Inter Europol a su tirer avantage des très nombreuses neutralisations pour remporter les 4 Heures de Spa-Francorchamps avec Tom Dillmann, Jakub Śmiechowski et Nyck Yelloly. Il s’agit de la première victoire de l’équipe polonaise en ELMS depuis 2024 !
Spa possible !
Ces 4 Heures de Spa-Francorchamps auront été particulièrement riches en événements et en incidents en tout genre, au-delà même du raisonnable, puisque la voiture de sécurité a dû être déployée à six reprises, dont la plupart auraient pu être évitées. Même constat hier en Michelin Le Mans Cup, où seuls 13 tours sous drapeau vert ont pu être effectués !
Toutes ces neutralisations ont rendu la course très difficile à lire, en raison des différentes stratégies appliquées par les équipes. À ce petit jeu, Inter Europol s’en est très bien sorti en remportant cette épreuve, grâce également à Dillmann et Yelloly, qui ont réalisé de très bons relais.
Fil de la course
Lors du départ, Jamie Chadwick (IDEC #18) réussit à s’extirper sans encombre de la Source et conserve la tête de la course. Parti en quatrième position, Bijoy Garg, au volant de l’Inter Europol, se fait surprendre par ses pneus froids et percute Griffin Peebles (United #22) après avoir bloqué ses roues au freinage de la Source. La United ne subit aucun dégât, mais le capot avant de l’Inter Europol est détruit et doit être remplacé au stand. Garg sera pénalisé d’un stop-and-go de trois minutes pour cette action.
Aux Combes, Alex Bukhantsov, au volant de la Ligier LMP3 d’Inter Europol, bloque ses roues arrière et part percuter le rail de sécurité, entraînant la première sortie de la voiture de sécurité de la course.
Il ne faut pas attendre longtemps pour voir Griffin Peebles prendre la tête de l’épreuve. L’Australien surprend Jamie Chadwick par l’extérieur dans la Source au moment du restart. Gêné par Bijoy Garg au départ, Ian Aguilera (CLX #37) est de nouveau impliqué dans un incident en partant en tête-à-queue alors qu’il tentait une manœuvre de dépassement un peu trop lointaine sur Louis Rousset (Forestier Racing by Panis #29) aux Combes.
Sans grande surprise, Peebles s’envole en tête et compte déjà 10 secondes d’avance après seulement quatre tours de course sous drapeau vert.

Dans le peloton, la gestion du trafic pose problème à certains pilotes durant cette première heure de course. Mathias Kaiser (APR #25) et Max Moritz (Porsche) s’accrochent aux Combes, tandis que Paul Lafargue (IDEC #28) part en travers avant Stavelot. Plus tard, Roy Nissany (Nielsen) prend un maximum de risques dans la ligne droite du Kemmel pour doubler Paul Lafargue (IDEC #28), en effectuant un véritable slalom au milieu du trafic. La manœuvre est belle, mais elle aurait pu mal tourner.

Le VSC, puis la voiture de sécurité, sont déployés à la suite du contact entre Falb (TDS) et Kolovos (CLX #47) dans la dernière chicane. Le Grec se retrouve arrêté dans la chicane et ne parvient pas à faire repartir son Oreca, alors que le contact n’était pourtant pas d’une grande intensité.
Les équipes en profitent pour rentrer au stand. Si Peebles conserve les commandes devant Jamie Chadwick, la bonne opération est à mettre à l’actif de Forestier Racing by Panis, qui gagne trois positions et remonte en troisième place avant le restart.
La période sous drapeau vert est de très courte durée après la relance, puisque Andrew Gilbert (Ferrari Kessel #74) sort de la piste au niveau des Combes après un contact avec Max Moritz. Cette fois-ci, la Ferrari reste bloquée dans le bac à sable, entraînant une nouvelle sortie de la voiture de sécurité.
Nouveau restart, nouvel incident, cette fois dans le S des Fagnes, avec la sortie de piste de Takeshi Kimura (Ferrari Kessel) et de Louis Stern (Team Virage #8), qui a manqué de jugement lors de sa tentative de dépassement. Les deux voitures terminent leur course dans le bac à sable.
Le restart ne dure une nouvelle fois qu’un demi-tour ! Alors qu’il est en tête de la catégorie LMGT3, Anthony McIntosh (Aston Martin Spirit of Léman) sort de la piste au Speaker Corner. Comme Gilbert précédemment, sa voiture reste bloquée dans le bac à sable, entraînant une nouvelle neutralisation.
Les équipes s’étant décalées, on se retrouve dans une situation pour le moins inhabituelle, avec les voitures de la catégorie LMP2 Pro-Am qui mènent la course, emmenées par Marino Sato (United #21).
Après cinq tours sous drapeau vert, Custodio Toledo (Ferrari AF Corse #50) et Ferdinand Habsburg (CLX) se touchent légèrement à la sortie du double droit du Beausset. Le contact est léger, mais suffisamment important pour que Toledo perde le contrôle de sa Ferrari, qui vient se pulvériser contre le mur extérieur. Malgré la violence du choc, Toledo s’en sort indemne.
La course est une nouvelle fois relancée avec les pilotes de LMP2 Pro-Am en tête, mais ceux-ci s’arrêtent tous quelques tours plus tard. À l’issue de la salve de ravitaillements, la logique reprend son cours puisque les LMP2 Pro reprennent la tête. Nick Yelloly (Inter Europol #43) mène alors la course devant Vlad Lomko, au volant de la Vector Sport, et Grégoire Saucy, sur la United #22. Ce dernier a eu très chaud lorsque Horst Felix Felbermayr a traversé la dernière chicane en totale perdition, manquant de peu de percuter Saucy, qui a eu le bon réflexe pour éviter l’accident.
La dernière heure de course fut nettement plus calme et l’aspect stratégique a joué un grand rôle. Vector Sport a su profiter de toutes ces neutralisations pour se décaler, ce qui a payé en fin de course. Pietro Fittipaldi a pu mener l’épreuve jusqu’à ce que Tom Dillmann, en grande forme aujourd’hui, reprenne la tête à une dizaine de minutes de la fin.
Dillmann tient bon et offre la victoire à Inter Europol, la première depuis Le Castellet en 2024, après une interminable succession de deuxièmes places. Vector Sport peut se réjouir de cette deuxième place, qui n’était clairement pas attendue, tandis que Forestier Racing by Panis se classe sur la troisième marche du podium, notamment grâce au dernier relais d’Esteban Masson. L’Oreca #18 d’IDEC Sport termine une nouvelle fois quatrième, tandis que les leaders du championnat, la United #22, limitent la casse en terminant cinquièmes malgré un très bon début de course.
José Fernandes Cautela, Alvise Rodella et Mikkel Pedersen remportent la catégorie LMP3, en profitant des nombreuses neutralisations alors que R-Ace GP et DKR Engineering étaient bien partis en début d’épreuve.
Peu habituée à se retrouver en tête de course, la Ferrari du GR Racing remporte une deuxième victoire en ELMS avec Michael Wainwright, Lorcan Hanafin et Mex Jansen. À domicile, Alessio Picariello a poussé la Porsche #77 jusqu’à la deuxième position malgré une mauvaise qualification, tandis que Maxime Martin, au volant de la Mercedes #62 du Team Qatar, a franchi la ligne en troisième place.