Alors que le Parc d'Assistance a été ravagé par les précipitations, les premières spéciales de la matinée ont été épargnés, Pajari a ménagé son avance au général.

En prévision des précipitations annoncées sur cette journée du samedi, Toyota et Ford ont monté les snorkels sur les voitures, Hyundai s'abstient. Au programme de la matinée, 4 spéciales : Bella Vista 1 de 21,15 km, Bella Vista Sur 1 pour 10,95 km, Hohenau 1 avec 19,4 km et enfin Trinidad 1 sur 14,82 km.

Paraguay ES12, Pajari assure avant la pluie

Le Finlandais a entamé la journée avec 11,9 secondes d’avance, creusant patiemment l’écart pendant que le déluge redouté par de nombreux équipages jouait les arlésiennes sur les routes d'Encarnación. Pajari a consolidé son matelas lors des trois premières spéciales, jusqu'à faire un détour dans un fossé à Hohenau, y laissant la partie supérieure de l'aileron arrière de sa GR Yaris Rally1. S’il s'en sort sans y laisser trop de plumes au chrono, la perte de cet élément aérodynamique a transformé les sections rapides de Trinidad en véritable numéro d’équilibrisme.

« Dans le rapide, c'est le jour et la nuit », a concédé Pajari au parc d’assistance de mi-journée. « Sur une spéciale on perd l'aileron, sur l'autre on se paie un p'tit arbre au passage... C’est un rallye complètement dingue. Même si la météo n'est pas si catastrophique, c'est ultra exigeant. »

En comparaison, la matinée de Paddon a manqué de piment. Confortablement accroché à sa deuxième place, le Néo-Zélandais a peiné à retrouver la ferveur qui l'avait propulsé en tête vendredi. Résultat : l’avance de Pajari s’est envolée jusqu’à 26,0 secondes avant de fondre légèrement sur Trinidad. « Je cherche mon rythme, c’est galère », a-t-il avoué après Hohenau. « La sauce ne prend pas comme hier. Mais la route est encore longue, il faut juste remettre les compteurs à zéro. »

Derrière les hommes de tête, Adrien Fourmaux a sorti le grand jeu pour faire fondre l’écart sur Elfyn Evans, installé au troisième rang. Evans a attaqué ce samedi avec un matelas confortable de 55,0 secondes d’avance sur le pilote Hyundai. Mais Fourmaux a grignoté ce retard kilomètre après kilomètre. Après avoir manqué le scratch de Bella Vista pour un souffle (0,4s derrière Evans), le Français a mis tout le monde d'accord sur Bella Vista Sur et Hohenau, avant d'échouer à seulement 0,3s de Sébastien Ogier sur Trinidad. Résultat des courses à l’assistance : Fourmaux a ramené son débours à 31,8 secondes.

« Je n'ai pas la main sur la météo », a glissé Fourmaux alors que la pluie promised faisait faux bond. « Je fais avec ce que le ciel nous donne. »

De son côté, Evans a préféré lever le pied pour éviter la roulette russe des crevaisons sur des routes truffées de pierres coupantes. « Adrien attaque fort, c’est clair », a reconnu le leader du championnat après Trinidad. « De notre côté, on en garde sous le pied. »

Ce timing météo a viré au casse-tête chinois dans les stands. Anticipant le déluge, plusieurs équipes avaient assoupli leurs réglages, Toyota et M-Sport Ford poussant même le vice jusqu'à monter des schnorkels sur leurs Rally1 durant la nuit. Raté : Bella Vista, Bella Vista Sur et Hohenau sont restées sèches comme de la poudre, avant que la boue ne s'invite enfin sur Trinidad.

Josh McErlean conserve la cinquième place malgré une voiture trop souple, pointant à 3min 02,1sec de la tête. Oliver Solberg pointe sixième, 35,6 secondes plus loin, la tête sur les épaules, focalisé sur la gestion de ses gommes pour tourner la page d'un vendredi noir. L’enfant du pays, Diego Domínguez, continue de porter les espoirs paraguayens au septième rang scratch tout en faisant la course en tête en WRC2, malgré une mésaventure loufoque : il a oublié ses lunettes sur le toit de sa voiture après l'ES10.

Gus Greensmith occupe la huitième place générale et reste en embuscade derrière Domínguez en WRC2, bien qu'il ait dû composer avec des freins de plus en plus récalcitrants. Ces premiers kilomètres dominicaux ont aussi fait de la casse. Romet Jürgenson est parti à la faute à Hohenau alors qu'il jouait les premiers rôles en WRC2, imité peu après par Marco Bulacia, contraint à l'abandon dans Trinidad.

© WRC
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