Parallèlement, la division automobile du groupe a annoncé ce mois-ci la création de 1 000 emplois qualifiés au Royaume-Uni. Soixante-trois ans après sa fondation par Bruce McLaren, l'écurie aux plus de 200 victoires en Grand Prix, victorieuse aux 500 Miles d'Indianapolis et aux 24 Heures du Mans dès sa première participation, confirme qu'elle n'a rien perdu de sa légende tout en devenant une machine économique redoutable. Et récemment, McLaren a redessiné son logo pour embrasser son héritage avec la toute première typographie de son logo historique.