Le double champion du monde des rallyes, Kalle Rovanperä a entamé sa mue sur le circuit de Suzuka, révélant les coulisses d'un transfert orchestré dans l'ombre par son ex-compère chez Toyota Gazoo Racing, Takamoto Katsuta.
Les 25 et 26 février, le circuit de Suzuka s'est transformé en un laboratoire de vitesse à l'occasion des tests de pré-saison de la Super Formula. Entre transferts de pilotes et visages nouveaux, l'asphalte a vu défiler une meute de compétiteurs affamés de kilomètres. En amont, la JRP (Japan Race Promotion) avait dressé le décor lors d'une conférence de presse très attendue, mettant sous les projecteurs les acteurs clés de l'année 2026.
Rovanperä révèle les conseils de Katsuta
D'un côté, Ayumu Iwasa, le champion sortant, affichait une détermination de fer : « Je vise le titre en remportant chaque course », a-t-il lancé comme un défi lancé au chronomètre. De l'autre, Kalle Rovanperä, l'enfant prodige du WRC dont la renommée au Japon n'est plus à faire, rassurait sur sa condition physique, affirmant être « au sommet de sa forme depuis décembre ». Après avoir fait ses gammes en Formule Régionale en Océanie, le Finlandais savait que ces deux jours à Suzuka seraient le pivot de sa préparation, chaque minute en piste valant son pesant d'or.
Le verdict du chronomètre est tombé : un meilleur tour en 1'38"712. Avec un écart de 2"42 sur le leader Nirei Fukuzumi, Rovanperä a pu mesurer l'abîme qui sépare encore son pilotage de l'ajustement parfait, rappelant que dompter une monoplace est une tout autre grammaire que de faire danser une voiture de rallye.
Le miroir inversé de Takamoto Katsuta
Au fil des échanges, le nom de Takamoto Katsuta — attendu ce week-end pour une démonstration au Rallye Mikawawan — est venu éclairer les motivations de Kalle. Les deux hommes, voisins en Finlande et complices sous la bannière Toyota, partagent une amitié qui transcende la rivalité.
« J'ai énormément discuté de ce virage avec Taka, surtout l'an dernier », a confié Rovanperä. « Il a été l'un de ceux qui m'ont convaincu, m'aidant à trancher le nœud gordien du doute. C'est savoureux quand on y pense : il a brillé dans les formules de promotion japonaises avant de choisir le rallye, et je fais aujourd'hui le chemin inverse. » Un chiasme de carrières qui souligne l'audace du Finlandais, soutenu par Katsuta là où le président Akio Toyoda aurait initialement préféré le voir dans une voiture fermée.
Interrogé sur la manière dont le public devrait l'appeler, le pilote a répondu avec la simplicité des grands : « Appelez-moi comme vous voulez, mais "Kalle" est sans doute le plus naturel. » Un prénom qui risque de résonner fort dans les tribunes nippones.
Voir le plus jeune champion du monde du WRC entamer sa courbe de croissance sur les circuits japonais est un privilège rare. Si le test l'a placé en queue de peloton, l'intérêt réside désormais dans sa capacité à gravir les échelons de la performance. Le rideau se lèvera officiellement sur cette aventure lors du week-end d'ouverture au Mobility Resort Motegi, du 3 au 5 avril prochains.
