Depuis quatre ans, le Dakar sillonne l’Arabie saoudite comme on explore un continent encore inachevé. Et pourtant, malgré des dizaines de milliers de kilomètres avalés, le royaume garde une longueur d’avance : son immensité semble toujours offrir un horizon supplémentaire. L’édition 2027 en apporte une nouvelle preuve éclatante.

À première vue, le tracé de cette 49e édition paraît presque sage, comme posé délicatement sur la carte. Mais ce calme apparent masque une réalité autrement plus ambitieuse : le Dakar 2027 affiche tout simplement le plus long total de kilomètres chronométrés depuis l’arrivée du rallye en Arabie saoudite. Avec 5 320 km de spéciales, la barre symbolique des 5 000 km est non seulement franchie, mais pulvérisée, un record qui relègue les 4 903 km de 2025 au rang de simple mise en jambe.

Le plus long Dakar en Arabie saoudite

Le trompe‑l’œil continue lorsqu’on observe la nature des terrains. Jamais le rallye n’avait proposé une telle mosaïque de sols, de reliefs et de pièges naturels. Dans cette immense boucle reliant le départ et l’arrivée à King Abdullah Economic City, les concurrents passeront d’un décor à l’autre comme on tourne les pages d’un atlas vivant.

Chaque journée promet son lot de contrastes : dunes mouvantes, plateaux rocailleux, vallées sablonneuses, zones rapides puis cassantes. Les pilotes devront composer avec ces changements soudains, parfois au cœur même d’une étape, où la technique et la lucidité seront mises à rude épreuve. Le Dakar reste avant tout une épreuve d’endurance totale, où la résistance physique et la préservation mécanique dictent la survie.

L'esprit du rallye-raid conservé

Une nuit en bivouac-refuge et une étape marathon rappelleront à chacun que le rallye‑raid ne pardonne ni l’imprudence ni l’excès de confiance. Bonne nouvelle pour les allergiques aux pierres : la proportion de sable, toutes catégories confondues, augmente sensiblement par rapport à l’édition précédente. De quoi rassurer ceux qui redoutaient les champs de cailloux, moins présents cette année.

Le grand rendez‑vous est fixé à King Abdullah Economic City, une cité sortie du désert il y a tout juste vingt ans. Pensée comme un carrefour économique et touristique, elle s’est imposée comme l’un des pôles les plus dynamiques du royaume, portée par un port gigantesque ouvert sur la mer Rouge. C’est là, aux portes de cette métropole futuriste, que sera installé un bivouac XXL, avec un luxe rare : une vue directe sur la mer.

Les vérifications techniques et administratives se dérouleront à proximité immédiate de ce centre névralgique. Un contraste saisissant entre la modernité de KAEC et l’austérité majestueuse du désert environnant. Un écrin idéal pour lancer une édition qui s’annonce déjà comme l’une des plus intenses de l’ère saoudienne.

© Dakar