Lors de la boucle matinale du samedi de ce Rallye du Japon, Oliver Solberg s'est employé à refaire son retard sur Elfyn Evans... jusqu'à la dixième spéciale où un arbre stoppe sa progression.
Le duel au soleil est lancé sur les routes du FORUM8 Rally Japan. Alors qu'Elfyn Evans semblait solidement installé dans le fauteuil de leader, Oliver Solberg a sorti le grand jeu ce samedi matin. Au volant de sa machine de pointe, le jeune Suédois a fait fondre l'écart sur le pilote Toyota à coups de scratchs autoritaires sur un asphalte sec mais piégeux. Derrière ce duo en transe, la meute Toyota tente de faire bloc, menée par un Sébastien Ogier en embuscade.
Solberg à nouveau à la faute
Elfyn Evans avait abordé cette étape de samedi avec un matelas confortable de 15,7 secondes sur son coéquipier de chez Toyota Gazoo Racing. C'était sans compter sur la hargne d'Oliver Solberg. Dès le premier secteur chronométré d'Obara, le Suédois a annoncé la couleur en signant le meilleur temps, reprenant d'entrée 3,2 secondes au leader. Une performance d'autant plus impressionnante que Solberg avouait avoir manqué une intersection, concédant au passage une précieuse seconde. « Par rapport à une Rally2, tout arrive tellement plus vite dans cette voiture. Ce n'était pas parfait, mais l'attaque était là », confiait-il à l'arrivée.
La réponse du leader ne s'est pas fait attendre. Dans la spéciale d'Ena, Evans a fait parler sa science de la gestion des pneumatiques et profité d'un train avant plus précis sur sa Toyota GR Yaris Rally1 pour devancer Solberg de 1,4 seconde, portant son avance globale à 13,9 secondes. Mais Solberg avait encore une flèche à son arc. Sur les 19,32 kilomètres implacables du Mont Kasagi, entre zones d'ombre piégeuses et changements de rythme incessants, le Suédois a survolé les débats. Meilleur temps absolu, il reléguait Evans à 3,3 secondes avant l'assistance, ramenant l'écart final à un souffle : 10,6 secondes. À l'agonie, Evans concédait que sa monture était devenue beaucoup trop instable en fin de boucle.
Derrière ce duel au sommet, Sébastien Ogier s'accroche au wagon de tête. Le vainqueur sortant de l'épreuve a souffert d'un manque de visibilité dans la première spéciale avant de retrouver de superbes sensations au Mont Kasagi, où il a signé le deuxième temps scratch. Le nonuple champion du monde pointe désormais à la troisième place du général, à moins de dix secondes de Solberg. Le Finlandais Sami Pajari complète le triomphe provisoire de Toyota en verrouillant la quatrième place, bien qu'il accuse un retard plus conséquent de 52,5 secondes sur la tête de course.
Du côté des héros locaux, Takamoto Katsuta a parfaitement digéré la frustration de sa journée de vendredi. Après un "reset" mental salutaire durant la nuit, le Japonais a signé le quatrième temps sur chacune des trois spéciales de la matinée, se hissant ainsi au cinquième rang mondial devant un public conquis. « Les sensations sont bien meilleures aujourd'hui. La route est encore longue, je vais continuer à donner le maximum pour les deux prochains jours », a-t-il promis.
Pendant ce temps, le cauchemar continue pour le Hyundai Shell Mobis World Rally Team. La matinée a tourné au vinaigre pour Thierry Neuville : déjà excédé par l'équilibre de sa voiture qu'il qualifiait de « cauchemardesque » dans l'ES d'Ena, le Belge a perdu un temps précieux dans le secteur suivant en raison d'un problème de frein à main. Doublé par Adrien Fourmaux, Neuville pointe à une décevante septième place à l'assistance.
Dans le reste du peloton, Hayden Paddon maintient sa Hyundai au huitième rang, juste devant Jon Armstrong (M-Sport Ford). Enfin, le top 10 est complété par Nikolay Gryazin, qui s'empare des commandes du WRC2 après avoir grignoté l'avantage de l'Espagnol Alejandro Cachón. Les pilotes s'apprêtent à revivre la même boucle cet après-midi, avant de conclure la journée par un double passage sur la super-spéciale de Fujioka.
De retour pour la boucle de l'après-midi, pour la spéciale Mt. Kasagi 2 de 19,32 km, Oliver Solberg essayait d'impriment le même rythme que le matin, mais il se fait surprendre sur un virage serré à gauche, sa voiture glisse du train arrière et vient heurter un arbre. C'est l'abandon pour la journée, à voir s'ils pourront revenir pour le Super Sunday.
