Vincent Beltoise découvre cette année le FFSA GT au volant d'une Alpine A110 GT4 du Mirage Racing. Avec Benoit Lison ils sont arrivés à Magny-Cours à la sixième place du championnat Pro-Am. Rencontre avec l'un des pilotes les plus combatifs du plateau.

Mirage Racing (FRA), Benoit Lison (FRA), Vincent Beltoise (FRA), Alpine A110 GT4 no.919 ,Pro-Am

Comment se passe cette première saison en GT4 sur l'Alpine ?
Dans l'ensemble je suis plutôt satisfait. J'ai mis un peu de temps à venir au GT car pas mal de petits critères me faisaient un peu peur, à savoir : partager le volant et la BoP. Je pense avoir bien choisi mon équipe, Mirage Racing fait un super boulot et l'Alpine est très performante. Mon coéquipier, Benoit Lison fait également du bon boulot. On a commis quelques petites fautes, ce qui nous pénalisera en fin de saison mais je suis très content dans l'ensemble.

Je tiens également à souligner la qualité de l'organisation par SRO. Ils ont des petites attentions qui embellissent les week-ends. Leur maîtrise de la BoP permet de se concentrer sur le côté sportif.

L'objectif de fin de saison est de remporter une première victoire ?
Oui, on a eu des week-ends où nous et la voiture étions très performants, mais on a pas su saisir toujours les opportunités. Je pense notamment à Spa avec la course 2 qui nous tendait les bras mais où l'on a rencontré un problème électrique.
Une victoire à Magny-Cours serait inespérée (
ndlr : l'interview a été réalisée avant le départ de la seconde course à Magny-Cours), nous n'avons pas accroché le top 10 en qualifications. Ce qui serait bien, ce serait surtout de se battre pour le podium à toutes les courses. Ce qui pourrait engendrer pour l'année suivante une bonne dynamique, des partenariats et de la confiance.

Ainsi qu'avoir déjà des axes de perfectionnement pour l'an prochain. Oui quand j'y réfléchis, je préfèrerai finir la saison sur une série de podiums plutôt que de remporter une seule course. Pour moi un équipage est très fort dans ce domaine, c'est le duo Michal/Guilvert, capables de gagner et également toujours présents.... Saintéloc Racing fait un excellent travail il faut également le souligner.

Fier d'avoir remporté le trophée Robert Benoist à Lédenon ?
C'était sympa, dommage là aussi nous n'avons pas concrétisé la belle remontée de 17 places lors de mon relais suite à une surchauffe moteur. Mais cela m'a fait plaisir, surtout sur la manche la plus proche de chez moi.

@Laurent Gayral Photographie (Vincent Beltoise Official)

Et ton programme en Alpine Elf Europa Cup, ça se passe comment ?
Plutôt moins bien que prévu. L'année dernière j'étais chez CMR et on a remporté des courses et cette année c'est décevant car on a pas le niveau de performance, ni la réussite et on ne maitrise pas trop notre sujet. Je suis chez Racing Technology cette année et ce choix avait pour but de jouer le titre, et je le dis ce n'est pas la faute de l'équipe. Cette dernière se démène et je suis plutôt content de mes courses, notamment à Silverstone où je termine cinquième suite à une belle remontée. Mais il y a toujours des petits détails que l'on ne maîtrise pas sur la performance/constance de la voiture et c'est frustrant.

Dans ce championnat on ne roule que sur des circuits F1 (hormis Nogaro), avec donc des développés très roulants. Et aussi des tarmacs qui changent, suite à l'annulation du Moto GP l'an dernier à Silverstone à cause de la pluie, le tarmac a été refait. L'an dernier j'y réalise le meilleur temps en qualif derrière Oliver Webb qui évoluait à domicile. Et par rapport à l'an dernier, les chronos étaient 4" plus rapide, j'étais arrivé en confiance mais tout ça pour dire que les pneus ne travaillent pas de la même manière d'un circuit et d'une année à l'autre. On a pas pris le bon wagon, mais dans l'ensemble je prends du plaisir : championnat et calendrier au top. Mais je suis un peu déçu, à 2 manches de la fin cela me semble très compliqué de remplir l'objectif initial qui était de remporter le championnat.

Tu aimerai poursuivre en GT4 en 2020 ?
Oui ce sera mon objectif principal l'an prochain. Repartir avec des partenaires dans la même configuration : même équipe, même voiture et même coéquipier ! Mon but n'est pas de changer de voiture et de coéquipier tout les ans... Je trouve également que le GT4 offre une belle exposition médiatique sur le territoire.

Tu as fait Pikes Peak, quand l'on regarde ta carrière tu as été assez éclectique, cela t'aide aujourd'hui ?
C'est assez dur à dire car je n'ai pas forcément d'éléments de comparaison. Je ne sais pas si sans ses diverses expériences (Pikes Peak, trophée Andros...) je serai différent derrière le volant. J'ai quand même l'habitude de dire que l'on est de plus en plus professionnel avec le pilote qui a une part de boulot très spécifique et des ingénieurs très compétents.
Le pilote ne doit pas se tromper en empiétant sur le boulot des 'ingés'. Je pense toutefois que sur l'adaptation, notamment en GT avec ces voitures qui dégradent leurs pneumatiques, la piste qui se salit, ces expériences m'ont aidé. A Pau je me suis illustré, et à là-bas on ne peut pas aller se tester avant... Et là j'ai réussi à tirer mon épingle du jeu.

Pau et Spa sont mes circuits préférés, ce qui est bizarre car ce sont des circuits opposés...Même si je réussis à m'adapter, je me rends compte que les tests avant les courses permettent aux teams et pilotes de bien se caler et de commencer le week-end le mieux possible."

Tu travailles avec la Classic Racing School à Charade ?
Je suis instructeur. D'ailleurs c'est une jolie histoire car j'étais étudiant avec Morgan Pezzo et Julien Chaffard. On était amis et du coup quand Julien a eu l'idée au tout départ, il m'en a parlé et j'ai bien voulu devenir parrain et dès que je peux je viens les aider. L'aventure est très sympa !

Une question pour finir, une course qui te fait rêver ?
Les 24 Heures du Nürburgring ! Et si je le fais... Bathurst !"

Crédits Photo : Laurent Gayral Photographie