Dans un entretien exclusif accordé à Autosport, le grand patron de la Formule 1, Stefano Domenicali, se dit prêt à rectifier quelques imperfections du règlement 2026 mais ne tolère pas les critiques juste pour critiquer !
La nouvelle règlementation 2026 en F1 n'en finit plus de faire des vagues, et pour cause : les nouveaux modes de pilotage vont un peu à l'encontre du pur ADN de la course automobile, où les pilotes doivent gérer en permanence la récupération d'énergie pour leur batterie afin d'avoir un boost de puissance pour les lignes droites suivantes.
Domenicali veille à rectifier le tir
Face à cette tempête naissante, les écuries, la FIA et les motoristes multiplient les conclaves pour proposer des ajustements chirurgicaux. L'objectif ? Dissiper les craintes dès le Grand Prix de Miami le mois prochain. Stefano Domenicali, serein au milieu du tumulte, a confié à Motorsport.com sa certitude de trouver le bon réglage sans pour autant saborder les fondations de ce nouveau chapitre.
Je vois un résultat incroyable en termes de positivité de la part de la majorité des fans quant à l'effet sur la course, souligne Domenicali. Cependant, il ne fait pas la sourde oreille face aux critiques : J'accepte les critiques concernant certaines situations, principalement pour les qualifications.
Il reconnaît que les qualifications sont le sanctuaire où le pilote doit flirter avec les limites physiques de sa machine. C'est précisément ce joyau de la couronne qu'il s'agit de préserver. « Nous y travaillons sans panique, sur une base solide, prêts à explorer différentes options », assure-t-il, refusant de laisser la quête de performance pure être sacrifiée sur l'autel de la gestion énergétique.
Quand je regarde les résultats de l'enquête sur ce qui se passe dans le monde chez les nouveaux fans de Formule 1, c'est fantastique. Tout le monde se demande : « Que se passe-t-il ? » Il y a beaucoup d'action, et c'est exactement ce que les gens veulent voir. D'une manière générale, quand on parle de quelque chose, c'est formidable, car cela suscite un débat constructif. Ce que je n'aime pas, ce sont les gens qui adorent critiquer. Critiquer pour le simple plaisir de critiquer n'aide personne et n'a vraiment aucun effet.
Je pense que les discussions entamées depuis de nombreux mois avec la FIA, avec les écuries et maintenant plus encore avec les pilotes, sont sur la bonne voie. Des réunions sont prévues, cette semaine même ainsi que la suivante avant Miami, pour voir ce qui peut être fait afin d'améliorer ou d'ajuster la situation. Espérons que, d'ici Miami, la FIA nous informe de l'ajustement qui sera mis en œuvre en tenant compte de deux aspects. Le premier est la qualification : essayer d'aller au maximum de la puissance ou du freinage, peu importe. Et, d'un autre côté, bien sûr, s'assurer que certaines inquiétudes soulignées par les pilotes soient résolues de la manière appropriée.
Domenicali refuse de voir dans l'explosion des dépassements liés à la gestion électrique un artifice déloyal. Il dresse un parallèle historique avec l'âge d'or des turbos des années 80, une époque où les pilotes livraient un combat de chaque instant pour rallier l'arrivée avant que la dernière goutte de carburant ne s'évapore.
Qu'est-ce qui est artificiel ? Un dépassement reste un dépassement. Les gens ont la mémoire courte car, à l'ère des turbos dans les années 80, il fallait économiser le carburant en course parce que, sinon, le réservoir était trop petit. Et cela fait partie du jeu.