Le Champion du Monde 1997, Jacques Villeneuve, est revenu dans le podcast Beyond the Grid sur les astuces de sa Williams dans la conquête de son titre mondial.

Jacques Villeneuve a récemment profité de son passage dans le podcast Beyond the Grid pour dévoiler les petits secrets de fabrication et les trouvailles techniques qu'il avait imposés à l'écurie Williams lors de son arrivée en Formule 1.

Les secrets de la Williams de Jacques Villeneuve

C'est sans détour que Jacques Villeneuve nous livre dans ce podcast, quelques détails et secrets de sa Williams qui l'a emmené à se battre pour le titre dès sa première saison en F1 en 1996, puis d'y décrocher le graal en 1997. Parmi les premiers secrets révélés, Villeneuve a par exemple confirmé qu'il exigeait une course de pédale d'accélérateur extrêmement courte : « 18 ou 20 millimètres au bout des orteils, selon les saisons », confie-t-il.

Il utilise comme métaphore en comparant cette pédale à une souris d'ordinateur, expliquant que « quand le mouvement est infime, vous atteignez le clic très vite et avec une précision d'orfèvre, et c'est exactement la même musique avec une pédale. » Et de terminer son propos par : « Quand la course est courte, c'est la pression que vous mettez qui fait tout le boulot, bien plus que l'amplitude du mouvement. Pas besoin de remuer toute la guibolle, un simple sursaut du pied vous donne un contrôle absolu. »

Et tout l'expérience de Jacques Villeneuve, auréolé d'un titre en CART et d'une victoire à l'Indy 500 en 1995, a servi à donner quelques astuces à ses mécaniciens pour adapter au mieux son cockpit selon ses habitudes de pilotage. « L'autre énorme différence qu'on avait mise en place, c'est que je n'avais qu'une seule et unique palette pour passer les vitesses, au lieu de deux : la même servait à monter et à descendre les rapports. » La mécanique était simple comme bonjour : « Je la poussais pour passer la vitesse supérieure, et je la tirais vers moi pour rétrograder. »

Une vraie trouvaille qui lui permettait de ne jamais lâcher le cerceau des mains, l'idéal pour jouer avec les vitesses en plein virage sous des G monstrueux, ou pour réagir en une fraction de seconde en cas de patinage sauvage. D'après lui, absolument « personne » d'autre sur la grille n'avait osé adopter cette philosophie de la palette solo.

Et le festival des innovations ne s'arrête pas là ! « On avait tout un tas de petits tours de magie dans ce genre qu'on n'arrêtait pas d'inventer, » a poursuivi Villeneuve. « Comme des rebords sur les pédales. On a été les tout premiers à bidouiller ça pour caler les jambes afin qu'elles ne se baladent pas. » Le pilote avait motiver sa demande auprès de son équipe : « Je leur ai dit : 'Écoutez les gars, je crame la moitié de mon énergie à retenir ma jambe plutôt qu'à piloter'. Alors on a installé ça ; ça a fait un bien fou et ça évitait aussi de se fracasser le pied en cas de crash. »

Jacques Villeneuve a également transformé son ingénieur de piste, Jock Clear, en véritable spotter comme il est de coutume en monoplaces américaines. Ainsi, à l'approche du premier virage après le départ, ce dernier devait surveiller comment se comportait le peloton afin de donner les directives à Jacques Villeneuve. Lorsqu'on lui a demandé si cet arsenal était déjà paré avant ses grands débuts au Grand Prix d'Australie 1996, Villeneuve a précisé que la fameuse palette est arrivée un peu plus tard : « Ça s'est fait pas à pas. Mais pour tout ce qui touchait au confort et aux cales-pieds, quand on s'avale 9 000 kilomètres d'essais, on a le temps d'y gamberger, et l'équipe Williams était d'une réactivité fantastique. »

Jacques Villeneuve en 1997

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