Au terme d'un samedi à haut risque, Sami Pajari file vers un troisième succès d'affilée en WRC, tandis qu'Adrien Fourmaux a signé une remontée canon pour venir coller au pare-chocs d'Elfyn Evans.

Solide leader au départ avec 11,9 secondes de marge, Sami Pajari a fait sauter la banque au Paraguay. Le Finlandais a plus que doublé son avantage au fil des neuf spéciales du jour, bravant un aileron arrière arraché au premier passage de Hohenau, un tout-droit maîtrisé et des conditions d'adhérence très changeantes. Malgré ces frayeurs, le pilote Toyota a gardé son sang-froid alors que la gestion des gommes devenait cruciale, s'offrant une marge confortable avant l'explication finale de dimanche.

Paraguay ES15, vers un troisième succès de rang pour Pajari

« Pour moi, c’est un défi très différent de l’Estonie ou de la Finlande », a réagi le Finlandais au soir de cette deuxième étape. « Ici, il s'agit surtout de survivre. Beaucoup de choses peuvent encore tourner mal demain, mais la voiture est ultra fiable et le rythme est là. »

Derrière le patron, le grand frisson de la journée est à mettre au crédit d’Adrien Fourmaux. Déchaîné au volant de sa Hyundai, le Français a aligné pas moins de cinq meilleurs temps sur l'ensemble de la boucle pour signer une remontée spectaculaire. Pointé à plus de 55 secondes d'Elfyn Evans au réveil, le Nordiste n'a cessé de grignoter son débours au fil des kilomètres pour transformer la lutte pour la troisième marche du podium en un duel sous haute tension.

Duel brûlant pour le podium et statu quo pour Paddon

La super-spéciale nocturne d'Encarnación Costanera a d'ailleurs viré au coup de théâtre. Sur un tracé urbain mixte devenu une véritable patinoire au passage des voitures, Fourmaux a collé 9,8 secondes dans la vue du leader du championnat du monde, ramenant l'écart global à un infime souffle de 3,3 secondes avant la dernière journée.

« Adrien joue clairement dans une autre catégorie aujourd'hui », a concédé Evans à l'arrivée de la super-spéciale. « Il prend tous les risques... On verra bien ce que ça donne demain. »

De son côté, Hayden Paddon gère parfaitement sa course au deuxième rang pour sa première sortie sur terre en WRC depuis 2018. Moins incisif que le vendredi, le Néo-Zélandais a préféré assurer le coup pour préserver ses pneumatiques et éviter la casse, abordant l'ultime étape avec 32,2 secondes d'avance sur la paire Evans-Fourmaux.

Le WRC2 fait le spectacle et l'enfant du pays régale

Derrière le quatuor de tête, une autre bagarre intense fait rage pour la cinquième place. Oliver Solberg a pris le dessus sur Josh McErlean dans l'ultime secteur après une embardée du Britannique dans les panneaux publicitaires, les deux hommes n'étant plus séparés que par 6,3 secondes.

Septième au général, le héros local Diego Domínguez fait chavirer le public paraguayen en conservant la tête du WRC2. Sa matinée aura pourtant été marquée par une mésaventure peu commune : ayant oublié ses lunettes sur le toit de sa voiture avant l'ES10, il a dû faire une partie du parcours "à l'aveugle" avant que sa femme ne lui dégote une paire de remplacement chez un opticien pendant l'assistance !

Jon Armstrong pointe au huitième rang scratch, suivi de Gus Greensmith et Fau Zaldivar qui complètent le top 10 provisoire. Les équipages s'apprêtent désormais à en découdre sur les 68,16 kilomètres chronométrés répartis en cinq spéciales pour sceller le sort de ce premier Rallye du Paraguay.

© WRC
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