Vainqueur des 24 Heures de Daytona et des 12 Heures de Sebring cette saison, Julien Andlauer rêve de conclure sa première saison complète en IMSA par un troisième succès de prestige à Petit Le Mans, tout juste un an après avoir dû déclarer forfait le matin même de la course en raison de douleurs au dos.

De notre correspondant sur place, Didier Laurent !

Petit Le Mans, Andlauer pour l'histoire ?

Le contingent tricolore sera relativement faible cette année à Petit Le Mans. Dans la catégorie reine GTP, il n’y aura que deux « frenchies » (contre 5 l’an dernier), en l’occurrence dans les deux Porsche 963 de l’écurie Porsche Penske Motorsport. Kevin Estre, à bord de la #6 avec Laurens Vanthoor et Matt Campbell, et Julien Andlauer, qui partage le volant de la #7 avec Felipe Nasr et Laurin Heinrich. Et ce dernier est en position de réaliser un exploit lors de ce dernier week-end du championnat.

« C'est une année avec deux saveurs, lâche Julien Andlauer. Sur le plan des résultats, c'est ma meilleure dans la catégorie-reine. Et pour cause, j'ai notamment remporté les deux plus grandes courses de la saison : les 24 Heures de Daytona et les 12 Heures de Sebring. Il s'agit quand même de deux grandes classiques que tout pilote veut épingler à son palmarès. »

Pour sa première campagne complète en IMSA, Julien Andlauer a effectivement frappé très fort d'entrée. Associé à Felipe Nasr et Laurin Heinrich sur la 963 n°7 du Porsche Penske Motorsport, le Français a remporté les deux premiers grands rendez-vous de l'année en Floride. Mais la suite s'est avérée nettement plus compliquée.

« Malheureusement, après cela, en dépit d'un travail impeccable abattu tant par Porsche Penske Motorsport que par les pilotes, nous n'avons jamais eu le potentiel pour jouer à nouveau la victoire, reconnait-il. C'est frustrant d'aborder un week-end de course en sachant que tu ne peux pas jouer la gagne. Tu donnes tout, mais ça ne suffit pas. »

Le Français de 27 ans fait ici référence à la Balance of Performance. Depuis leur succès à Sebring, Julien Andlauer et son équipier Felipe Nasr n'ont plus goûté aux joies du podium, soit six courses de disette. Reste désormais une dernière occasion d'y remédier : Petit Le Mans, finale de dix heures disputée samedi sur le Michelin Raceway Road Atlanta.

Le pilote Porsche compte sur les nouveaux pneus Michelin

Road Atlanta est un terrain qui permettra  de mesurer les progrès accomplis avec les nouveaux pneumatiques Michelin, lesquels ont été adoptés cette année en IMSA comme en WEC. « La nouvelle gamme de pneumatiques Michelin a très vite donné satisfaction cette saison », avoue le Lyonnais. « La mise en régime est autrement plus rapide, ce qui particulièrement appréciable avec le pneu Hard. Par le passé, cela nous poussait à ne pas l'utiliser, mais maintenant, ce n'est même plus un sujet. Avec le Soft aussi c'est bien mieux. »

« Les plages de fonctionnement des trois gammes se recouvrent davantage que par le passé, ce qui nous facilite la tâche, enchaîne-t-il. À Petit Le Mans, il nous faudra assurer les doubles relais, survivre dans le trafic avec des voitures moins rapides et surtout s'assurer d'avoir une bonne auto pour le sprint final. En fait, sur ce plan-là, c'est une course qui ressemble un peu à Sebring. Il faut donc veiller à avoir le nombre de trains de pneus neufs suffisant pour la fin de course. »

La tombée de la nuit constituera un autre paramètre à maîtriser. « Il nous faudra mettre le doigt sur le set-up qui convient à la fraiche, qui n'est pas réellement notre point fort. » Peut-être est-ce pour cela que la Porsche 963 ne s'y est encore jamais imposée.

Les enjeux ne manqueront pas. Son équipier Laurin Heinrich conserve encore une chance, certes minime, de décrocher le titre GTP « C'est la mission première que nous a confié Porsche, confirme le Tricolore. Et à titre personnel, remporter les trois grandes classiques du championnat la même année. »

Sans oublier le titre en Michelin Endurance Cup, championnat regroupant les courses longues de l'IMSA et dont Andlauer, Nasr et Heinrich sont les actuels leaders. Gageons que se présenter au départ aura également pour Julien Andlauer une saveur particulière, après son abandon forcé ici-même l’année dernière.

Ce n’est jamais arrivé qu’un pilote remporte au classement général les 24 Heures de Daytona, les 12 Heures de Sebring et Petit Le Mans au cours d'une même saison. Si Julien Andlauer y parvient, il entrera dans la grande histoire de l’Endurance et faisant briller la France de l’autre côté de l’Atlantique.