A l'issue d'un Grand Prix de Monaco à élimination, Isack Hadjar s'offre son premier podium pour le compte de Red Bull Racing.
Passer du chaos des premiers essais libres à l'ivresse du champagne sur le plus prestigieux des podiums de la saison : voilà le scénario hollywoodien écrit par Isack Hadjar dans les rues de Monte-Carlo. Un podium qui était néanmoins suspendu à la décision du collège des commissaires pour une infraction commise à la procédure du drapeau rouge alors que ses mécaniciens s'apprêtaient à changer des pièces, pourtant interdit par le règlement.
Hadjar conserve son podium à Monaco
En effet, pendant la suspension de la course, les mécaniciens de l'écurie Oracle Red Bull Racing ont travaillé sur la monoplace d'Isack Hadjar d'une manière non autorisée par le règlement. Les commissaires ont entendu les représentants de l'équipe ainsi que le délégué technique de la FIA, et ont examiné les preuves photographiques.
Il a été signalé que l'équipe avait tenté de remplacer des bougies d'allumage/bobines, mais qu'elle n'avait pas procédé au changement. La voiture a pris le départ dans le même état qu'à son arrivée dans les stands, par conséquent, aucune mesure supplémentaire n'est prise. Un podium qui est donc confirmé pour Isack Hadjar :
C’est un résultat et un week-end tout simplement exceptionnels, surtout quand on se rappelle d'où l'on partait en FP1 ! La course a été d'une dureté incroyable, j'ai dû puiser au plus profond de moi-même. Après un départ propre où nous gérions notre rythme, j'ai commencé à subir de gros problèmes de comportement moteur dès le dixième ou quinzième tour. S’il y a bien un circuit au monde où vous voulez éviter cela, c’est ici. Tenir la voiture pendant 60 tours dans ces conditions a été un défi titanesque.
Il a ensuite fallu composer avec l'incertitude du drapeau rouge, se remobiliser et se reconcentrer instantanément. Même lors du second départ, vers la fin, les chevaux me manquaient encore. Ce fut, de loin, la course la plus longue de mon existence. Mais le calvaire est terminé et le podium est là. Quoi qu'il advienne maintenant chez les commissaires, c’est totalement hors de mon contrôle. J'ai fait la fête, j'ai grimpé sur la boîte, et ce souvenir restera gravé à jamais. Ce moment de partage avec mes mécaniciens, personne ne pourra me le voler. Un immense merci à l'équipe, j'ai une confiance aveugle en eux. Les émotions fortes du podium ont eu lieu, et je suis extrêmement fier de notre écurie.
Le patron de l'écurie, Laurent Mekies, oscillait lui aussi entre la fierté du travail accompli et la déception d'avoir perdu l'une de ses monoplaces dès les premières minutes de l'épreuve.
Les sentiments sont partagés aujourd'hui. D'un côté, Isack et l'équipe ont accompli un travail titanesque pour hisser la voiture sur le podium, en surmontant des défaillances techniques majeures. De l'autre, nous avons perdu la monoplace de Max d'entrée de jeu en raison d'un problème moteur. C'est une pilule amère à avaler car il affichait un rythme phénoménal depuis le début du week-end. C'est toujours frustrant de voir une grosse moisson de points s'envoler ainsi, mais cela fait partie des lois du sport, et nous ne pouvons que lui présenter nos excuses.
Pour Isack, la bataille a été d’une intensité rare derrière le volant, compte tenu de la multitude d'avaries qu'il a dû gérer en temps réel. Dans les stands, nos ingénieurs et mécaniciens ont mené une guerre de tranchées pour maintenir sa monoplace en vie jusqu'au drapeau à damier. Dans un tel contexte, arracher ce podium est un résultat d'une force incroyable. La leçon majeure que nous retiendrons de Monaco, c’est que le niveau de performance intrinsèque de notre voiture ne cesse de progresser.
