Engagé cette saison en WRC3 sur une Citroën C3 Rally2 du Saintéloc Racing, le Gardois Yohan Rossel s'est imposé 3 fois dans la saison mais a dû aller chercher le titre dans la dernière spéciale du Rally Monza.

Il l'a fait face au redoutable polonais Kajetan Kajetanowicz, triple champion d'Europe des Rallyes. Entretien avec un pilote que nous espérons voir continuer de grimper les échelons !

L'espoir Yohan Rossel

Tu as remporté plusieurs formules de promotion, tu as également remporté le titre de Champion de France en 2019 face au redoutable Yoann Bonato, cette année c'était l'occasion de te voir passer à l'échelon supérieur...

Tout à fait, ma saison 2020 a été perturbée par la situation sanitaire mais cette arrivée en mondial était la suite logique. Je fais confiance aux gens qui m'entourent et c'était le bon moment pour arriver en WRC3 !

La saison a été disputée jusqu'au bout... Mais à quel moment tu as commencé à te dire que tu avais bel et bien tes chances de remporter le titre ?

Tout d'abord, l'objectif de la saison était bel et bien de se battre pour ce titre. Et forcément en m'imposant lors de la première manche au Monte-Carlo, tu commences à croire un peu plus en tes chances. Après c'était un peu compliqué, nous avons roulé sur des manches différentes, lorsque je prenais la tête du championnat, Kajetan Kajetanowicz avait une manche de retard, ainsi de suite, la situation est devenue plus claire avant Monza.

Hormis Monza, ta saison a été sans doute ponctuée de plusieurs moments forts ?

En Sardaigne pour notre 3ème participation, un rallye terre que j'apprécie, nous avons remporté le WRC3 et surtout nous avons terminé à la 7ème place scratch. A Ypres, troisième victoire de la saison en WRC3, nouvelle 7ème place scratch et surtout je termine premier des Rally2 ! Pourtant pour cette manche belge, je m'attendais à ramener peu de points... Les belges sont des spécialistes sur ce rallye et je ne m'attendais clairement pas à l'emporter, un souvenir fabuleux assurément.

© AURELIEN VIALATTE / Yohan Rossel

Avant cette ultime spéciale à Monza, comment se déroulait le rallye ?

Il fallait que je m'impose en WRC3 où que je termine second mais avec la victoire dans la Power Stage. Je ne me suis pas vraiment posé de question, j'étais très à l'aise sur les spéciales de montagne. Sur le circuit un peu moins, la voiture était également en déficit de performance mais le samedi soir nous avons trouvé ce qui n'allait pas.

Et cette fameuse ultime spéciale dans laquelle tu arraches le titre, on imagine que tu as ressenti de la pression ?

Samedi soir, je n'étais pas à l'aise et le titre semblait quasiment impensable. Et puis nous avons trouvé ce qui n'allait pas, dans les 2 premières spéciales du dimanche, Kajetan Kajetanowicz passe devant moi mais je me sentais plus à l'aise. J'étais alors en mesure et de toute manière dans l'obligation de réaliser la spéciale parfaite.

Sincèrement, je ne me suis pas senti sous pression, je ne me suis pas posé de question et je me suis contenté de faire ce que je savais faire. Et voilà on réalise un super chrono, on empoche le titre. Tout les titres comptent mais celui-ci a été disputé jusqu'au bout, face à un adversaire très expérimenté avec un beau palmarès, les performance sont été au rendez-vous sur terre et sur asphalte !

Déjà des vues sur 2022... on te verrait bien briguer le titre en WRC2 ?

Il est trop tôt pour se prononcer... Mais oui tout le monde a envie que l'aventure continue. Cette saison j'ai été entouré par une super équipe technique, Citroën Racing a fait du bon travail et on se connaît bien depuis 8 ans ! Sans mes copilotes cette saison et l'équipe je ne serai pas arrivé jusqu'à ce titre. Tout ce que je peux dire pour l'an prochain c'est que j'aimerai avoir un rallye de préparation pour le Monte-Carlo 2022, ce sera très probablement le Rallye Hivernal du Dévoluy. Un autre rallye est également dans les cartons.