Frédéric Vasseur a quitté l’équipe Renault ces derniers jours. Cette expérience était une première pour le co-fondateur de l’équipe ART Grand Prix. Cependant, il y a quelques années, il a tenté de mener son équipe en F1.

Nous sommes en 2010. La FIA lance un appel d’offres pour avoir une 13e équipe sur la grille de départ du Grand Prix d’Australie 2011. Cette même année, Lotus Team, Virgin et HRT faisaient leurs débuts en F1. Parmi les candidats à l’accession en F1, on retrouve le projet Stefan GP, Epsilon Euskadi, Durango, Prodrive et Lola. Très vite, les deux derniers projets abandonnent l’idée. Mais une autre équipe décide alors de tenter l’aventure : ART Grand Prix.

Le 13 mai 2010, l’équipe co-fondée par Frédéric Vasseur et Nicolas Todt annonce publiquement sa candidature pour rejoindre la F1 en 2011. « Oui, nous avons fait une demande pour rejoindre le Championnat du Monde de Formule 1 en 2011. La demande devait être faite avant le 15 avril et la FIA devrait donner sa réponse le 1er juillet. Mais, d’ici là, nous devrons faire un dossier techniquement et financièrement plus complet », déclarait à l’époque Frédéric Vasseur à Auto Hebdo.

Le projet semble plutôt intéressant. L’équipe envisage un partenariat avec Toyota, qui a quitté la F1 une année plus tôt. Cependant, nul ne sait si le partenariat était privilégié ou uniquement prestataire de service dans l’aéro, ce qui obligeait l’équipe à chercher un autre prestataire pour l’ensemble moteur-boîte.

Mais, une pièce manque à ce projet : le budget. Le 7 juillet 2010, l’équipe retire sa candidature. « L’équipe travaillait depuis plusieurs mois sur ce projet ambitieux qu’elle avait entrepris avec détermination et lucidité. ART Grand Prix a noué des liens forts et concrets avec plusieurs partenaires techniques et financiers mais dans un contexte économique défavorable, elle n’a pas pu s’entourer des garanties nécessaires pour assurer la pérennité du projet sur le long terme.  L’entreprise doit donc repousser son projet à une date ultérieure et reste totalement concentrée et dédiée aux autres championnats de monoplaces dans lesquels elle est impliquée avec succès », explique-t-elle dans un communiqué.

Dans une interview accordée à Auto Hebdo, Nicolas Todt explique que le budget global initialement prévu pour la première année était de 65 millions d’euros. Aussi, il parle de la difficulté à trouver des partenaires et commanditaires pour financer ce projet. Il souligne aussi que par rapport à d’autres teams, l’équipe ART n’est pas la propriété d’un riche passionné ou d’un mécène capable de renflouer les caisses en cas de pertes.

Frédéric Vasseur l’explique également dans une interview accordée au journal L’Yonne Républicaine. « Quand on voit les soucis financiers que connaissent les écuries de deuxième partie de grille, toutes plus endettées les unes que les autres, je remercie le Bon Dieu d’avoir arrêté ce projet et pris la bonne décision. Les budgets de la Formule 1 ne sont pas raisonnables du tout, Caterham et Marussia en ont fait les frais en 2014. Il y a un décalage trop énorme entre les produits et les charges en F1 », explique-t-il. Il ajoute par la suite que ART Grand Prix est « dans une démarche de développement rentable, alors qu’avec la F1, nous aurions été dans une démarche de survie ».

La rumeur 2015

En 2015, la FIA relance un appel d’offres pour accueillir une 12e équipe en F1 aux environs de 2016 ou 2017. L’échec de HRT et les difficultés de Marussia et Caterham obligent la Fédération de réagir rapidement. Cependant, elle ne désire pas n’importe qui. De nombreux critères seront à respecter. Le timing est serré puisque les dossiers doivent être déposés en juin pour une décision en septembre.

Très vite, ART Grand Prix fait office de favori, avant même d’avoir annoncé sa candidature. Sa collaboration avec McLaren en GP2 laisse croire à la possibilité d’une équipe bis. Mais ART Grand Prix ne dépose aucune candidature. Nicolas Todt précise même qu’une arrivée en F1 sera possible  « seulement si cela a du sens pour nous. Il faut que toutes les pièces du puzzle s’emboitent correctement ».

Verra-t-on un jour l’écurie française en F1 ?